SUR GROTIUS ET SON TEMPS. ^ LXI
tius, soit par impuissance ', soit par mépris des chicanes (le son adversaire, la lit cesser bientôt par son silence'-'.
Gomme il arrive toujours, les efforts redoublés de la critique envieuse ne diminuèrent rien de la popularité de l'œuvre de Grolius. Il ne firent que l'augmenter, en excitant la curiosité de comparer la critique avec le livre critiqué. L'électeur palatin, Charles - Louis, ordonna qu'on l'expliquât publiquement dans l'université d'Heidelberg. En 1G63, dans l'année même où de Felde publiait la nouvelle édition de ses Notes, Henri Boeder, prolesseur d'histoire à Strasbourg, Taisait paraître la pre- /nière partie d'un commentaire, tout empreint d'enthousiasme pour l'ouvrage de Grotius. Dans une lettre écrite au baron de lioinebourg, chancelier de l'électeur de Mayence, Boeder portait l'admiration jusqu'à jurer « que personne ne s'élèverait jamais au degré de gloire qu'avait atteint Grotius; ([ue l'ouvrage de cet auteur restait et resterait toujours incomparable, et que ceux qui s'aviseraient de vouloir le surpasser sur un point quelconque, s'exposeraient à la risée de la postérité^.» Cet enthousiasme valut à Boeder et à ceux qui suivirent son opinion, de la part des théologiens et des jurisconsultes scolastiques, le sobriquet de Groliens.
On cite encore les Noix subilariœ de Gaspar Ziégler, professeur de droit à Wittemberg, publiées en 1666; et les ObscrvaUoncs maximatn partem théologies de Jean- Adam Osiander, parues à Tubingueen 1671 : celles-ci, toutes empreintes d'une acrimonie mal déguisée, e* pleines de malveillantes insinuations; celles-là moins
• Thouasius, Hislor. Jur. Natur., cap. vi, g 3. ■-* BuDDEus,'7/iî(or. Jur. Nalur., g 27.
^ Tlioinnsiiis a inîin'! celle lettre toul enlièrc dans sa ; PauU) pieniur llisluria Jari.1 t\aluralis, publiée en 1719, Append. ii.