XVI INTRODUCTION
la protestatioD du gouvernement papal, ont été annexés à la monarchie italienne par décret du roi dltalie du 2 octobre 1870. Dans la même année, une guerre engagée entre la France et la Prusse a eu pour conséquence la renonciation parla première de ces puissances, aux termes du traité de Francfort du 10 mai 1871, de tous ses droits sur une grande partie de la Lorraine et sur la totalité de l'Alsace en faveur ) de l'Empire d'Allemagne. On voit ainsi que les dix dernières
années ont été, dans Thistoire des guerres européennes, une époque très féconde en événements ; et bien que ces guerres aient été accompagnées des désastres accoutumés, le mode de faire la guerre s'est en quelque sorte amélioré, et la période a été marquée par trois actes internationaux, auxquels tous les États de l'Europe ont accédé, ayant pour objet de concilier jusqu'à un certain point les nécessités de la guerre avec les lois de l'humanité. Nous voulons parler des conventions de Genève de 1864 et de 1868, et de la déclaration de Saint Pétersbourg de 1868.
C'était le vœu formel des puissances qui ont pris part au Congrès de Paris de 1856, que les États entre lesquels s*élèverait quelque dissentiment sérieux auraient recours, autant que les circonstances le permettraient, à la médiation d'une puissance amie, avant d'en appeler aux armes. Ce vœu a reçu une satisfaction partielle dans la guerre entre le Danemark, d'une part, et TAutriche et la Prusse, de l'autre, en 1864 ; en effet le grief qui servait de prétexte ostensible à la guerre était de nature à être réglé par une médiation amiable; il a été exposé dans une note du 16 janvier 1864, par laquelle l'Autriche et la Prusse de concert enjoignaient au Danemark d'abroger la constitution commune au Danemark et au Sleswig et sanctionnée par le roi de Danemark le 18 novembre 1863, comme étant incompatible avec les dispositions des traités conclus par le Danemark avec les deux puissances en 1852. Une armée austro-prussienne étant entrée dans le duché de Sleswig dans rintention de forcer les Danois à l'évacuer et ayant
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eavahi une grande partie du Julland^ une tentative fut bile par ]a France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède d'amener un arrangement amiable entre les parties contractantes ; mais les conférences de Londres, qui avaient été entamées dans ce but le 20 avril 1864, se terminèrent le 22 juin sans résultat satisfaisant; alors furent reprises les hostilités, qui avaient été suspendues pendant la médiation. La guerre eut pour résultat iinal que, par le traité de Vienne du 30 octobre 1864, le roi de Danemark renonça à tous ses droits sur les duchés de Sleswig et de Helstein et sur celui de Lauenbourg en faveur du roi de Prusse et de Tempereur d*Autriche et s'engagea à reconnaître les arrangements, de quelque nature qu'ils fussent, que les deux puissances prendraient relativement à ces duchés. Par le traité de Gastein du 14 août 1865, la Prusse et rAulriche convinrent de mettre un terme à leur domination commune sur les territoires cédés, la Prusse se chargeant d'administrer le duché de Sleswig et T Au triche celui de Holstoin ; de plus, l'Autriche cédait à la Prusse tous ses droits sur le Lauenbourg. Plus tard, par le traité de Prague du 23 août 1866, l'Autriche renonça en faveur de la Prusse à tous ses droits acquits sur les duchés de Holstein et de Sleswig, qui furent incorporés dans la monarchie prussienne par lettres patentes du roi de Prusse du 12 janvier 1867.
La guerre qui suivit immédiatement est celle qui éclata entre l'Autriche et l'Italie en 1866 ; elle entraîna la réunion du royaume Lombard-Vénitien aux États du Roi d'Italie. Par un traité signé à Vienne le 24 août 1866, TEmpereur d^Antriche céda le royaume Lombard- Vénitien à l'Empereur des Français, qui l'accepta; mais les commissaires français n'en devaient être mis en possession que lorsque la paix aurait été signée entre l'Autriche et l'Italie. La paix fut signée à Vienne le 3 octobre][1866, et l'Empereur d'Autriche, par l'article 3 du traité de paix, consentit expressément à la réunion du royaume Lombard- Vénitien
au royaume dltalie. Alors les commissaires français furent Tw. - U. 2
iviil iNTRODUOïtOÎ^.
