VAIT LOYALEMENT SA DAME , ÉTAIT SUR
ce d'Être sauvé. * »
(( Cette dévotion chevaleresque se re- « froidit bientôt ; les nobles redresseurs de (( torts furent les premiers à en avoir ; — (Tiens, tiens, on n'était donc pas au-dessus de l'humanité ? C'est dommage, en vérité.) — (c les protecteurs de l'honneur des dames « en devinrent les violateurs. »
« Au quatorzième siècle, il se forma une « nouvelle confrérie de nobles enthouc( siastes ; voici ce qu'on Ht dans nos histo- « riens les plus estimés : Une manie bien c< singuHère , mais qui n'était pernicieuse « qu'aux fous, tourmenta les amoureux de « ce siècle. Il se forma une société d'hom-
• Nous sommes tellement au cœur des mœurs du moyen-âge que nous devons, en ce lieu, en attendant d'autres explications , faire ressortir l'amoureux mysticisme, la religiosité peu platonique de la féodalité. On a vu le cas de la reconnaissance, ce qu'en tiraient les chevaliers, ces habiles gens formés par la dévotion à combattre les tyrans. Et la femme, en existe-t-il une trace ? Point. Et toujours la dame. On était assuré du paradis, pourvu que la loyauté envers les dames ne laissât rien à désirer. La femme n'avait que faire auprès des chevaliers.
Le Droit du Seigneur i55
a mes et de femmes sous le nom de gaic( lois, ou galloises, dont l'objet était de se c( prouver l'excès de leur amour, par une i< opiniâtreté invincible à braver la rigueur a des saisons. Les chevaliers et les dames « devaient se couvrir très légèrement dans « les plus grands froids, et très pesamment « dans les plus ardentes chaleurs. Alors, (( ils allumaient de grands feux dans leurs « appartements, et s'en approchaient jusce qu'à se brûler; l'hiver, ils ajoutaient des c( glaçons au froid le plus cuisant.
c( Si, durant cette vie et cette amourette (c jusqu'à ce temps, — dit un vieil auteur, « — que le plus de ceulx en furent morts « et péris de froid ; car plusieurs transice soient de pur froid, et mouroient toulz ce roides de lez leurs amies, et aussi leurs ce amies de lez eux, en parlant de leurs ee amourettes, et on eux mocquant et bouree dant de ceux qui estoient bien vestus ; et ce aulx aultres, il convenoit desserrer les ce dents des couteaux, et les chauffer, et (c les frotter au feu, comme roides et an^ ce gellés. Si ne doute que ceux et celles qui
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« moururent en cet état^ ne soient martyrs ce d'amours. * »
Anquetil, citant ce passage, dit : « Si on c( pouvait prononcer sur Forigine d'une c( folie, on croirait que celle-ci était mona tée sur celle des dévots exagérés, qui s'i- « maginaient ne gagner le ciel qu'à force a de mortifications les plus douloureuses ti et les plus pénibles; de même, des amants c( passionnés auront pensé qu'ils ne devaient i( obtenir les faveurs de l'amour, qui étaient c( leur paradis^ que par ces tourments ; ils « y donnaient cependant du relâche ; ** car,
* Voici ce que nos médecins aliénistes les plus indulgents nommeraient de la folie au premier chef. Que pensez-vous des contradictions de cette époque ? Aimer la dame jusqu'à la folie de l'amour et mépriser la serve jusqu'aux outrages de la pudeur, n'est-ce pas l'absence complète du sens moral ?
** Ils y donnaient cependant du relâche, dit l'historien Anquetil. Le terme a vieilli; cette signification est du langage gothique. On dit bien, il y a du relâchement, il y a relâche ce soir à l'Opéra, il se relâche de ses devoirs, — mais ils y donnaient du relâche n'est plus de langue courante. C'est aussi féodal, aussi anti-français que le singulier usage des gallois
Le Droit du Seigneur idj
« quand un o-^/to entrait dans une maison, c( son hôte avait grand soin qu'il eût tou- « jours toutes ses commodités pour entre- « tenir sa galloise, et éprouvait, à son tour, ({ le même empressement quand il se préce sentait chez le confrère. Ainsi, la com- (( munauté de souffrances entre les deux « sexes amenait la communauté des déc( dommagements. »
Les Ave Maria et les chansons amoureuses constituent un joli fonds, une nouvelle orthodoxie de la passion qu'il ne faut pas négliger, au risque de ne voir qu'une face de la question, au risque de négliger les éléments féminins d'un difficile problème historique ; il y aurait dans cette conduite un regrettable relâchement du devoir de l'écrivain.
D'ailleurs, les chartistes ne déguisent pas la chose; c'est brutalement qu'ils disent que le service des dames était considéré comme une partie de la religion. Le culte païen, lui, ne s'en cachait pas ; ses déesses, vues dans l'azur doré de l'Orient, sourire aux lèvres, voluptueuses poses, baisers las-
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cifs, et tout raccompagnement gracieux d'une mythologie facile, — donnaient ce qu'elles promettaient ; l'histoire ne s'en scandalise pas ; le contraire seul serait quelque peu étonnant.
