LIVRE II, CHANTRE XXIV
trophc. Quand à celui qui, soit les souffre, soit y pense sans douleur morale, il est sans doute dans un état encore plus misérable, puisqu'il se croit heureux d'avoir perdu le sentiment humain » (De civil. Dci, lib. XIX, cap. vu). Le même dit dans un autre endroit : « Faire la guerre paraît être une félicité aux méchants, une nécessité aux bons » (Lib. IV, De civil. Dci, cap. xv). Et suivant Maxime de Tyr, « quand même vous ôteriez de la guerre ce qu'elle a d'injuste, la nécessité même de la Taire est une chose lamentable. » « Il est évident, dit le même, que les gens de bien ne font la guerre que par nécessité, et que les hommes injustes la font de gaité de caiur. »
2. 11 faut ajouter à cela celte pensée de Sénèque, qu'il n'appartient pas à l'homme de prodiguer l'homme. Pliiliseus donnait l'avis à Alexandre de rechercher sans doute la gloire, mais à la condition de ne pas se rendre une peste ou un grand (léau : entendant par là que le massacre des populations, que la désolation des villes sont des œuvres de la peste , mais que rien n'est plus digne d'un roi que de pourvoir au salut de tous, qui est contenu dans la paix (àelian., lib. IV, cap. xi).
3. Si, d'après la loi hébraïque, celui qui, sans le vouloir, avait tué un homme, devait s'enfuir; si Dieu a défendu cpic son temple lut élevé par David — qui est dit avoir fait des guerres justes — pour la raison qu'il avait répandu beaucoup de sang (*) ; si chez les anciens Grecs
(') « Il ne lui permit pas de construire le temple, parce qu'il avait fait beaucoup de guerres, et parce qu'il s'était souillé de beaucoup de sang, quoique d'un sang ennemi. » Ces paroles sont de Joscphe, lib. VII, cap. iv, où se trouvent plusieurs autres passages dans ce sens. Pline dit, après avoir rapporté les combats du dictateur César (Lib. VII, cap, xxv) : « Pour moi, je ne regarderai pas comme une gloire d'avoir causé tant de maux au genre humain, quand bien même on y aurait été contraint.» Philon, parlant de la vie de Moïse, remarque qu'encore bien qu'il soit
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