‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 335 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIV

façon à nous y conformer le plus commodément possible. » c Lorsque la crainte est plus grande que l'espérance, diL Aristide [Orat, Sicul., II), comment n'est-ce pas le moment de prendre ses précautions? >)

YI. — 1 . Prenons pour exemple ce que Tacite raconte qu'on mit autrefois en délibération parmi les villes de la Gaule : « Ce qu'il fallait préférer, de la liberté ou de la paix? » Entendez ,1a liberté politique, c'est-à-dire, le droit pour la république de se gouverner par elle-même: droit qui est plein dans un État populaire, tempéré dans un État aristocratique, surtout dans un État où aucun des citoyens n'est exclu des charges publiques. Quant à la paix, il s'agit d'une paix telle qu'elle délivre d'une guerre d'extermination, c'est-à-dire, comme Gicéron explique cette question en termes grecs, « qui devrait entraîner la ruine complète de l'État » (Lib. IX, Epist. ad Allie, Épis t. exil). Lorsque, par exemple, une juste appréciation de l'avenir ne paraît présager guères rien autre que la destruction de tout un peuple , telle qu'était la situation de Jérusalem assiégée par Titus. Personne n'ignore ce que dirait ici Gaton, qui a mieux aimé mourir que d'obéir à un seul ; à (moi se rapporte aussi cette pensée, que « ce n'est point un courage difficile de se soustraire de sa propre main à l'esclavage. » Et beaucoup d'autres propositions semblables.

2. Mais la droite raison suggère tout autre chose, à savoir : que la vie, qui est le fondement de tous les biens temporels, cl l'occasion des biens éternels, est d'un plus grand prix que la liberté, soit que vous considériez l'une et l'autre dans un seul homme, soit que vous les considériez dans tout un peuple. Aussi Dieu lui-même compte-t-il comme un bienfait de ne pas détruire les hommes, mais de les livrer à la servitude (II Parai, xn, 7, 8). Et dans un autre endroit il conseille, par la voix du prophète, aux Hébreux, de se donner en esclavage

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mais aucun homme de l'un sens n'aime la libcfié aux dépens de mu propre saint; et s'exposer à une ruine certaine que vous pouvez éviter, ce n'est pas aimer la libellé, mail gloire a GtOTlLS.

(*' Telle fut la défla -.qui avait rendu la ville de Uysanee,

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hMMMi, et non pas GMtlt la nature des choses. C'est ainsi que h porte Xénophon. Pnocorc [Colline. , lib. IV dit que ■ les hommes oe louent pas la mort volontaire, laul qu'il y a quelque espérance qui parait plus grande que le danger. » (jROTIQS.

(*") Le même historien, parlant de* conseils qui avaient fait entre, •rendu- la guerre par les Athéniens, après la mort d'Alexandre, dit que « de l'avis de tous les hommes distingués par leurs lumières, le peuple d'Ahènes avait pris une résolution honorable, mais qu'il s'était trompé dans le but d'utilité qu'il se proposait; » de sorte que ceux qui s'étaient bâtés, l'avaient fait « sans qu'aucune nécessité lit - ,-i'un s'exposét au danger; » c'était, de plus, «h... - - isscjnenls que les malheurs si fameux des TUébains devaient avoir donnes. ■ Guoms

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