ACTE TROISIK.ME
RLAXCHE.
Mais qu'ai-je fait p.)ur iiirriter une si lâche injure?
ROBRRT.
Ce sont les innoconls ([ui soiifTront le plus?
P.LAXCHK.
Oh! c'est injuste, c'est injuste, c'est injuste!
ROBKllT.
Criez votre chagrin, cela soulage.
BLANCHE
Oui, cela détend les nerfs et dégonfle le cœur!... Mais je ne suis pas une de ces femmes qui s'abandonnent à la douleur. Je me révolte ! Dans e premier moment, quand on reçoit le coup, on crie sous la blessure, mais il faut se ressaisir, et ce que j'ai au cœur, c'est surtout de la colère et de l'indignation!
Vous avez un liean courage !
BLANCHE
Je ne suis pas de celles qui subissent et qui se courbent: je me redresse, je n'accepte pas l'affront; je ne me résigne pas! je proteste e. je m'insurge!
ROBERT
J'aime mieux vous voir ainsi!
BLANCHE
Je veux être maîtresse de moi!..,
ROBERT
Alors, je puis vous parler...
BLANCHE
Certes!... Voyez, je ne pleure plus. C'est trop bète (le pleurer pour qui est indigne de vos larmes! J'ai repris toute mon énergie... je lutterai...
ROBERT
Contre qui!...
BLANCHE
Contre qui?... Mais... Ah! c'est vrai, je suislolle! Lutter, pourquoi, pour qui? — Contre cette femme pour lui reprendre mon mari? — Mou mari, il ne l'est plus! Qu'elle le garde! Ah ! Dieu, non! Je n'en veux plus ! On ne tient qu'à ce qu'on estime, et je le méprise!
Vous parlez avec la flamme de la colère, soyez plus calme...
BLANCHE
Je puis parfaitement raisonner!...
ROBERT
Alors, envisageons la situation froidement...
BLANCHE
C'est cela.
ROBERT
Là-bas, chez vous, tout à l'heure, vous avez été fière et digne... Je vous ai vue!... mais...
BLANCHE
Me hlàmez-vous ?
ROBERT
Certes, non! mais la rude leçon que vous venez de donner à M. de Serval l'amènera, sans doute, ù réflexion. Repentant, il vous reviendra, et vous lui reviendrez.