LIVRE II, CHAPITRE XXVI
comme nous le dirons un peu plus bas, se Taisaient ordinairement avec publicité, et avec expression de la cause, afin que tout le genre humain, pour ainsi dire, put connaître de la justice de la cause. C'est que la prudence, comme l'a remarqué aussi Aristote, est une vertu propre à celui qui gouverne; mais la justice est une vertu de l'homme, en tant qu'homme.
8. Or, l'opinion que nous avons dite d'Adrien parait devoir rire absolument suivie, si le sujet non seulement doute, mais, persuadé par des raisons probables, penche plutôt à penser que la guerre est injuste : et principaleinenl s'il s'agit d'attaquer les autres, non de protéger les siens (/Bgid. Kl:<;., De acl. supern., Dispul. xxxi, Dnb. v, ii° 85; BANNES, il, 2, Quœst. XL, art. 1 ; Mouna, Tract, ii, Disp. cxm).
9. Il y a même apparence que le bourreau qui va mettre à mort un condamne, doit être, jusqu'à un certain point, instruit de la qualité du crime, ou pour avoir assisté à la question et à l'instruction, ou par la confession du. coupable, afin d'être suffisamment assuré qu'il mérite de mourir (*) ; et cela est observé dans beaucoup de lieux. La loi hébraïque n'a pas en vue autre chose, lorsqu'elle veut que les témoins marchent devant le peuple, pour lapider celui qui a été condamné (Deutéron., xvii) '.
(*) C'est pour ccln que les gens dcSaul, plus consciencieux que Docg, ne'voulurent point tuer les sacrificateurs qui demeuraient à Nob (I Sam.. XXII, 17). Et le troisième des officiers envoyés par Acliab, ne voulut faire aucune violence à Elie (II, lleg., i, 13 et suiv.). Quelques bourreaux convertis au Christ, renoncèrent pour l'avenir à cet emploi, comme à un métier dangereux <■ Voyez le Martyrologe, cl Di;df., lib. 1 cap. vu.
Grotius.
1 Grotius soutient ici la vraie théorie. Il y a, en effet, une sorte de fanatisme à prétendre que le principe de l'obéissance hiérarchique ne peut jamais avoir d'exception. Il est des cas si évidemment immoraux, ou injustes, que l'ordre doit plutôt passer pour une hallucination, que d'enti aîncr au mépris de la conscience. Un chef militaire peut, d'ailleurs, sor-
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armes malgré eux, puisque do l'abttonir da militaire, mémo dans les rem onlivs ou il servir, c'est en quelqui sorte une marque d'uni .plus parfaite, qui a longtemps été exigci tlci rcs et des piMiiti uts, ei recommandée do plu-
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si elle n'étail pai enserrée, entraînerait une inu-action évidente i la loi, que l'autorité militaire a minaù n de faire respecter, en $'y soumettant elle-même d'une manière exemplaire .de Grotiu$, de Denja-
uii n Constant, de Rossi, et antres, ovâ ne veulent peint d'obeissance passire sans exception y est «Imic jirél celle de saint Augustin, qui soutient le contri \ iTlSSOT, le I>rmt pén>û étudié dans set principes, etC .., Mil. •.; Benjamin Cojstam, (Ours de politique constitutionnelle, Mit (.uillaumin, t. I. suiv.; Hossi, Tr.utc de Droit ih/iui, édil. (iuillaumin, 18G3, t. Il, p. Il; l'i iuu\T >\i\i r i ; i \ . Traité du Droit constitutionnel français, p. CCI; BoiTAan, Veto** sur les Codes pénal et d'instruction criminelle, p Voiraassi nui noie mi Yattel, êdsl. Guillaumin, 18G3, t. II, p. 362.
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objectait que les chrétiens se refusaient au service militaire : « À ceux qui, étrangers à notre foi, nous. ordonnent de porter les armes pour la chose publique, et de tuer des hommes, nous répondrons ainsi : Ceux qui sont les prêtres de vos idoles, et les (lamines des dieux que vous croyez tels, conservent leurs mains pures pour les sacrifices, afin d'être dignes de les offrir à ces dieux prétendus, avec des mains innocentes, et qui ne soient souillées d'aucun meurtre : ce qui l'ait même (pie lorsqu'il survient quelque guerre, on n'enrôle pas ees prêtres. Que si cela n'est pas dépourvu de raison, combien plus ne doit-on pas, tandis que les autres font la guerre, considérer comme portant les armes à leur manière, ceux, qui, comme des prêtres et des serviteurs de Dieu, conservent, il est vrai, leurs mains pures, mais ne lais-* sent pourtant pas de combattre par leurs prières auprès de Dieu, en faveur de ceux qui font la guerre pour une juste cause, et de celui qui règne légitimement? » Dans ce passage il appelle « prêtres » tous les chrétiens, àl'exemple des écrivains sacrés(4po<;al.,i. 6;IP£TR.,u,5). VI. — 1. Je suis d'avis, au reste, qu'il peut arriver même que dans une guerre non-seulement douteuse, mais encore manifestement injuste, la défense des sujets puisse être juste à certains égards. Car, comme l'ennemi, bien que faisant une guerre juste, n'a pas véritablement et en conscience le droit de tuer des sujets innocents, et n'ayant aucune part à la faute de la guerre, à moins que ce ne soit ou pour sa défense nécessaire, ou par voie de conséquence, et en dehors de son dessein — car ils ne méritent pas d'être punis — il suit que s'il est constaté avec certitude (pic l'ennemi est venu avec l'intention de refuser absolument d'épargner, le pouvant, la vie des sujets appartenant à l'ennemi, ces sujets peuvent se défendre eu vertu du droit de nature, qui ne leur a pas été enlevé par le droit des gens.
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pouri iuiis i ter un autre exemple, <|in . sourire le lec-
irur : il prétend que le bourreau doit, avant .iu« r de ion oiïice,
t'aaavrt r de la juatii t de la leutcuce. » Uni. de la Uticr. de l'Evr., edu. 1840, t. III, |. SOS. P. r I .
n> M TOME DEUXIEME.