‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 337 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIV

IX. — Une autre opportunité de guerre, c'est quand celui qui l'entreprend, examinant les choses comme il le faut, trouve que ses forces sont égales à son droit, et que ce droit lui est d'une extrême importance. C'est ce qu'entendait Auguste, en disant qu'une guerre ne devait être entreprise, que lorsqu'il était démontré que l'espérance de gagner l'emportait sur la crainte de perdre (Suétone, cap. xxv). Et vous ne ferez pas mal d'appliquer ici ce que Scipion l'Africain et L. /Emilius Paulus disaient d'une bataille-: « Qu'il ne faut pas combattre, à moins d'une extrême nécessité (*), ou d'une occasion très-favorable» (Aulu-Gelle, lib. xin, cap. m; Valère Maxime, Lib. Y1I, cap. n). Or, cela aura lieu surtout lorsqu'on a l'espérance de pouvoir venir à bout de son entreprise avec point ou peu de péril, par la terreur qu'on inspire, ou par le bruit de sa renommée (**)*, ainsi que Dion avait conseillé d'en user pour délivrer Syracuse (Dioi)oiiE de Sicile, Lib. XVI). 11 y a dans les lettres

de Pline : « Il a vaincu par la terreur...... , ce qui

est la plus glorieuse de toutes les victoires. »

X. — 1. La guerre est une chose cruelle, dit Plutarque, et qui entraîne avec elle le comble des injures

(*) Plutarque, dans la Vie des Gracques, (Jit« qu'il n'est ni d'un sage médecin, ni d'un bon politique, d'en venir au fer, si ce n'est dans une extrême nécessite. » C'est un met de Marcicn, dans Zonaras, « qu'un roi ne doit pas prendre les armes, tant qu'il peut jouir delà paix. » Suivant Augustin (Épist. L, ad Donifac.) : «On doit entretenir la paix volontairement, cl ne faire la guerre que par nécessite, afin que Dieu nous délivre de celte nécessité, et nous maintienne en paix » (a). Grotius.

(**) » Le lion, méprisant les traits, se défend longtemps par la scnlc terreur qu'il inspire, et témoigne en quelque sorte par là qu'on le force à en venir aux prises.» Pline dit cela au livre VIII de son Histoire naturelle, cap. xvi. Grotius.

(a) Ce dernier passage n'est pas de la lettre L, mais de la lettre CCV, écrite au morne Boniface; et il y a môme quelque diflerenec, pour les termes, dans les éditions que j'ai vues. (B.)

ri (le l'in "1' H'

s.i^'i ssi- : « Si jr miiiI.iis parler i iiiiiiih- l<- sujet le rm -

i itr « i • . ii< ■ .1 irrs iii»iiil»rt-u\ « i multiplet, des nécessités terribles et durai de cet maux il parle deoeiaqs] ; do la guei rc je m p

venir < munie l.i i lm I • * 1 1 • . 1 1 1 < I « - , i >un in«*iit i

une m impie matière 7 Mais I- (les

nrs jii ' qu'il est liomme,

il m- iera pas beau* oup plutôt | réduit .i li d'entreprendre des :

puisque, si elles n'élaicnl point justes, il n'aurait pas à les faire, el qu'ainsi, pour l<- I nu unes

guei i e eu <U' t, t*inic|uilë de la i

qui donne au sago l'occasion de faii : ras }oal

et même ni res; el 1 1 Ue iuiq I de toute n»i-

llière être déplorée pur riiomme ' . parce qu'elle vient drs liomines, quand même aucune un csmIc de ;

-uerre ne Daltrail d'elle. Aussi quiconque (■••n-idèra avec douleur des maux si i onsulcrables, si uorribl i cruels, doit n< emenl STOuer qui •tas-

O Dans un Stteatn |ai ri data Diotlorc de S III ,

les Lan tliMnoiiu.il> dÎMBl « Coasidénal AMC M*MÎCi de malheurs el de ii mi I leur suite, nous avons cru

il fain connaître ici clairement à tous les dieux cl à tous les boanmes, (juc l'on ne poarraH plus à l'avenir, >ans injustice, nous impulerces calamités. » lMutarquc dit, dans la fit de Suina : « Quoi! dira t-oo, Home n"a-t-elle donc ; h ibleacal accr . ^>ance par le»

guerres? Question (jui dcmandt-rail une IfBgM ré|>onsc, si je roulai* convaincre ces hommes qui font consister la puissance d'un fclat dans la richesse, le luxe et le souverain empire, plutôt que dans la sûreté publique, dans la douceur, dans la modération el la justice. * Dans ï'roco;< (FerttC., Iib. Il), le médecin retienne dit à Cliosrccs, roi des Perses: « 0 Irès-RTSad roi, tandis que tu es occupé de carnage, de combats, de villes à soumettre, lu peux acquérir peut-être bien d'autres litres; mais il ne saurait arriver que tu acquières celui d'homme de bien, au milieu de ces préoccupations. >» Ajoutci un passage remarquable de Guichardin, hb.Ml. Grotiis.

Page 1