Peut-on apporter le même point de vue, le même tempérament dans l'étude des mœurs féodales ? Elles furent païennes, moins la franchise de ce paganisme peu vêtu, qui faisait de la nature une fête éternelle et du plaisir un éternel poème toujours lu, toujours plus beau, de plus en plus admirable, à mesure que naissaient les amertumes de la vie, amertumes aussitôt étouffées sous les fleurs d'une déUrante passion.
La folie féodale de l'amour reste sans excuse, car elle fut la folie d'une caste. La dame l'inspira seule ; — la femme resta en dehors.
Ainsi, contradiction dans les principes, contradiction dans la vie sociale, contradiction dans les moeurs, contradiction dans la justice, contradiction partout, dans l'intelligence et dans le cœur, dans la famille et dans la société.
Le Droit du Seigneur iSg
Avons-nous tenu notre promesse? La femme serve eut-elle sa naturelle part au banquet de la vie ?
Elle fut mère de famille dans toute sa plénitude ; le caractère maternel est le plus sacré des caractères ; il tient du sacerdoce. Un enfant sur les genoux de sa mère, gracieusement suspendu à son sein, grappe humaine d'une si touchante beauté, c'est le spectacle qui arrache des larmes aux plus endurcis. Brûlez les chefs-d'œuvre de Raphaël, brûlez les planches où la pointe nous conserve ces divines pages, un enfant suspendu au sein de sa mère sera plus beau que les merveilles de la couleur et du dessin. — Oui, la femme serve nous apparaît surtout comme mère, comme travailleuse, supportant la chaleur du jour, courbée sur le sillon, avec ce douloureux rhythme du han qui sort des poitrines, avec cette suprême résignation, la vertu des opprimés, la protestation de la conscience. La serve a bien des auréoles, mais l'auréole de la maternité nous a paru la plus belle.
Nous avons fait quelque chemin depuis
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les Chevaliers de la Vierge, depuis les tortures imposées à la femme, depuis les coutumes si diverses dn beau pays de Fraïue, car c'est ainsi qu'une Reine jeune et belle devait l'appeler un jour; — nous devons remonter l'histoire, documents en main, pour établir la condition malheureuse de nos pères.
Les coutumes furent très multipliées et tout aussi dissemblables. Un auteur précis et sobre. Voltaire, dans un passage de son Dictionnaire philosophique, s'exprime ainsi : « Un homme qui voyage dans ce pays « change de loi presque autant de fois a qu'il change de chevaux de poste. La (( plupart de ces coutumes ne commencèrent (f à être rédigées par écrit que du temps « de Charles VII; la grande raison, c'est « qu'auparavant très peu de gens savaient « écrire. On écrivit donc une partie d'une « partie de la coutume de Ponthieu; mais « ce grand ouvrage ne fut achevé par les (( Picards que sous Charles \^n.
« Il n'}' en eut que seize de rédigées du ce temps de Louis XII. Enfin, la jurispru-
Le Droit du Seigneur i6i
dence s'est tellement perfectionnée, qu'il n'y a guère de coutume qui n'ait plusieurs commentateurs, et tous, comme on croit bien, d'un avis différent. Il y en a déjà vingt-six sur la coutume de Paris. Les juges ne savent auquel entendre; mais', pour les mettre à leur aise, on vient de faire la coutume de Paris en vers. C'est ainsi qu'autrefois la prêtresse de Delphes rendait ses oracles. — Les mesures sont aussi différentes que les coutumes; de sorte que, ce qui est vrai dans le faubourg de Montmartre, devient faux dans l'abbaye de Saint-Denis. Dieu ait pitié de nous! »
Voltaire, ce philosophe incrédule qui croyait en Dieu , ce matérialiste à tous crins qui conservait avec les Jésuites un commerce de lettres — nous le prouverons dans un ouvrage qui paraîtra prochainement, — ce rieur qui caressait les moindres détails de la vie. Voltaire, a une belle grâce vraiment, sa moquerie voudrait être athénienne, mais n'y réussit pas. La coutume de Paris avait vingt-six commentaires;
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or, une affirmation de cette nature se passe de commentaires ; car si Paris, le cœur du royaume, qui conserva toujours un semblant de libéralisme, en était là, réduit à mille interprétations , que devaient donc souffrir les provinces de la Marche, de Guyenne, de Languedoc, de Limousin, de Bretagne, de Normandie, etc., etc.? Est-ce que le juge ne devait pas tailler et rogner en maître absolu des volontés et des existences ? A coup sur.
Les variations du droit, qui seraient si intéressantes à étudier, nous mènent directement au formariage, à la prélibation, le Droit du Seigneur , tous usages vexatoires que la féodalité portait en elle comme le ver est au cœur du fruit, comme l'épine est à la base d'une belle rose.
Le formariage, déjà effleuré, car un livret ne peut et ne veut qu'effleurer, faisait que : « Si un pauvre serf trouvait une personne « libre, qui voulût bien unir son sort à sa ce triste destinée, il ne pouvait se marier (( sans la permission de son seigneur; et si, « au refus de celui-ci, il trouvait un prêtre
Le Droit du Seigneur i63
qui consentit, à lui donner la bénédiction nuptiale, il était susceptible d\me amende arbitraire au profit du seigneur. — Dans le cas où ledit seigneur était consentant au mariage, il avait le droit DE cuissAGE, et héritait des deux parties contractantes, si de leur union n'était pas résulté d'enfants mâles. — Quoiqu'en 1771, Henriquez regardât ce droit comme aboli, néanmoins il fut exercé jusqu'en 1789 dans le pays de Verdun. »
(Dictionnaire féodal, 1820).
