‹ Le droit des gens moderne; précis élémentaire de droit international public, à l'usage des étudiants des Facultés de DroitChapitre 2 sur 19 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Des règles que l'on croyait solides, comme la neutralité perpétuelle des petites puissances, ont montré leur néant. Des prescriptions, comme les limitations des maux de la guerre, n'ont que trop laissé voir leur caractère purement théorique. Par contre, d'autres principes ont pris allure de maximes fondamentales de l'humanité : le respect des traités, les droits des nationalités, la responsabilité des crimes collectifs, pour ne ciler que quelques exemples. Tout le Droit international a été ainsi remanié et épuré par une des plus terribles épreuves qu'aient traversées les hommes, et, sans présomption aucune, nulle heure n'est plus propice pour tenter un résumé, aussi simple et clair que possible, des larges notions du Droit nouveau.

Nous ne prétendons certes i)as, dans les pages qui suivent, avoir étudié l'ensemble de la science juridique internationale. Les nombreux et excellents traités publiés dans tous les pays sont d'une étendue démontrant assez le caractère élémentaire de notre modeste travail. Mais nous croyons néanmoins qu'un « Précis », c'est à dire un petit ouvrage exposant les grandes lignes des questions, les solutions adoptées et les directions d'études ultérieures, est de nature à rendre quelques services.

Dans notre pensée, ce livre s'adresse tout d'abord aux étudiants des Facultés de Droit qui ont dans leur programme l'étude du Droit international public. On nous excusera de songer d'abord à eux, auprès desquels nous avons déjà passé plus de vingt années à enseigner les principes fondamentaux des relations entre les Etats. La sympathie marquée qu'a toujours rencontrée l'étude de ces rapports nous porte k croire que les étudiants y trouvent un intérêt réel et nous ne saurions mieux les récompenser de leur bienveillante attention qu'en essayant de leur faciliter la préparation de l'examen et en mettant k leur disposition ce qu'ils doivent savoir sans les obliger à de longues lectures.

Sans sortir du milieu universitaire, nous avons aussi remarqué avec plaisir que le Droit international trouvait une

faveur croissante auprès des aspirants à la licence ès lettres. Peut-être notre etibrt sera-t ib appuyé par une tendance croissante à considérer l'étude des rapports de politique extérieure comme une suite usuelle des travaux historiques et philosophiques.

Enfin, comme nous l'avons dit plus haut, nous avons l'impression que les questions internationales attirent de plus en plus Fatleiilion du public éclairé et nous croyons que nombre de personnes désirent connaître les usages et précédents suivis en ces matières.

Nous sommes ainsi conduit à écrire notre petit ouvrage d'une façon qui le rende accessible à tous, en écartant délibérément les termes techniques ou juridiques qui sont d'ailleurs à peu près inutiles en Droit international public. Nous avons, non moins volontairement, éliminé tout aspect d'érudition plus ou moins rébarbative, mais sans sacrifier à un désir déplacé de fausse vulgarisation l'exposé nécessaire des sujets traités.

Dans une science où la coutume joue un très grand rôle et qui s'unit intimement avec la politique étrangère, nous n'avons pas craint de. donner un certain développement à l'histoire politique proprement dite. Nous nous sommes plus particulièrement attaché à la période contemporaine, mal connue en général de beaucoup d'étudiants et qui conditionne cependant la plupart des grands problèmes du temps présent. Nous avons été, au contraire, beaucoup plus bref sur des précédents démodés et dans l'étude de théories doctrinales de faible portée pratique. Pour nous, le Droit international est essentiellement vivant et en développement constant sous nos yeux et par nos propres actions. Nous avons, par conséquent, évité la forme dogmatique, convenable pour des textes codifiés, inapplicable, au contraire, à des pratiques évoluant sans cesse sous la pression des circonstances politiques.

Abordant ainsi l'ensemble de la vie publique des Étais modernes, nous ne pouvons qu'être incomplet et nous ne

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