‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 59 sur 373 · LIVRE II, CHANTRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHANTRE IX

au Royaume, comme on l'appelait autrefois, ou à l'Empire d'Allemagne — car, que vous l'appeliez de l'un ou de l'autre nom, cela n'importe pas à la question — et je ne sais quelle substitution ils imaginent de ce dernier empire au premier, tandis qu'il est cependant suffisamment connu que la grande Germanie, c'est-à-dire celle qui se trouve au delà du Rhin, a été tout entière, la plus grande partie du temps, hors de l'enceinte de l'empire romain. Un changement ou un transport de droit ne me parait pas devoir être présumé, à moins que ce ne soit prouvé par des signes certains. Aussi je dis que le peuple romain est le même qu'il a été autrefois, quoiqu'il aitété mélangé par l'adjonctiondcsétrangers; et que l'empire lui est demeuré, comme à un corps dans lequel il résidait et il vivait. Car ce qu'autrefois le peuple romain a pu faire légitimement, avant que les empereurs romains ne régnassent, il a eu le droit de le faire, après

ment une question qu'il n'a pas résolue d'une manière satisfaisante pour tout le monde. Il se demande à qui appartiennent les pays qui dépendaient autrefois de l'empire romain? Et il en vient «à cet inconcevable paradoxe, que l'empire et les droits des citoyens de Home subsistent toujours... C'est probablement le passage le plus faible de tous les écrits de Grotius... » {Histoire de la littérature de l'Europe; traduction de Horghers, 1840, t. III, p. 292.). Grotius a été, en effet, fort critiqué sur ce paragraphe, et il faut avouer avec llatbeyrac que ce n'est pas sans raison. Quelques-uns en sont venus jusqu'à l'accuser d'avoir agité et décidé ici la question, (iniquement en vue de plaire au pape et à la cour dans les États de laquelle il composa son livre. Mais de pareilles imputations doivent être rejetées, comme injurieuses pour le caractère de ce grand homme. Il est plus vraisemblable que Grotius a suivi de bonne foi les conséquences de certains principes spécieux, auxquels il s'est laissé éblouir. D'ailleurs ceux qui le critiquent le plus àprement sont bien forcés d'avouer, que le pape avait dû être médiocrement flatté de n'être présenté que comme le premier citoyen de Home : idée fort éloignée de ses ambitieuses prétentions, comme Grotius ne l'ignorait pas sans doute. Aussi les livres sur le Droit de la guerre et de la paix ont-ils été mis à V index peu de temps après leur publication.

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certes dépendait de tous qui êtes les princes du monde, qui l'a\ez toujours clé, et qui le etra d scendant.». » Majoncn dit au dans ses .\ovcUcs : « licconnaisscz-moi, pères conscrits, comme devenu empereur par un rOtlt libre élection, et de la proclamation d'une très-puissante armée. »

4 Grotius veut dire qu'y ayant plusieurs , et ces lépions n'étant

pas des corps fixes et détermines, ni attachés à aucun temps ou à aucun lieu, on n'aurait su quelles lésions avaient di re l'empereur, plu-

tôt que les autir- I^kfl-

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colonies, les municipes, les provinces où l'on portait la toge : la participation aux dignités, l'exercice du droit quiri taire; mais non pas que la source de l'empire fût placée dans les autres peuples (*), comme elle l'était dans le peuple de la ville de Rome : il n'était point au pouvoir des empereurs de le l'aire, parce qu'ils ne pouvaient changer la manière et le titre de la souveraineté. De ce que les empereurs, dans la suite, ont mieux aimé habiter Constantinople que Home, cela n'a rien diminué non plus du droit du peuple romain; mais alors le peuple entier ratifia l'élection faite par cette partie de lui-même qui habitait à Constantinople — d'où Claudien appelle Quirites les Byzantins — et il conserva une marque non médiocre de son droit dans la prérogative de sa ville (**), dans l'honneur du consulat (***), et dans d'autres privilèges. C'est pourquoi tout le droit que ceux qui habitaient à Constantinople pouvaient avoir à élire l'empereur romain, dépendait

(*) Dans Hérodien, le sénat exhorte les provinces, en faveur de Gordien, à obéir aux Romains auxquels appartenait depuis si longtemps Vempire, et auxquels, en vertu d'un droit ancien, les autres nations témoignaient de l'affection et du respect. » Dans le même, Maxime s'adresse ainsi à ses soldats : « L'empire n'appartient pas à un seul homme; mais il est de toute antiquité la propriété du peuple romain. C'est dans celte ville de Home que réside la fortune de l'empire. Quant à nous, soldats, nous avons été élus pour prendre soin avec vous des intérêts de l'empire, et pour les défendre. » Claudien dit de Home : a La mère des armes et des lois ; celle qui étend partout son empire. »

Grotius.

(**) Zonarasdit que la prééminence avait été conservée à Home, parce que c'était de là qu'était venu l'empire. Aminicn (lib. XIV) dit de Home « qu'elle est respectée partout comme la maîtresse et la reine. » Claudien parlant d'Honorius qui résidait à Havcnne,dit : « Jusqucs à quand la puissance souveraine sera-l-clle bannie de ses lares, et l'empire scra-t-il errant loin de sa patrie ? » Grotius.

(***) Car l'un des deux consuls était de la ville de Home, et il avait le pas sur l'autre. Procopl, Histoire secrète. G.

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