Les bons pères, — Henriquez et autres, le nom ne fait rien à la chose, — ne se trompaient que de dix-huit années ; à cela près, leur histoire est vraie. O savantes théories scolastiques, que d'erreurs propagées sous votre influence !
A côté des contradictions mises au jour sans parti pris autre que celui d'élucider un point d'histoire, viennent se placer les fautes, les obscurités du moyen-âge. L'intolérance est fille de l'ignorance. Une intelligence largement cultivée a du sens
moral, elle a un guide dans la vie, la conscience fait contre-poids, elle assure l'tiarmonie psychologique; — mais chez les féodaux rien de pareil. Ecoutez, et vous vous rangerez à notre manière de voir.
L'excellente Histoire générale de Picardie*, si exacte, d'une si grande sincérité de libéralisme, nous rapporte quelques usages, qui jettent une vive clarté sur les inconséquences féodales. — ce Le maire Bargny déclara « en 1530 qu'il y avait autrefois dans sa c( juridiction une pierre près d'un noyer, « où les procès étaient portés par appel ce devant ses prédécesseurs. On sçait que « Saint-Louis avait souvent administré la c Justice assis auprès d'un orme. C'est en- « core l'usage, dans quelques hordes sau-
• Notre providence ordinaire nous a valu cette histoire; si la modestie de notre ami, — voudrat-il nous passer cette expression ? — n'était pas en rapport av^ec son mérite, c'est-à-*dire sans bornes, nous imprimerions son nom, mais ce serait blesser une honorable susceptibilité. Notre ami est fort attaché aux bons livres, il en a beaucoup; son bonheur est de les prêter. Qu'il nous permette de le remercier, en l'assurant de notre profonde reconnaissance.
Le Droit du Seigneur i65
« vages de l'Afrique, que le juge établisse (( son Tribunal dans une hutte de paille, « à l'ombre d'un palmier. Mais l'obscurité a du feuillage ne servoit point alors à pro- « téger les détours de la chicane. C'est sur « le modèle de ces cours de Justice que (( s'étoient formées sans doute ces Cours « Amoureuses, si nombreuses dans la Picarii die, où la galanterie assignoit tant de « témoins, où l'Avocat-Général des Dames « était chargé de défendre l'Empire des « grâces et de la beauté, de donner ses « conclusions contre quiconque aurait été « assez téméraire, assez mal avisé pour ne « pas les respecter.
« On sent aisément combien de pareils « Tribunaux dévoient fortifier le goût de « la Nation pour la galanterie. Aussi ja- « mais en même tems, la Chevalerie, cette « espèce de délire de l'amour et du courage, « n'avoit été plus en honneur. On ne pou- « voit bien prouver son ardeur qu'en « arrosant de ses larmes la main de sa « maîtresse. Il falloit combattre, vaincre, « s'exposer à tous les périls, et s'en tirer
: lieureusement. Il y avoit des marques : distinctives destinées à annoncer au pu- : blic qu'on étoit ravi des charmes d'une : jeune personne, et qu'on étoit prêt à se : battre dans l'excès de l'amour dont on : étoit embrasé. — On vit dans la Picardie : un Michel Orris, gentilhomme Arrago- : nois, paré d'un tronçon de grêne à la jambe, c'est-à-dire d'une partie de la chaussure de fer que portoient ceux qui s'armoient de toutes pièces, pour le vœu qu'il avoit fait à sa damoiselle de combattre pour elle, on le vit, dis-je, envoyer son Ecuyer à Calais, faire un défi de Chevalerie, afin d'engager quelques chevaliers Anglois à passer la mer. Un chevalier faisoit souvent ainsi à sa maîtresse des vœux plus ridicules encore. Agricole à la belle Barbe voua à la sienne que pour tout habit il ne porteroit que sa chemise et pour casque sa Cornette, jusqu'à ce qu'il eût abattu dix Chevaliers qu'il enverroit prisonniers à sa dame.
« Les deux champions de Calais de- I «voient s'engager à combattre à pieds,
Le Droit du Seig.neur 167
« armés chacun à sa fantaisie, mais portant (( tous deux un poignard, une épée et une « hache dont ils dévoient se frapper suca cessivement de dix coups. Ils dévoient « ensuite monter à cheval, pour faire vingt « Joutes avec la lance. Cependant ce com- « bat n'eut pas lieu, on ignore la raison « qui le fit manquer. On voit que ces défis « dévoient être très dangereux, et qu'un « chevalier, pour se rassasier des charmes c( de la vie dans les bras de sa maîtresse, « avoit à affronter souvent les horreurs de « la mort. »
Nous déplorons les conséquences, visibles dès maintenant, de certaines doctrines de matérialisme et d'athéisme ; le vent qui souffle de ce côté produira des orages, les signes précurseurs ne manquent pas; — mais il faut avouer que les âges de robuste foi eurent un étrange mysticisme et des pratiques non moins étranges, que nos savants docteurs aliénistes traiteraient dans une maison de santé. Que d'obscurités ! Et comment se guider au milieu de ces commentaires à l'infini sur les Coutumes locales
i68 Le Droit du Seigneur
et de ces commentaires aussi nombreux, aussi divergents, sur les doctrines de foi ? La lumière manquait aux âmes et aux intelligences. Il eût fallu qu'un Verbe éloquent ramenât la clarté dans la doctrine, l'amour vrai dans les cœurs, la divine charité dans la vie, le pardon, le dévouement, le sentiment des responsabilités dans les consciences ; alors seulement la féodalité eût compris la condition misérable de la femme serve; et, puisqu'elle poussait l'amour de la dame jusqu'à la folie de l'amour, elle eût pu mettre dans sa conduite l'esprit de logique, l'esprit de miséricorde, les vertus sociales en dehors desquelles il n'y a pour les individus comme pour les nations que troubles, dominations violentes, misères longues et profondes.
