LIVRE II, CHAPITRE XXIII. 5 i
com., lib. I, cap. i) !. Gela vient île ce que les sciences mathématiques séparent entièrement les figures de la matière, et de ce que les figures elles-mêmes sont telles, la plupart du temps, qu'elles n'ont rien qui s'interpose entre elles (*) ; c'est ainsi qu'entre ce qui est droit et ce qui est courbe il n'y a pas de milieu. Mais, dans les choses morales, les circonstances même les plus minimes diversifient la matière, et les fjrmes, dont il s'agit, ont ordinairement un milieu (**) qui a quelque étendue, en sorte que tantôt on approche plus près de l'une des extrémités, et tantôt plus près de l'autre. C'est ainsi, en eifet, qu'entre ce qui doit être l'ait, et ce qu'il est défendu de taire, il y a un milieu : ce qui est permis ; mais ce milieu est tantôt plus près de l'un des côtés, tantôt plus près de l'autre. Il en résulte souvent de l'incertitude, comme dans le crépuscule, ou dans l'eau froide qui commence à s'échauffer. Et c'est là ce que dit Aristote, « qu'il est souvent difficile de juger quel parti on doit préférer » (Elhic. Nicom., lib. III). Andronic de Rhodes, de son côté, dit « qu'il est difficile de discerner ce qui est vraiment juste d'avec ce qui paraît tel. »