LIVRE II, CHAPITRE XXVI
de toutes choses ; obéir est la seule gloire qui soit laissée aux sujets. » Le même écrivain raconte que le fils de Pison lut disculpé par Tibère du crime de guerre civile : « C'étaient, disait-il, les ordres de son père; un fils ne pouvait désobéir » (Annal., lib. 111). « L'esclave, dit Sénèquef), n'est pas le censeur du commandement de son maître, mais l'exécuteur. »
.'). Et spécialement dans cette question du service militaire, Augustin a eu la même pensée. Il s'exprime, en effet, ainsi : « Un homme de bien, donc, qui porte les armes sous un roi, même sacrilège, peut taire légitimement la guerre sous ses ordres, si, respectant l'ordre de La paix publique, il est certain que ce qui lui est ordonné n'est po'riit contre le commandement de Dieu, ou même quand il n'en serait pas bien assuré; car alors l'iniquité du commandement rend le roi criminel, et le devoir d'obéir justilie le soldat» (Lib. XXII, cap. lxxv, contra Fauslum). Et ailleurs : « Le soldat, dit-il, qui, obéissant à l'autorité sous laquelle il est légitimement placé, tue un homme, n'est accusé d'homicide par aucune loi de son pays (**) ; au contraire, s'il ne le lait point, il se rend coupable de désobéissance et de rébellion. Que si, de lui-même et de sa propre autorité, il l'avait l'ait, il serait tombé dans le crime d'avoir versé le sang humain. Aussi ce qui le rendrait punissable, s'il l'avait fait sans ordre, le rendrait digne de punition s'il ne l'avait pas l'ait après en avoir reçu l'ordre » (De civil. Uci, lib. 1,
(*) Séncquc, De Controv., lib. III, Conlrov. IX.
(**) Le même Augustin dit {De lib. arbitr., lib. I) : « Si tuer un homme constitue l'homicide, on peut quelquefois tuer sans crime; car le soldat qui tue uu ennemi, le juge, ou l'exécuteur de ses sentences, qui font mourir uu coupable, celui à la main de qui échappe un trait, involontairement et par imprudence, ne me paraissent pas commettre de crime, lorsqu'ils tuent un homme; aussi ne les appelle-t-on pas homicides. » (iralien a rapporté ce passage, Caus , XXIII, Quœst. V. Grotits m. :i!i
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de La guerre, par cette raison qu'il ajoute. ■ que la guerre inspire et commande les meurtres. »
5. El l'on ne doit pas s*arréti r à ce que, de l'autre celé, il y a le péril de la désobéissance I l'autre
étant incertain — puisque si la gu< rrc est injuste, il n'y a aucune désobéissance à l'éviter — ce «pu de deux l'est le moins, est dépourvu de péché l. <)r la désobéis-
(*) Il y | dd UMOiplei il iiituio <jui Mal do ce sentiment, danft Lamlicrl de SdttfMbwg. G.
1 Voici lo to\lo »lo (irotius : u Sàm cumulrumijue trucrlumsil nom si xnjiislum est bcllum, jàm M ejus rilatione mhtl est inobcdietilix) caret ptCMfo, qu<>d cr émoku» mimés c*t. » Voici la j»ar3|'liras< de