Ces affreuses misères, est-ce que la serve ne les connut pas ? Les défis de chevaliers en faveur de leurs dames viennent encore appuyer nos affirmations ; cette erreur, venant se joindre aux preuves de la prélibation, donne à la féodaUté son véritable caractère, qui fut l'oppression, et.
chose plus grave, l'oubli des égards dûs à la femme dans la société, dans le mariage, dans la famille.
Les étonnantes obscurités d'alors se reflètent dans la chiromancie, une science que l'on tenait pour certaine.
V Histoire de Picardie, page 306 et suivantes, est curieuse à lire, « Si après avoir (( considéré quel était l'état des Sciences (( et ceux qui spécialement s'y distinguèrent (( dans la Picardie, au seizième siècle, nous c( voulons examiner aussi quels en étaient « les usages, nous verrons qu'on n'entenc( dit, en effet, pendant longtemps que des « accusations de maléfice, de magie, de « nécromancie ou de chiromancie. Noiis « avons surpassé en stupidité les sauvages « du Nord et de l'Aifrique par l'appareil « scientifique que nous avons mis à toutes c ces stupidités. Nous voyons aujourd'hui (( quelquefois ces femmes vagabondes de « la Bohême qui courent les villes, jouant « des castagnettes et vendant du baume, ce « vil ramas d'une populace qui prétend « encore être initiée aux secrets de la na-
lyo Le Droit du Seigneur
G ture, — nous voyons, dis-je, ces Bohé- 0 miens prédire encore dans les villages, cf et même dans nos cachots, comme les cf anciens oracles dans leurs grottes, la c( bonne avanture à ceux qui viennent les « consulter. Mais cet art absurde de lire dans « les mains les enchaînements de la desti- (( née, et les desseins de l'Etre-Suprême c( étoit surtout en vogue au commencement « du seizième siècle. Voici comme on rai- (( sonnoit. Dieu et la nature ne font rien c( en vain. Nous avons des traces et des c( lignes marquées dans les mains, dont a elles sont destinées à nous servir d*ins- « truction. Après cela on vous citoit Job (( et César, comme deux fameux chiroman- (( ciens. On voyoit dans les mains très c( distinctement sept lignes qui répondoient c( aux sept planettes, sans oublier la voie c( lactée qu'on y apperçevoit aussi. Selon c( que chacune de ces lignes qu'on nom- « moit Vénus ou Saturne étoit plus ou c( moins formée, on devoit être ou plus « amoureux ou plus triste, plus heureux tt avec des maîtresses, ou plus exposé à des
ce événements fâcheux, car Vénus étoit la « mère des amours, et Saturne, que ses « fils avoient chassé du trône sur le déclin c( de ses jours, était triste et mélancoc( lique.
a On admire combien les principes de « ces sciences étoient lumineux et certains. c( Ce qu'il y a de déplorable n'est peut-être (( pas qu'on ait prétendu faire des sciences ce positives de ces sottises, mais c'est qu'on » ait brûlé comme sorciers les insensés qui « les enseignoient*; c'est que le Parlement « ait encore livré aux flammes comme sorte cière la Maréchale d'Ancre, parce qu'elle a portoit àQsAgnus Dei qu'on prit pour des c( talismans.
« Cet esprit de crédulité étoit si grand « dans la nation, qu'on attribuoit à ces « sortes de talismans et à leur puissance
* L'auteur de 1770 est partisan d'une tolérance entrée aujourd'hui dans nos mœurs; les mœurs feront passer cette tolérance dans la politique, ses bienfaits seront alors très grands. Nous applaudissons de tout cœur aux réserves faites par l'écrivain du xviiie siècle, car la tolérance avait encore besoin de prédicateurs en 1770,
(( tous les maux dont on avoit à se plaindre. « Des fièvres chaudes attaquent les liabi- (f tants d'Abbeville et d'Amiens; — aussi « les Officiers Municipaux de ces deux c( villes font des recherches dans toutes les « rues, dans toutes les maisons pour en « découvrir les auteurs. »
L'obscurité que nous signalons était devenue profonde; — mais l'exemple de Jehanne de Harvillers va nous donner la clef, la mesure exacte des superstitions du passé.
Notre auteur poursuit : « Une femme c( qu'on nommoit Jehanne de Harvillers c( dans le Valois, fut surtout renommée (c dans la Picardie par la force de ses malé- « fices. Il passoit pour constant que sa (( mère l'avoit vouée au diable dès sa plus (( tendre jeunesse ; que cette jeune fille lui « avoit été prostituée dès l'âge de douze « ans; que le diable lui avoit apparu sous « la figure d'un grand homme noir, les (( bottes aux jambes, les éperons aux pieds, <k comme prêt à monter à cheval, et qu'il « arrivoit tous les jours dans cet équipage
Le Droit du Seigneur lyS
« pour coucher avec Jehanne de Harvillers. « Il lui enseignoit alors des recettes de (( graines apprêtées de quatre couleurs et « des poudres pour faire périr des hommes, c( nouer les éguillettes des nouveaux ma- « ries, au grand préjudice des races fu- « tures.
