‹ Le droit du père; comédie-dramatique en cinq actesChapitre 53 sur 87 · ACTE TROISIÈML · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈML

UOBKllT.

Oui, d'autres... ceux qui vous aiment... un autre si vous vouJez.

BLAXGHE, se levant.

Robert !

ROBERT

Vous m'avez compris.

BLANCHE, passant.

Je ne divorcerai jamais!

Vous ne voulez pas de la liberté !

BLANCHE

Pas à ce prix!

ROBERT

Mais qui vous arrête?

BLANCHE

Ma conscience.

ROBERT

Votre conscience ne raisonne pas.

BLANCHE

Il y a des choses sur lesquelles on n'a pas besoin de raisonner. Instinctivement, on y répugne, et on les repousse comme une salissure. Le divorce est de ces choses.

ROBERT

Vous voyez cela avec vos préjugés de jeune fille, et ce que vous croyez un instinct, n'est que le résultat de votre éducation. En ce moment, vous subissez l'opinion du monde que vous braviez tout à l'heure.

BLANCllK.

Je ne sais, cela tst possible. Mais je ne pourrai jamais violer un serment que j'ai fait à Dieu.

Non pas à Dieu, mais ùun homn;e qui vous laibait à vous le même serment, et qui l'a violé.

BLANCHE

Son parjure n'autorise pas le mien.

UODKRT.

Le contrat est rompu, vous êtes affranchie.

BLANCHE

Je vous dis que devant Dieu, je suis liée.

ROBERT

Ah! ce sont des phrases de prêtre !

BLANCHE

Mon Dieu, oui, c'est ce qu'on m'a enseigné au couvent, c'est ce que j'ai toujours entendu dire du mariage... c'est ce que nous prêche la religion.

ROBERT

Alors, votre religion exige que vous souffriez toute votre vie, parce que vous avez eu le malheur d'épouser un homme indigne de vous.

BLANCHE

Je souffrirai, puisque Dieu le veut.

ROBERT

On lui attribue d'étr;.ngcs volontés, à votre Dieu, et on lui inlligc de singulières responsabilités ! Comment ! votre mari manque à ses devoirs, et c'est vous qui devez souffrir. C4'est lui le coupable, et c'est^vous qui êtes frappée ? Lui, il est libre de con-

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