‹ Le droit du père; comédie-dramatique en cinq actesChapitre 12 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BLANCHE

C'est vrai.

FKRARD.

Tu sais qu'il joue?

BLANCHE, à mi-voix.

Je m'en doutais, mon père.

FÉRARD.

Comment l'as-tu appris ?

BLANCHE

Il me l'a avoué.

FKRARD.

Parce qu'il a perdu.

BLANCHE

Oui.

FFRARD.

Qu'a-t-il dit?

BLANCHE

Qu'il avait été entraîné, qu'il avait eu une déveine inconcevable... inouïe...

FÉRARD.

On dit toujours ça! Et qu'a-t-il perdu ?

BLANCHE

Oh! je ne sais pas.

FÉRARD.

Mais si!... Voyons... tu sais... dis-moi!...

Beaucoup!...

FÉRARD.

Mais encore...

BLANCHE

Tout ce qu'il avait à lui!...

FÉRARD.

Et en plus?

BLANCHE

Vingt ou trente mille francs peut-être...

FÉRARD.

Et il les a pris sur ta dot.

BLANCHE

Je les lui ai offerts.

FKRAUD.

C'est généreux, mais bien imprudent !

BLANCHE

Il fallait bien payer ime dette d'honneur !

FÉRAIID,

Oui, c'est ainsi qu'ils appellent une dette de jeu, ceux qui ne savent pas ce que c'est que Ihonneur.

Tu ne m'approuves pas?

FÉRARD.

Ce qui est fait est fait. J'ai su tout cela, mais trop tard. Oh! Il va bien! En trois mois plus de cent mille francs! Peste ! Mais il faut en finir, il laut que Paul change d'existence, et voici ce que je suis venu te conseiller : Tu vas demander à ton mari, de ne plus remettre les pieds à son cercle, et tu le préviendras que s'il joue encore, tu refuses ab:?olument de payer ses folies avec la fortune qui est à toi... Des millions ne dureraient p.is longtemps entre ses mains.

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