SCÈNE PREMIÈllE BBÉVANNES, TRINQUESSE
BRÊVAKXES, entrant de gauche, à Trinquesse qui entre au fond.
Tiens, Trinquesse, coinment, vous ici, sans Glarens.
TRINQUESSE.
C'est que je suis un peu en avance, il est neuf heures moins cinq. A neuf heures il doit être ici.
BRÉVAXXES.
Vous êtes devenus inséparables.
TRINQUESSE.
Oui, j'ai l'honneur d'être sonjami, mais lui, il est mon maître !
BRÉVANNES
Vous parlez de lui avec un respect...
TRINQUESSE.
Mérité, mon cher.
BRÉVANNES
Depuis le duel ? — Eh ! voilà quinze jours déjà !
TRINQUESSE.
Ce sera une date dans v.ia vie. Il fallait voir ça ! Moi, énervé, rageur, lui d'un calme ! et puis, une assiette!,., inébranlable! Goimiie ça, rien que le poignet et le bras qui menaçait en s'allungeant : un mur ! un rocher ! Bref, comme je me précijntais sur ce mur en me fendant, deux fois il pouvait m 'embrocher comme un poulet.
BRÉVANNES
Eh bien?
TRINQUESSE.
Il relevait tranquillement son épée en se redressant, comme ça.
II ramène d'un demi pas en arrière la jambe droite et se redresse.
BRÉVANNES
Enfin, il vous a touché...
TRINQUESSE.
Oui, pour en finir, à la main. La piqûre traditionnelle, mais si habilement faite !
BRÉVANNES
Très chic !
TRINQUESSE.
Très chic !