« Cependant Jehanne de Harvillers avoit « épousé un habitant du Laonnois qui ignoc( roit ses prostitutions avec le diable, et « qui les ignora toujours quoiqu'elle les « eût continuées, tant les démons sont « habiles à déshonorer secretîement la cou- « che des maris; mais un jour, Jehanne de « Harvillers voulut faire usage de ses pouce dres dans un village dépendant du Bail- « lage de Senlis. Elle fut aperçue, et le « Bailly la fit arrêter. On instruisit son « procès; elle avoua toute son intrigue « amoureuse avec le diable. La mère fut « donc condamnée au feu et la fille au « fouet. Toute la puissance de ce diable « familier ne put les sauver l'un et l'autre « du supplice qu'ils subirent sur la place « pubUque de Senlis. Le Parlement de Paris
« avoit confirmé la sentence du Bailliage. (( Maintenant , posons le fait qu'une (( femme de nos jours poussât la prévenc( tion et l'illusion sur elle-même au point « de s'accuser et d'avouer de pareilles ab- « surdités, on croiroit sans doute qu'un (( homme peut être botté, vêtu de noir, (c d'une grande taille et coucher avec une « fille tous les soirs sans être le diable; si « cette femme s'obstinoit à soutenir que cet « homme étoit le diable en personne, on « plaindroit son égarement : on ne la brûu leroit point pour cela *. On regarderoit « tout au plus des malheureux de cette c( espèce comme des imposteurs, et on les c( puniroit comme tels, ainsi que vient de « le faire de nos jours le Conseil Province cial d'Artois , dans une province où la
* On ne la brûleroit point pour cela, dit notre historien Picard. Fort bien; nous sentons à merveille une morale tolérante, une appréciation large, haute et philosophique, — mais notre sublime Jehanne d'Arc, la libératrice du territoire de son temps, ne fut-elle pas poursuivie comme sorcière ? Ne crut-on pas qu'elle avait des relations avec les malins esprits? — La tolérance est la première vertu de la civilisation moderne.
c( magie fut peut-être plus en crédit et plus c( longtemps que dans toutes les autres (( contrées du Royaulme, et l'esprit philo- (( sophique a du moins produit dans ce (f siècle ce grand bien. »
Nos pères avaient lu Rabelais ; les farces abondaient dans les villes et provinces. Jehanne de Harvillers crut que le diable l'honorait de ses faveurs ; nous inclinons à penser, nous, enfant d'un siècle d'analyse et de logique , qu'un Lovelace de manoir, un don Juan quelconque, jouèrent le premier rôle dans cette lubrique aventure. Aujourd'hui, les cours d'assises connaîtraient d'une semblable affaire ; le diable, inculpé de viol, serait condamné aux travaux forcés. — N'avions-nous pas raison d'avancer que les obscurités féodales furent surtout nuisibles à la femme ; Jehanne de Harvillers avait la particule, c'était une noble damoiselle. Ah dame ! le diable est un personnage difficile, surtout le diable d'autrefois.
Un mot encore, et nous remercierons notre coutumier : « J'éviteroi soigneuse-
; ment de m' appesantir sur le détail de : tous les sorciers qui furent livrés aux : bûchers, dans les contrées de la Picar- : die, pendant le seizième et dix-septième ; siècles. Je pourrois entre autres citer : dans Boissons l'exemple frappant et ; bien connu dans le pays d'un Curé qui : baptisa un crapaud, d'une femme qui : prétendit se servir de ce crapaud pour donner la mort à un fermier, contre lequel le Curé venoit de perdre un procès. Cette femme, saisie en effet au moment où elle alloit placer son prétendu sortilège sous la table d'un campagnard, fut brûlée vive *. Mais tant de méprises, tant d'horreurs révoltent trop l'humanité et déshonorent l'esprit humain.
* Être brûlée vive pour avoir mis un crapaud sous une table, c'est roide. La pensée elle-même participait aux exécutions. Les livres étaient brûlés par la main du bourreau et les auteurs roués en place de Grève. On croit faire un mauvais rêve. L'horizon de la pensée s'est agrandi; le livre n'est plus le justiciable du bourreau ; — l'opinion publique a remplacé le système inquisitorial.
« Ce qui favorisoit le plus alors des « illusions aussi grossières que celles que « nous venons de rapporter, étoient ces « spectacles qu'on nommoit les petites ou « grandes diableries à deux ou à quatre (c personnages, d'où est venu l'expression « proverbiale défaire le diable à quatre. On « y voyoit des figures hideuses pousser « des hurlements terribles, jetter des flam- « mes par la bouche, secouer avec fureur ce des torches allumées. La multitude à qui (( ces spectacles plaisoient infiniment, les « imita bientôt dans les champs, au milieu « des bois. Les habitants des campagnes « s'y rendoient dans l'obscurité de la nuit, « pour se délasser de leurs travaux et s'y « livrèrent insensiblement aux dérègle- « ments de l'imagination la plus égarée, « aux vices les plus infâmes, aux outrages « les plus cruels qu'on puisse faire à la « nature. Cette multitude apportoit avec « elle des balais. De là on nommoit dans « le Valois ceux qui se rendoient à ces « sabbats des Chevaiicheurs de Démons. De (c là peut-être aussi dit-on proverbiale-
lyS Le Droit du Seigneur
« ment d'un homme connu par ses dé- « bauches quil a rôti le balai. Un signe ^( de croix suffisoit seul pour disperser « cette populace au plus fort de son illu- « sion. Elle croyoit alors voir le ciel triom- « phant des diables les livrer à toute la (( sévérité des Lois.
