‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 22 sur 294 · SUR GROTIUS ET SON TEMPS. XLV · texte numérisé non relu

SUR GROTIUS ET SON TEMPS. XLV

sées dans la principale église de Lubeck; son corps fut transporté à Delft, dans la sépulture de sa famille. On inscrivit sur son tombeau cette épituphe qu'il s'était faite à lui-même :

« Grotins hic Hugo est, Batavùm captivus et exul, « Legalus regni, Suecia magna, tui. »

Grotius était d'une taille ordinaire, mais d'une constitution robuste; sa figure était agréable, ses yeux vifs," son nez aquilin, sa physionomie riante. Sérieux en affaires, d'humeur enjouée avec ses amis, il était affable pour tout le monde. 11 avait vécu soixante-deux ans ef queUiucs mois. Le bruit courut à sa mort, que la reine de Suède l'avait fait empoisonner; mais ce bruit, peu vraisemblable, ne s'est jamais confirmé '.

malade n la seule lassitude, et jugea qu'il ne lui fallait pour se rétablir que du reiios et des mets nourrissants. Mais lorsqu'il revint le jour suivant, il constata que la faiblesse avait augmenté, une sueur de mort, tous les symptômes d'une nature qui s'éteint, et déclara que c'en était fait de ses jours, et ([u'il entrait dans l'agonie. Grotius se trouvant dans cet étal, vers la neuvième lieure du soir arriva au|)rès de lui le docteur et professeur en ibéologie, ministre en même temps du divin évangile, Jean Quistorpius, qu'on avait mandé. Ce ministre après s'être entretenu quelque temps avec lui sur la fragilité bumaine, sur les fautes nombreuses des mortels, le repentir qui leur est nécessaire, l'immense clémence du Dieu très-bon et très-grand qui leur pardonne au nom des mérites de Jésus-Cbrisl, et sur d'autres sujets semi)lables doQt on entretient habituellement les mourants, se mit en prières. Grotius en suivait les paroles à voix basse, les mains croisées; quand, peu à peu, il commença à perdre l'ouïe d'aboi d, bientôt la vue, et peu de moments après, au milieu même de la jiuit, il expira paisiblement. »

< Grotius laissa quatre enfants: trois fils, Corneille, Pierre etDideric; une r.lle, Cornélie. Après avoir éludii^. les sciences et les belles-lettres, (Corneille embrassa le métier des armes. Il servit sous le due de Saxe- Weimar, sous le duc de Cbàtillon, el obtint enfin une compagnie dans un régiment que les États de Hollande avaient donné au vicomte de Mombas. son beau-frère. Il mourut célibataire, sur la fin du xvii" siècle. Pierre fut mnployé dons plusfonr. aniliMssade>. L'éleflcur pahtin. rélaidi

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