‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 349 sur 373 · LIVRE II, .CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE II, .CHAPITRE XXV

a-t-il de plus nécessaire pour nous, ou |d'»un plus grand prix que la vie? Et .cependant beaucoup la sacrifient pour se procurer de l'argent. »

2. Mais c'est peu de chose de vendre leur vie, s'ils ne vendaient aussi celle des autres, qui souvent sont innocents : autant supérieurs en infamie sur le bourreau, qu'il est pire .de tuer sans cause que de ,tuer avec cause (*) (Bellinus, De re milit., part. Il, tit. ;ii, n° 4). Antisthènes disait de même que les bourreaux sont plus honnêtes que les tyrans, car ceux-là mettent à mort des coupables, ceux-ci des innocents. Philippe ,1'ancien, le Macédonien, disait de cette sorte de gens qui 'ne gagnaient leur vie qu'à porter les armes : «.Que la guerre est pour eux la paix, et la paix, la guerre » (Diodor., lib. XVIU).

3. La guerre n'est pas parmi les métiers; au contraire, c'est une chose si ihorrible, qu'il n'y a qu'une extrême nécessité, ou la vraie charité qui puissent la rendre honnête, ainsi qu'on peut le comprendre d'après ce qui a été dit par nous dans le dernier des chapitres précédents. Au jugement d'Augustin, « porter les armes n'est point un délit, mais c'est un péché de prendre du service en vue du butin » [De verb. Domini, 'secund. Matth: Il est cité, Gaus. xxxiii, quœst. 1).

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