‹ Le droit du père; comédie-dramatique en cinq actesChapitre 60 sur 87 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, moins TRINQUESSE.

BLANCHE

Quelle abjection !

ROBERT, à Férard.

Quand j'ai vu entrer Trinquesse, j'ai pensé que peut-être je pourrais vous être de quelque utilité. Je suis venu me mettre à votre disposition.

FÉRARD.

Je sais que vous nous êtes dévoué, merci, mon

cher Robert, mais ù pn''sent ma fille est sous ir.a sauvegarde et je suffis ù la défendre!...

ROBERT

Madame, il faut prévoir le cas où le tribunal sur la réclamation de Serval vous imposerait de reprendre la vie commune!

BLANCHE

Est-ce que vraiment la loi pourrait cela, mon père ?

FÉRARD.

Ce serait une monstruosité I...

BLANCHE

Me forcer à rentrer à la maison; me retrouver face à face avec lui, jam: is !

FÉRARD.

Rassure-toi, quelle que soit la loi, quels que soient les abus qu'elle per.nette, il est des situations où on est en droit de n'y pas céder. Au-dessus de la loi écrite, il y a la loi naturelle. Et si le Gode ne protège pas une enfant, comme toi, livrée à un misérable, ton père est là. — J'ai le droit, j'ai le devoir de te défendre, et je te défendrai malgré la loi, con tre la loi, s'il le faut!... .Je t'enveloppe, je te garde. Rien ne t'arrachera de mes brasi...

Et si la situation devenait insoluble, intolérable, j'aurais encore un moyen...

BLANCHE

Que veux-tu dire ?

FÉRARD.

Je m'entends!... (a part.)Ne reste-t-il pas toujours au père, le droit de se sacrifier ?

Rideau.

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