‹ Le droit des gens ou des nationsChapitre 5 sur 87 · PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

La présente édition contient très peu de matière nouvelle, relativement à lensemble de Fouvrage. Des corrections et des additions ont été faites aux endroits où il était nécessaire de mettre le texte d'accord avec les changements survenus dans la situation politique de Tun et de Tautre hémisphère, ou de le maintenir au niveau du progrès des lumières sur d'autres sujets ; mais Fauteur ne s'est nullement départi des principes qu'il a déclaré, dans sa première édition, être le fondement des droits et des devoirs des nations en temps de guerre. Cependant il a considéré qu'il y aurait avantage pour le lecteur à ce que les résultats des dix dernières années fussent passés sommairement en revue dans un chapitre spécial en forme d'introduction, et que les doctrines modernes au sujet de la guerre, soutenues par d'éminents publicistes européens, fussent brièvement discutées en ce qui concerne le véritable intérêt du belligérant, qui consiste à se faire rendre satisfaction par son ennemi, tout en lui faisant le moins de mal irréparable. La perte de vies humaines et la perte de territoire sont de cette dernière nature ; mais la destruction des biens peut se réparer. La guerre présuppose toujours le sacrifice d'un certain nombre d'existences; mais la civilisation du siècle actuel s'efforce constamment d'atté* nuer ce sacrifice, et la manière dont les guerres ont été menées pendant les dix dernières années a montré que ces efforts ont réussi sous plus d'un rapport. D'un dutre côté, en

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ce qui regarde le territoire^ Tannexion n'en est pas nécessaire pour atteindre le but légitime de la guerre, lorsqu'elle a pour objet d'obtenir la réparation d'un tort ; et quand les États sont limitrophes, ces annexions portent en soi le germe de guerres ultérieures. On peut parfois les justifier comme sauvegarde contre le renouvellement des offenses ; mais dans la plupart des cas c'est dans le suffrage des populations des territoires annexés que l'on a cherché la justification des importantes annexions qui ont résulté des guerres des dix dernières années. C'est là un trait remarquable de la façon dont se fait la guerre dans les temps modernes, d'autant plus que la doctrine nouvelle, qui considère la guerre comme une modification des relations entre les gouvernements seulement, et non entre les nations, est de nature à détacher la population d'un pays envahi de la cause de son gouvernement, et à en faciliter l'acquisition à la fin de la guerre en faisant appel au suffrage de la population. L'auteur, dans l'introduction qui suit, a indiqué les phases compliquées de la diplomatie, alliée au vote populaire, qui ont amené Tunification du royaume d'Italie et la formation de la nouvelle Confédération de l'Allemagne sous le titre d'Empire d'Allemagne, n a aussi jugé utile d'ajouter comme appendice à l'ouvrage les traités et les actes internationaux des dix dernières années, qui affectent particulièrement les droits et les devoirs des nations en temps de guerre.

En les parcourant on verra que les gouvernements de l'Europe agissent constamment de concert en vue d'adoucir les pratiques de la guerre, et manifestent de plus en plus leur conviction qu'il convient que les belligérants abandonnent certains modes de porter atteinte à la vie et aux biens de l'ennemi, soit parce qu'ils ne sont pas autorisés par les nécessités de la guerre moderne, soit parce qu'ils ne contribuent pas directement aux fins d'une guerre légitime dans une mesure proportionnée aux souffrances qu'ils peuvent causer. L'auteur est convaincu que les principes juridiques sur lesquels reposent les usages actuels de la guerre sont de

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sages principes y dont le maintien est nécessaire pour le salut des nations, et dont la civilisation ne demande pas Tabandon, mais l'application modérée avec plus de discernement et avec une plus large équité.

Temple, Londres, 4 octobre 1875.

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