‹ Le droit du père; comédie-dramatique en cinq actesChapitre 17 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME DE BOUTTELLOY.

A notre âge! impertinent! Quel ùge inc donnezvous donc ?

FÉRAnD.

Oh! celui que vous avez, l'âge de l'activité, de la force, de l'esprit, de la pleine possession de soimême, et, partant, de l'éclat...

MADAME DE BOUTTELLOY.

Flatteur!.,. Eh Lien, vous tombez mal, j'avoue que je suis une vieille femme.

FÉRARD.

Une jeune veuve !...

MADAME DE BOUTTELLOY.

Je VOUS pardonne ; et pour vous prouver que je ne vous en veux pas, offrez-moi votre bras jusqu'à ma voiture, et si vous allez du côté de Passy je vous emmène...

FÉRARD.

C'est entendu.

MADAME DE BOUTTELLOY, à Blanche.

Ah! à propos, je savais bien que j'avais une nouvelle à vous annoncer. Robert revient. Vous vous souvenez bien de Robert?..

FÉRARD.

Robert Glarens. Il donne enfin signe de vie ?

Eh! oui, Robert Glarens, voyons, petite, il y a cinq ans lorsqu'il est parti pour les Indes... Il me semble qu'il vous avait fait un brin de cour.

BLAXGHE.

Je ne m'en suis jamais aperçue, madame.

2ti Lt DUUlT DU PÈRE

MADAME DE BÛUTÏELLOY.

Ah! j'avais cru... on me l'avait dit... Et je m'étais mis dans l'idée qu'il était parti, parce que, sans fortune, il n'avait i)as osé prétendre à votre main.

FÉRARD.

Robert n'a jamais laissé percer ses sentiments, mais il était très capable d'une telle détermination, car c'était un garçon de cœur,

MADAME DE BOUTTELLOY.

Oh! vous le verrez certainement bientôt, car il revient; il sera ici avant huit jours, il l'a écrit au petit Bouvry dint il a été le camarade à l'Ecole de droit. Je viens de le rencontrer, il a reçu de lui la nouvelle de son retour. Mais je m'éternise... Allons adieu, mignonne, ù bientôt. Et quand donc donnezvous cette fête que vous avez promise à vos amis?

BLANCHE

Dans trois semaines, chère madame.

MADAME DE BOUTTELLOY.

Votre maison sera trop petite, si vous voulez inviter tous vos admirateurs et vos jalouses... A bientôt... (a Férard.) Vous me reconduisez?

FÉRARD.

Adieu, ma lille. (Bas.) Allons, de l'énergie. Fais ce que je t'ai dit. Je te reverrai demain.

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