« Cet esprit d'ignorance, de supersti- « tion, de débauche, s'étoit introduit jusce ques dans la Religion, dans le seizième « siècle. On attachoit de l'importance aux « choses les plus indifférentes, et les pra- « tiques les plus bizarres dans la dévotion, « comme dans l'astrologie judiciaire, (( eurent leur influence nécessaire. Ainsi « un Picard n'eût osé voyager dans l'été « et dans les saisons orageuses sans porter « sur lui des charbons ou des cendres « du feu éteint la veille de la Saint- « Jean. »
La prélibation passa dans les mœurs féodales comme nous y voyons passer les pratiques astrologiques et chiromanciennes, les petites, moyennes et grandes diableries, tout l'attirail des obscurités, toute la
mise en scène des corruptions de l'intelligence. Nous irons même plus loin. La prélibation ne fut possible, ne fut acceptable, ne put se transformer plus tard en redevances qu'à l'aide des obscurités savamment étalagées par les seigneurs ; non-seulement l'erreur fut propagée, mais érigée en dogme ; il fallait y croire comme à son Tater ; ce ne fut qu'au xviii^ siècle, et dans la dernière partie, que l'échafaudage féodal chancela sur ses bases. Le Droit du Seigneur put naître, vivre, se propager et se perpétuer, grâce aux contradictions violentes, grâce aux interventions diaboliques, grâce à l'absence d'éducation rationnelle de l'intelligence. La culture de l'âme resta dans le néant. Les plus absurdes hypothèses tinrent Heu de science. L'amour du prochain resta à l'état de dogme ; — ce dogme , le moyen-âge le laissa à l'état de lettre morte.
Ainsi appuyée, la démonstration de la prélibation ne doit rien à Va priori ; elle est concluante, claire, simple comme une loi naturelle, évidente comme une loi pro-
i8o Le Droit du Seigneur
mulguée, visible comme le jour, elle s'impose comme une valeur mathématique. — On ne peut que nier la prélibation; on ne peut pas argumenter sans se couvrir de ridicule.
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'Bl'BLIOGXATHIE T)U T)%OIT 'DU SEIG'XJBUll
La bibliographie est entrée dans nos mœurs littéraires ; les hommes consciencieux et savants qui ont fait cette heureuse révolution, scrutent le passé, étudient le présent, préparent l'avenir ; — une bibliographie complète est un flambeau, car avec de tels éléments d'études, de confrontations, de recherches, l'erreur devient impossible. Toutes les écoles, les genres, les personnaUtés, les originaux, les fureteurs, les collectionneurs, les incompris, les audacieux, ont ainsi à leur disposition, dans un cadre
Le Droit du Seigneur i8i
restreint, le dernier mot de la science littéraire sur une matière, sur un sujet, sur une question ; chacun y puise, le réaliste et le fantaisiste, l'humoriste et l'attique, le prud'hommesque et le rabelaisien, l'absolutiste et l'éclectique, le romantique et le classique, le naturaliste et le parnassien, l'impressionniste, le coloriste et le dessinateur, l'homme du monde et le savant, — c'est un vaste champ ouvert à l'activité des intelligences, c'est la synthèse expérimentale mise à la disposition de la critique.
Le Droit du Seigmur, curiosité historique, devait avoir sa bibliographie; nous l'avons recherchée aussi exactement qu'il nous a été possible de le faire, — et la voici :
Le Droit du Seigneur j un acte, par L. de Boissy, joué à l'Opéra-Comique, 28 juin
Le Droit du Seigneur, comédie en cinq actes, en vers de dix syllabes, de Voltaire, représentée à Paris le 18 janvier 1762, sous un autre titre, VEcueil du Sage. Le manuscrit se trouve à Saint-Pétersbourg; cette
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comédie^ reprise en 1779, fit un superbe fiasco. Voir Archives des Missions scientifiques. Paris, 1853 ; Deshays, in-8°, p.
Quand on est riche comme Voltaire, on peut assister le sourire aux lèvres à la chute d'une pièce ; tout le monde n*a point la ténacité des écrivains qui mettent des années à commettre une mauvaise plaquette.
Le Droit du Seigmur, opéra-comique en trois actes, de Fauquet-Deshayes, musique de Martini et Laval, joué à Paris le 17 octobre 1783. Imprimé à Paris, 1784; Ballart, in-8°.
Le Mariage de Figaro, ou la Folle Journée, comédie, cinq actes et en prose, par Caron de Beaumarchais, représentée le 27 avril 1784. Les éditions de cette pièce célèbre ne se comptent plus, et nous ne pouvons céder à la trop facile érudition de les énumérer toutes ; ce serait à la fois pédantesque et fastidieux. Le personnage du Cotnte Almaviva rend bien les mœurs seigneuriales d'avant la Révolution.
