‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 357 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXVI

sauce, dans les choses de cette espèce, est, de sa nature, un moindre mal que l'homicide, surtout d'un grand nombre d'innocents (Bald., h, Cons. 385; Sotus, De dci. secr. Membr. 3, Quœsl. il, in resp. ad i). Les anciens racontent que Mercure, accusé du meurtre d'Argus, s'étant défendu en alléguant qu'il avait agi sur l'ordre de Jupiter, les dieux n'osèrent cependant pas l'absoudre. Martial n'excuse pas non plus Polhin, satellite de Ptolémée, quand il dit : « La cause d'Antoine est pire toutefois que celle de Pothin : ce dernier commit 1(5 crime pour son maître, celui-là pour lui-même. » Ce que quelques-uns allèguent contre n'est pas non plus de grand poids, (pie, si cela était admis, la ebose publique serait souvent exposée à périr; parce que la plupart du temps il n'est pas avantageux (pie les raisons des délibérations soient portées à la connaissance du peuple (Victoria, De jure bclli, n° 25)'. Que cela soit vrai," en effet, pour ce qui regarde les motifs qui engagent à la guerre, cela n'est pas vrai à l'égard des causes justilicatives, lesquelles doivent être claires et évidentes, et par conséquent telles qu'elles puissent et doivent être publiquement exposées.

G. Ce qui a été dit des lois, d'une manière peut-être

llarbcyrac : « Kn vain objeelcrait-on ici que l'on court risque d'autre côté de se rendre coupable de désobéissance envers un supérieur légitime. Car l'un et l'autre de ces inconvénients, je veux dire celui de servir dans une guerre injuste, et celui de désobéir, étant incertains (puisque, si la glierre est effectivement injuste.ee n'est pas désobéir que de refuser d'y aller), on peut, sans pêcher, choisir le moindre des deux maux que l'on craint.... » P. V. F.

1 « Quelques-uns font une autre objection, dit Barbeyrac, qui n'a pas beaucoup de force. Si l'on établit, disent-ils, que les sujets peuvent se dispenser de porter les armes, toutes les fois qu'ils doutent de la justice de la guerre, l'État sera par là souvent en danger de périr, parce que, pour l'ordinaire, il n'est pas à propos de découvrir au peuple les raisons des délibérations qui se prennent dans le conseil du souverain. »

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