‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 286 sur 373 · LIVRE II, CIIANTUE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CIIANTUE XXI

des fugitifs dépouillés de leurs royaumes... » Aristide dit que c'est une gloire qui appartient en propre aux Athéniens (*), « d'avoir été pour tous les malheureux qui venaient à eux de partout un refuge et une consolation» [Orat. Panathen.) ; et ailleurs : « La bonté de la république athénienne est le bonheur commun de tous les malheureux, de quelque endroit qu'ils viennent : c'est là qu'ils trouvent leur salut » [De pacc, n) '. Dans Xénophon, le Phliasien Proclès dit dans le discours qu'il tenait aux Athéniens : « Je louais cette ville, quand j'entendais dire que tous les gens opprimés ou menacés d'oppression s'y étaient réfugiés, et y avaient obtenu des secours. » La même pensée se trouve dans la lettre de Démosthènes pour les lils de Lycurgue. C'est pourquoi OEdipe se réfugiant à Colorie, dans la tragédie de ce nom, se lait connaître ainsi dans Sophocle (**): «Hélas! lils de Cécropsl .l'ai causé beaucoup de maux; mais je les ai causés, Dieu en est témoin, sans le vouloir, et aucun n'a été volontaire 1 » Thésée répond : « Jamais je ne me repentirai d'avoir donné en tout temps l'hospitalité à un étranger tel que toi, OEdipe; je me souviens que je suis un homme 1... » De même les descendants d'Hercule s'étant réfugiés à Athènes, le fils de Thésée, Démophon, s'exprime ainsi : « Toujours notre patrie est prête à secourir les malheureux lorsque leur cause est juste. Que de périls, en effet, n'a-t-elle pas déj<\ bravés pour la défense de ses amis! Et maintenant je vois une lutte nouvelle qui se prépare 2. » Et telle était la conduite dont

(*) Mariana a donné la même louange aux Aragonais (xx, 12). Les Gépides aiment mieux périr tous, que de livrer lldigisal aux Romains ou aux Lombards. Procope, Gotthic, IV. G.

1 Ce n'est pas De pace, II, comme le marque Grotius, mais Orat. Leuctric. I. (Il )

(**) Voyez tout le passage. Il est, en effet, digne d'être lu. G.

a Remarquez que c'est le chœur qui s'exprime ainsi, et non le lils de

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[Advtrs. Lu" r. ; et que dans la confiance d'obtenir l'unpunité, il s'était réfugié au pied de l'autel k plus saint qui se trouvât à Athènes '" ; mais qu'il moins mis à mort par cette cite u '.-ses

pratiques religieuses, h qu'ainsi la |»roiiir»c <1<- . avait été accomplie. Tacite désapprouve la <<»utume reçue de son temps parmi les Tilles grecques,

Thésée. Voir les H craclidcs, dut la traduction a es d'Euripide

de M. Artand, Sait 1857, i H, p. ÎI7. !'• P.F.

(*) Voyez Euripide [les Ilcraclides) el Apollodore. «■

v**) « Les prièretdee su;. [■lui .t écoule. i dieux, que

qve quand elles Mutjnstce, » dit Tacite, innai., lia* III. <••

(•**) lUaiARA, lib. XXI. raconte u'ea Portugal, un chambellan nommé Ferdinand avait été arraché du temple où il avait chettné un asile, et ivail été luulé, pour avoir violé une fille de qualité. Voyez aussi, sur le* asiles, le litre d'un personnage célèbre, le père Paul, de la société dite dee Servîtes. ""•

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