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Un poème italien intitulé : // fodero o sia, etc. Paris, 1788; Molini, in-8° de 243 pages, par Sincère Kastelli, tué à Lyon aux mitraillades de 1793 .
Le Droit de Jambage, traduit de l'italien Giulo Colombo. Paris, 1790, in-8°.
Le Vasselage, ou Droit des anciens seigneurs sur les nouvelles épouses , poème satirique et comique. Paris, 1791, in-12.
Le nouveau Seigneur du village, opéra-comique, du baron Creuzé de Lesser et baron François Roger, musique de Boïeldieu.
Paris, 181 5 ; Barba, in-8°.
Le Droit du Seigneur, etc., etc., et un grand nombre d'anecdotes sur le droit de cuissage et sur les variétés de ce privilège, par Collin de Plancy. Paris, 1820; Grandin, in-12. Infiniment rare.
Ahelina, nouvelle historique du xviii^ siècle, etc., etc., par Collin de Planc}^, chez le même éditeur que le précédent ouvrage. Le savant et judicieux Quérard estime que VAheïina n'est autre chose que le Droit du Seigneur. Rare.
Les Noces de Merluchet, vaudeville en
trois actes, par Delacour et Jaime, représenté aux Variétés le 3 juillet 1854.
Beaumont et Fletcher, poètes anglais, ont également traité, sous forme de comédie, le Droit du Seigneur.
Louis Veuillot, rédacteur en chef du journal V Univers, Le Droit du Seigneur au nioyen-âge. Paris, 1854; Louis Vives, in-12 de 467 pages. On annonce une seconde édition chez Palraer, l'éditeur des BoUandistes.
Bouthors, Les Coutumes locales du Baillage d'Amiens.
Voyez aussi Fléchier, sur les grands jours d'Auvergne, et la note rédigée en 1856 par M. Chéruel, note dans laquelle le droit de noc&s est attribué aux ecclésiastiques, avec cette réser\'e, — étrange sous la plume d'un savant, — que ces « abus odieux ce ne constituèrent jamais un droit. 0
Victor Vallein. Saintes, 1855 ; Lacroix, in-8° de 297 pages.
Gustave Bascle de Lagrê^e, Essai sur le Droit du Seigneur. Paris, 1855, in-8° de 33 P^S^s.
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Léopold Delisle, Etudes sur la condition, etc., etc. Evreux, 185 1; Hérissey, in-8°, p. 69.
Voir dans la Bibliothèque historique, t. V, p. 288, la citation de la charte de Crèvecœur-en-Aulge ; nous avons donné cette curieuse pièce légalisée en 1770 ; il en existe une copie auxArchives, section T, 144, n° 8.
De Cour son, Histoire des peuples bretons. Paris, 1846, in-8°.
John Ander son ^ Enquiry into the origin of the marcheta muherum; etc., etc.
Edimbourg, t. III, p. 56 a 74.
Skœneus, Regiam magestatem, I. 4, c. 31.
Bœthis, Scotorum historié. Paris, 1575, in-folio.
/.-/. Raëpsaet , Œuvres complètes, t. I, p. 211.
G. Buchanam, Rerum Scoticorum historic-e. Edimbourg, 171 5, m-i°, p. 59 et 117. On sait que l'illustre Georges Buchanam vint à Bordeaux en 1539 et professa au collège de Guyenne, dont la réputation
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était si grande qu'elle éclipsa la glorieuse Université de Paris.
Le fameux jésuite Dan. Papebrock, Acta sanctorum aprilis, t. III, p. 822.
Ducange, Glossarium, verbo Culagium.
Gérard VanlooUj Holl. Thiend. R. D., i, page 142, cité par J.-J. Raëpsaet.
Mitierm, Princip. juris. germ. , p. 93, not. 18.
Besold, Thésaurus pract.
Schotîel, De juris quibusdam singular.
german.
Hcrrnann, De cens, 1. 3, c. 3, n°38.
/.-T. Lîidwig, Opuscula miscella, 1720, in-f% t. I, page 1107.
G. Keysler, Antiquitates select^e septentrionales. Hanover^, 1720, in-8°, note 64, page 484 : De jure ciinnagii et marche! a.
Laurière, Glossaire du droit, t. I, p. 307.
Saint-FûiXj Essais historiques sur Paris, 1762, in-i2, t. II, p. 172.
A. Pericaiidj Notice sur Guillaume de Thurey. Lyon, 1856, in-8°, p. 9.
Camille Borello donne au droit possédé par les chanoines de Lyon le sens de jus
ciinnam. Voir Camillo Borello, Consiliorum sive, etc., etc. Venetiis, 1598; J. Guertius, n° 150, f° 6, col. 2.
Nicolas Henel, Otium vratistavierxse, etc. Jenas, 1657, in-8°, p. 399, traduit ip^r jtis cunnagii, le jus coxce locandce et le jus coxœ. luxandce, et rétablit ainsi un passage de R. Chopin, singulièrement dénaturé.
Martini Kempsi, Opus polyhistoricum, etc. Francfort, 1686, in-4°.
De Bar, Babioles littéraires et critiques en prose et en vers. Hambourg, 1763, in-8°, t. V, p. 98.