formellement mis en possession du royaume Lombard- Vénitien, et le 19 octobre i866 le général Lebœuf, de la part de l'Empereur des Français, le transféra aux commissaires du roi d'Italie, afin que les habitants du royaume passent exprimer par le suffrage universel leurs vœux au sujet de leur annexion au royaume d'Italie. Les habitants des provinces italiennes furent donc convoqués ; ils déclarèrent par leurs suffrages leur désir d'être unis au royaume d'Italie sous la monarchie constitutionnelle de Victor-Emmanuel II et de ses descendants. Par suite le roi d'Italie rendit un décret, en date du 4 novembre 1866, déclarant les provinces de la Vénétie et de Mantoue partie intégrante du royaume d'Italie, et ainsi fut consommée Tincorporation des provinces cédées.
Une autre conséquence de la guerre survenue dans Tété de 1866 entre l'Autriche et la Prusse a été la dissolution de la Confédération Germanique telle qu'elle était constituée par l'acte fédéral de 1815 et par l'acte final de 1820. L'Autriche, par le traité de Nicolsbourg du 26 juillet 1866, donna son consentement formel à la formation d'une nouvelle constitution pour l'Allemagne et à l'exclusion de ses provinces allemandes de la Confédération. Cependant la nouvelle constitution de l'Allemagne ne s'accomplit pas tout de suite. On forma d'abord une Confédération de l'Allemagne du Nord, à la tète de laquelle fut placée la Prusse, tandis que la Bavière, le Wurtemberg, le grand-duché de Bade et laportion de laHesse située au sud de la rivière du Mein se constituèrent en ligue militaire de l'Allemagne du Sud. Les États du Nord et ceux du Sud ont fini par s'unir, en 1870, par une série de traités, pour former une seule Confédération Germanique, qui en 1871 a pris le titre d'Empire d'Allemagne, sous une constitution promulguée par le roi de Prusse, au nom de la Confédération de l'Allemagne du Nord, et par les rois de Bavière et de Wurtemberg et les grands ducs de Bade et de Hesse, respectivement en leurs propres noms, le 16 avril 1871. La Confédération Germanique existante.
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qui, sous celle constitution, a adopté le titre d'Empire d'Allemagne, se compose de 27 États, savoir : la Prusse avec le Lanenboarg, la Bavière, la Saxe, le Wurtemberg, Bade, )allesse« le Mecklenbourg-Schwerin, la Saxe-Weimar, le Mecklenboarg-Strelilz,rOidenbourg, le Brunswick, laSaxe- Meiningen, la Saxe-Altenbourg, la Saxe-Cobourg-Gotha, rAnhall, le Schwarzbourg-Rudolsladt, le Schwarzbourg- Sondershausen, le Waldeck, Reuss branche aînée, Reuss branche cadette, le Schaumbourg-Lippe, Lippe, Lubeck, Brème et Hambourg. L'Autriche ne figure plus sur la liste des États fédérés ; la Prusse, qui représente le Hanovre, la Hesse électorale, le Holstein, Nassau et Francfort, s'est attribué 17 voix dans le Conseil de FEmpire ; les autres Étais en ont ensemble 41.
Vers la même époque il s'est opéré pacifiquement dans Test de l'Europe certains changements territoriaux, qui ont mo* difié les arrangements conclus par le traité de Paris de 1856. Par une convention signée à Paris le 19 août i858 entre les sept puissances signataires du traité de 1856, les Principautés de Moldavie et de Yalachie furent réunies sous un seul hospodar avec le titre de Principautés Unies de Moldavie et de Yalachie, et certains privilèges et immunités leur furent assurés sons la suzeraineté du Sultan et la garantie collective des puissances co -signataires. Plus tard les dispositions de cette convention furent modifiées dans une conférence des plénipotentiaires des sept puissances assemblés à Con* stantinople le 28 juin 1864. En 1866, pendant qu'une autre conférence, ayant le même objet, se tenait à Paris entre les plénipotentiaires des mêmes puissances, par suite de la cessation du gouvernement du Prince Couza, comme hospodardes Principautés-Uniesje peuple roumain^par un plébiscite, élut le prince Charles Louis de HohenzoUern-Sigmaringen, sous le nom de Charlesl, hospodar des Principautés* Unies, nonobstant une déclaration antérieure de la conférence que l'Assemblée roumaine ne pouvait élire hosopdar qa'nn sujet ottoman de naissance. C'est pourquoi la Porte Ottomane fit insérer dans les protocoles de la conférence