LIVRE II, CHAPITRE IX
— le peuple romain révoqua, à juste titre, cette concession soit expresse, soit tacite, fit par lui-môme lelection d'un empereur, et le proclama par la voix de son premier citoyen *, c'est-à-dire de son évêque — de même que, dans l'État judaïque, lorsqu'il n'y avait point de roi, la première personne était celle du grand pontife.
3. Cette élection fut personnelle, à l'égard de Gharlcmagne et de quelques-uns de ses successeurs, qui distinguèrent eux-mêmes soigneusement le droit de souveraineté qu'ils avaient sur les Francs et sur les Lombards, d'avec celui qu'ils avaient sur les Romains (*), comme l'ayant acquis par un titre nouveau. Dans la suite le peuple des Francs s'étant divisé en peuple occidental, qui maintenant possède la Gaule, et peuple oriental, qui occupe la Germanie ou Allemagne (**) — De Frisingueles appelle les deux royaumes des Francs — lorsque le peuple
spirituel s'étendait déjà bien loin ; et Pépin, père de Charlcmagnc, sut bien en profiter P. P. F.
1 Notre îiuteur veut parler du couronnement de Cliarlemagne par le pape Léon III, qui le proclama empereur des Romains... Mais il s'en fallait bien qu'il succédât à tous leurs droits : ces droits étaient éteints, aussi bien que ceux du peuple. Le peuple était devenu dépendant des empereurs de ConFtantinople. Cliarlemagne lui-même reconnut cette dépendance, puisqu'il en transigea avec Irène, l'impératrice; transaction qui fut ratifiée par Nicéphorc, successeur de cette princesse. Voyez Ëgimiart, De vita Caroli Maqni, cap. xxvm ; la Vie de Charlcmagnc, par Boeder, Disserl. t., II, p. 211 et t. III, p. 21 ; PcFEIfDORF, De origine Imperii Germanici, cap. i. (IUrukyrac.)
(*) Voyez le concile de Pont-Yon, parmi les Capitulaires de Charles le Chauve; et Paul-Emile, liv. III, au sujet de Charlcmagnc. G.
(**) Voyez Witikim), lib. I, et les notes de Meihomius; comme aussi le traité entre Charles et Henri, inséré après les Capitulaires de Charles le Chauve, avec les notes du très judicieux et très-docte Jacques Sirmond. Wippon appelle France latine cette France occidentale, parce que la langue romande y était en usage, comme elle y est présentement ; au lieu que les nations qui sont au delà du lUiin, se servaient de la langue germanique Grotius.
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la lex impeni, prouvent que le principe de la souveraineté nationale et de l'élection était demeuré la basa et le fondement du |*cuvoir impérial.