Sim. d'Olive, 2 vol. Œuvres. Toulouse, 1639; P. Rose, in-f°, 1. 2, ch. i, p. 155.
Carpentier, Glossarium novum.
Le président Bouhier, Coutumes de Bour-
gogne.
Bourdet de Richebourg, Coutumier général, p. 122, art. 1 17 et 1 18 (t. II, p. 1201).
Papou, Arrêts notables. Paris, 1637.
L. Raynal, Histoire du Berry. Bourges, 1844, Vermeil, in-8°, t. II, p. 209.
Giiill. Benedicti, J. c, etc., etc. Lyon, 1522; Jean-Remy, in-f°, p. 452.
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Plaidoyers de plusieurs fameux Advocaî s du Parlement de Bourdeaus, 1616; G. Vernoy, in-4°, p. 137.
'Notes et Observations sur Bordeaux , Manuscrit de la ville, p. 54.
Nicolas Boyer, Decisiones, n° 297.
Beaurein, Variétés bordelaises, etc., t.III, p. 251.
Histoire de Montauban. Montauban, 1841, in-8°, t. I, p. 362.
Lebret a5^ant prétendu que le jus cumii n'était autre chose que la faculté de battre monnaie, et non ce de mener la mariée au « moustier pour le seigneur en faire à sa vota lonté, » fut vivement combattu par le baron de Crazannes. Voir Revue numismatique de 1853, t. XVni, p. 140.
Laroche-Flavin , Arrêts notables, page
Bascle de Lagrè^e^ Le Trésor de Pau, p. 70 et 156.
Masure et Hatoulet, Fors de Béarn. Pau, 1842, in-8°, p. 172.
Chomel, Nuits parisiennes, 1769, in-8°, t. I, p. 222.
Jouyneati ' Desîoges j Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. I, p.
Henri Martin, Histoire de France, t. V,
Lamarque de Plaisance, Usages et chansons. Bordeaux, 1845; Balarac , in-8°, p. 43.
/. Renoîilefon, Traité historique et pratique des droits seigneuriaux. Paris, 1765 ; Knapen, in-4°, p. 450.
IBoutaric, Traité des droits seigneuriaux. Toulouse, 1775, in-4°, p, 650, 654.
Fattl de P... et Regnanlt V/arin, Dictionnaire de l'ancien régime. Paris, 1818, in-8°.
Collin de Flancy , Dictionnaire féodal,
Grive! , Chroniques du Livradais. Ambert, 1852; Grangier, in-8°, p. 201 et
Duclos , Mémoires sur les règnes de
Louis XIV, la Régence et Louis XV.
Voltaire, Essai sur les mœurs et Edition de Beaumarchais, t. XXDC, p. 467.
igo Le Droit du Seigneur
DecormiSj Recueil de consultations. Paris, 1735.
/.-P. FonfaneJJa , Tractatus de pactis nuptialibus, clausula V, pars i, n° 47.
Consulter une polémique aussi brillante qu'énergique entre les journaux le Siècle et V Univers, à propos de ce droit féodal; — la victoire couronna les nobles efforts de la vaillante feuille de l'opposition (1857).
La Féodalité, ou les Droits du Seigneur, 2 vol. grand in-8°, par Ch. Fellens, rédacteur de la Tribune. Voir dans ce livre, où l'action dramatisée emprunte les couleurs du roman historique, les pages 299-341.
Augustin Thierry, Dulaure, Peignot, Lavallée, Chateaubriand, Marchangy, de Pastoret. Ménage, le Rapport de Dupin à l'Institut, ^oyer, Montaigne, Montesquieu, Charles Dumoulin, Michelet, Littré, etc.
Réponse d'un Campagnard à un T^arisien, ou réfutation du livre de M. Veuillot sur h Droit du Seigneur, par Jules Delpit. Paris, J.-Œ. T)umoulin, 18 jj. Nous avons caractérisé l'œuvre de M. J. Delpit dans notre livre ; voir pages 30 et 31.
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Les Nuits d'épreuve, etc.;, etc. Bruxelles, Gay et Daugé, éditeurs, 1877; tiré à 500 exemplaires. Cet ouvrage est fort curieux, il ne saurait être trop recommandé aux savants, aux amateurs et aux bibliophiles. — On le voit, les autorités ne manquent pas. L'histoire est confirmée par l'éloquence, la science et la conviction.
Peu de matières ont subi le feu des controverses avec une violence, une fréquence aussi grandes que le Droit du Seigneur; à toutes les époques, sous la plume des hommes les plus illustres, sous la parole des orateurs, les partis ont engagé la lutte sur la question de ce droit, qui serait, selon une définition spirituelle, le droit d'avoir des enfants dont on n'est pas le père.
Les bibliophiles verront à merveille l'impossibilité absolue où se trouve l'écrivain de se procurer les journaux, les brochures, les discours, les lettres rendues publiques, les tournois d'éloquence au champ souvent restreint, les commentaires, etc., etc., etc.; — la bibliographie est une science qui tend à devenir exacte; nous en félicitons vive-
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ment ses savants défenseurs, et nous serions heureux si, après des travaux plus importants, notre nom était inscrit dans la colonne des ouvriers de la dernière heure. C'est là une ambition que Ton peut mettre en avant avec les raisons qui militent en faveur d'une bibliographie sans doute incomplète.
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