SCÈNE PREMIÈRE
TRINQUESSE, JOSEPH.
TRINQTTESSE, entrant, au domestique qui l'accompagne.
Ne dérangez personne.
JOSEPH
Le déjeuner touche à sa fin.
TRINQUESSE.
J'attendrai, (ri regarde autour do lui.) Ce salon est exactement cornrae je l'ai laissé il y a trois mois. Pas un meuble n"a bougé. Il n'y a pas une potiche, pas un bibelot de plus, oh! c'est bizirre. (Appelant) Joseph!...
JOSEPH
Monsieur?...
TRIXOUESSE.
Qu'est-ce qui se passe ici ? (a lui-même.) Ma finesse d'observïition ne me trompe pas. Un jeune ménage s'installe ! A chaque instant monsieur apporte un bronze, un tableau. ^ladame, une tapisserie, un coussin, un chiffonnier. On change les meubles de plice, ça fait mieux! Le canapé était à droite, on le met à gauche, le piano était dans le coin on le met au milieu, on emporte la statuette préférée dans la chambre à coucher. La potiche de la chambre à coucher émigré au salon. Enfin, on dérange tout, pour arranger le nid où l'on se plait! Ici, pas un chassé-croisé, c'est grave!... Rien n'a bougé dans ce salon, il y a une révolution dans le ménage!... Joseph! il y a du nouveau dans la maison!,..
JOSEPH
Qui vous a dit ça, monsieur?
TRINQUESSE.
Quelqu'un de bien informé, mais donne-moi des détails.
.lOSEPH.
Ah! monsieur, quand vous êtes parti, il y a trois mois, monsieur était rangé, un i)etit saint...
TRINQUESSE.
Quelleconversion! Oai,})erda pourlavie joyeuse! ... Mort et enterré!...
JOSEPH
Monsieur ne croit pas aux revennnts ?