ACTE PREMIER
FÉRAl'.D.
Alors, ce n'est pas lui qui entraîne ton mari au cercle?... Voyons, tu t'es bien aperçue que ton mari...
BLANCHE, hésitant et timidement.
Mais Paul est toujours le même pour moi, mon père.
FÉRARD.
Sois franche, voyons, es-tu vraiment heureuse ?
BLANCHE
Qui peut l'être ? Le Lonhcur parfait existe-til ?
FÉRARD.
Tu vois... tu réponds à côté... Tu ne me dis pas la vérité... Depuis quelque temps tu es soucieuse... Oh! je l'ai bien vu... Ouvre-moi ton cœur. Quel ami plus sûr que ton père peux-tu prendre pour confident ?
BLANCHE
Mais je nai rien, père !
FÉRARD.
Pourtant, je soupçonne...
BLANCHE
Quoi donc, père ?
FÉRARD.
Tu n'es pas heureuse comme tu devrais l'être, tu as des chagrins. Je t'ai parfois trouvée seule, les yeux rougis, tu avais pleuré.
BLANCHE
Tu sais, les femmes, cela pleure, souvent sans motif.
FKR\RD.
Allons, allons, fillette, tous ces faux-fuyants-lù peuvent tromper un étranger, un indifférent... mais un père n'est pas dupe. Viens ici, là! pr^s de moi. Regarde-moi! Tu es ma fille, tu comprends, mon unique amour, je te dois toute ma protection paternelle... et la pensée que tu n'es pas aimée comme tu devrais l'être, que tu n'es pas heureuse, me bouleverse et il laut en finir! Ce n'est pas avec des... « mon xjére, je suis très heureuse », que tu pourras me convaincre, moi... Tu as du chagrin.
BLANCHE, faible.
Mais non, je t'assure...
FÉRARD.
Si tu ne me dis pai pourquoi.... je vais te le dire, moi... Tu n'oses pas me l'avouer, il y a ici le germe d'un grand mal...
BLANCHE
Gomme tu dis cela!
FÉRARD.
Mais je suis là! C'est pour couper ce mal à sa racine que nous devons tenir conseil... Ton mari a repris ses habitudes de cercle...
BLANCHE
Oui.
FÉRARD.
Tu ne me le disais pas!
BLANCHE
A quoi bon?...
FÉRARD.
Il a repris sa vie de garçon et te laisse bien souvent seule !