LIVRE II, CHAPITRE XXII
ceux qui ont occupé les premiers sont fous? — XI. Que le désir de la liberté dans un peuple sujet est une cause injuste; — XII. Ainsi que la volonté de gouverner les aulrcs malgré eux, sous prétexte de leur bien. — XIII. De même le titre de souveraineté universelle, que quelques-uns attribuent à l'empereur : titre qui est réfuté;— XIV. Que d'autres attribuent à l'Église : titre qui est également réfuté. — XV. De même la volonté d'accomplir des prophéties, sans un mandat de Dieu ; — XVI. De même la poursuite de ce qui est du non en vertu du droit strictement dit, mais d'ailleurs. — XVII. Distinction de la guerre dont la cause est injuste, et de celle à laquelle s'attache d'ailleurs quelque chose de vicieux; effets différents de l'une et de l'autre.
I. — 1. Nous avons dit plus haut (Lib. II, Gliap. i, § 1), lorsque nous nous disposions à traiter des eauses, que les unes sont justificatives et que les nutres tendent à conseiller. Polybe qui, le premier, a remarqué cette différence, appelle les premières des prctc.rlcs, parce que ce sont celles qu'on allègue publiquement — Tite-Live les a quelquefois appelées titre — il désigne les dernières par le nom général de causes [*).
[*) C'est ainsi qu'a distingué Plutarque dans la lie de Galba, et Dion, dans l'histoire de César et de Pompée; comme aussi Polybe, dans l'endroit où il parle de la guerre des Romains contre les Illyricns [Excerpt. Icyat., CXXV). Vous appellerez justement, avec Sénèque, les raisons justificatives, des prétextes; et les motifs, des causes. Voici, en effet, comment il s'exprime : «Tel fut le prétexte de la guerre civile; mais on pense qu'elle eut d'autres causes. » Thucydide a distingué ailleurs entre le prétexte et la véritable raison ; comme, par exemple, dans le mouvement des Athéniens contre la Sicile, le prétexte fut de donner du secours aux habitants d'tgcste; mais, au fond, la véritable raison était de s'emparer de la Sicile. Dans son discours, Hcrmocralc, parlant des Athéniens, appelle la raison de secourir les alliés : le prétexte; et le dessein de se rendre maître de la Sicile : le but qu'on s'était proposé. L'un et l'autre exemple se trouvent dans le livre VI de Thucydide. Appien se sert aussi du mot prétexte, dans la Guerre de Milhridate. Il l'emploie également dans son histoire des guerres civiles, lorsque, parlant de la paix rompue entre Octave et Scxlus Pompée, il dit que parmi les causes, les unes étaient secrètes, les autres étaient produites au grand jour. Agathhis flib. V) appelle fiction et cnnlrur donnée, ce que les autres