‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 26 sur 294 · LVI ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LVI ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

treprendre des guerres de conquête ' . Dans sa dissertation intitulée : De jure helli, le dominicain espagnol refusait hautement de reconnaître comme de justes motifs de guerre, la différence de religion chez le peuple ennemi, le besoin ou l'ambition d'étendre les frontières, le désir de la gloire, la recherche de tout autre avantage personnel '. « Puissent les rois, disait-il, dépositaires de ce droit terrible, ne jamais chercher des occasions, encore moins des i)rétextes pour rompre cette paix que l'apôtre des nations nous ordonne de conserver, s'il est possible, avec tous les hommes, nous rappelant que nous sommes frères ici-bas, et que nous avons au ciel le même Dieu, qui sera un jour notre juge commun. » « Il ne suffit pas, ajoutait-il, que la guerre soit entreprise pour de justes causes; il faut la faire de telle sorte qu'au lieu de poursuivre l'extermination de l'ennemi, on n'ait en vue que la défense du pays, le triompiie du bon droit et l'établissement d'une paix durable... La guerre achevée, le vainqueur chrétien se posera comme un juge d'équifé entre les deux peuples, et sans négliger la satisfaction due à son pays pour l'injustice dont il a souffert, il ménagera autant que possible l'État coupable, car il se rajv pellera que, le plus souvent, c'est par la faute des rois que s'allument les guerres, et que les peuples ne font que suivre de bonne foi le drapeau de leur prince et de leur patrie '. »

Si Victoria avait revendiqué pour les Indiens le droit de se gouverner eux-mêmes, Dominique Soto, son élève,

' Ihid., l ultim.

- 2 De jure belli, g 10 à 14.

s Ibid., g 60.

* Né en 1494, mori en 1500. Son ouvrage esl intiliilc : Fralris dominici Soto.Segoviensis theologi, libri decem de justitiâ et jure, 1560. L'édilion la plus connue est celle de 1582 (Lugduni;.

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