‹ Le droit du seigneurChapitre 16 sur 26 · LES RUELLES · texte numérisé non relu

LES RUELLES

DU

XVIIP SIÈCLE

LEOU^ rOE LQ^rBE s So^rOE

Préface par Alexandre Dumas fils

de l'Académie française

Eaux-Fortes par Mongin

Couvertures et titres, nombreux fleurons, lettres et culs de lampe, gravés sur des documents de l'époque.

Les eaux-fortes imprimées par A. Salmon

Deux magnifiques volumes in-8° couronne, de 35o pages chacun, couverture et titre ornés, imprimés en rouge et noir, et tirés avec grand luxe par Bluzet-Guinier.

Imprimés à 600 exemplaires tous numérotés

500 exemplaires sur papier vergé de Hollande à la forme. 20 fr. 50 — — Whatman Turkey-Mill .... 40

20 — — de couleurs 40

ij — — de Chine véritable 50

12 — — du Japon 7>

5 — sur peau de velin , 150

Les deux eaux-fortes, dues à la pointe d'un artiste délicat, plein de talent et d'avenir, qui sait unir la science à Tinspiration, représenteront les

amoureuses et les parleuses du xviiie siècle; elles seront tirées par M. Salmon, c'est tout dire au point de vue de la netteté et du fini ; les exemplaires de luxe auront trois états avant la lettre, en noir, sanguine et bistre.

Le xviiie siècle est aujourd'hui en pleine renaissance ; ses poètes, ses conteurs, son théâtre, ses charmantes parleuses, leurs malices cruelles et spirituelles colportées de la ville à la Cour et de la Cour à la ville, — ses nouvelles à la main, les mille indiscrétions d'une société blasée, composée d'élégants, de viveurs et de sceptiques, — ces bruits de paroles étouffées, ces rumeurs de baisers que l'on dérobe, le rouge, la poudre et les mouches de cette époque, — les sottisiers, les libellistes français et anglais, les gazetiers hollandais, Mercures, Ànas, auteurs aristocratiques, pièces satiriques et burlesques, Ruellistes de Cour, sociétés galantes, cabinets d'esprits, bulletinistes et feuilles volantes, salons littéraires, nouvellistes, fugues de tout genre, — voilà nos Ruelles.

Un ouvrage de cette nature ne s'analyse pas; il faut le lire, "car il s'adresse aux savants, aux amateurs, aux bibliophiles, aux gens du monde, aux femmes surtout, car nulle époque ne fut plus élégante et n'eût autant de politesse, autant de raffinement dans le langage et dans les manières. Les seigneurs de la Cour savaient reproduire admirablement le dandysme si français, si aisé, noble et familier, du duc' de Richelieu, l'allure piquante, talon-rouge et fière de Lauzun, la grâce aristocratique, le grand air d'excellente compagnie d'un Rohan. — le tout rehaussé par la belle humeur d'un siècle qui souriait avant de mourir, par ces adorables taquineries du geste et de la phrase, ces critiques enjouées et cependant à l'emporte-pièce, ces vives saillies, marquées au coin d'une duchesse originale ou d'une vindicative épistolière. Rires et baisers, esprit et grâce, ne reconnait-on pas là les dieux peu vêtus du xviii^ siècle ?

L'auteur, voulant marquer le caractère de son œuvre, s'exprime ainsi : « Les friands morceaux, « les méchancetés rimées , les curieuses révéla- « tions, cyniques plus d'une fois, toujours sans « retenue, les vengeances de femme contenues dans « un quatrain, dans un sixain, dans une réponse,

« une lettre, un geste^ un mot, abonderont dans « notre livre, qui comblera — nous le souhaite- < rions du moins — une regrettable lacune dans «.< l'histoire littéraire et anecdotique du siècle qui « vit s'épanouir la Régence, qui assista aux fêtes, « aux triomphes, aux dominations, aux caprices « des Reines de la main gauche. L'amour resta la « préoccupation du temps, son désir, sa constante « pensée, sa passion profonde, son désespoir et sa « folie. Le xviiie siècle aima la femme jusqu'à la « démence, jusqu'à Toubli du devoir.

« Ce caractère fin, acerbe, persifleur, avec le « mordant du sel gaulois, quelque chose comme « le slang' des Anglais transplanté en France, in- « fusé dans notre langue romane, de parler si « léger et d'allure parfois si narquoise, ces échap- « pées de belle humeur, ces joyeusetés à tout rom- « pre, ces malices féminines passant sans le couvert « d'un rire qu'on a peine à contenir, — tout cela « formera le caractère de notre livre et peut-être « son attraction.

« S'il faut, comme Ta dit Delvau, moucher un « mot morveux, nous ne reculerons pas devant « cette opération; cette œuvre délicate accomplie, « nous tâcherons de conserver à la phrase le par- « fum adouci du mot trop haut en couleur.^

« L'histoire en robe de chambre, voilà nos « Ruelles; aussi, sans perdre leurs sourires, leurs « saillies prov^ocantes, leur folle gaîté, auront-elles « un rapide regard, une école buissonnière, une « promenade nonchalante, qui leur perrnettront « de toucher çà et là aux réalités de l'histoire; « — mais que l'on se rassure, elles n'y toucheront « qu'avec les ailes de la fantaisie, la bonne et douce « humeur d'une âme remplie d'optimisme.

K Nos Ruelles riront, elles riront gorge déployée ; « le rire est sain, il est contagieux, cette joye de « l'esprit en marque la force, un mot bien vrai du « xviie siècle; — le rire est un fruit délicieux du « terroir français. Les Anglais ont leur humour; « c'est une pointe bien différente de notre rire. « Donc, si on le permet, nos Ruelles, sans cesser « d'observer, de chercher, de fouiller, d'exhumer, « riront et jaseront à leur ordinaire. Rire et jaser, « deux excellents défauts, qui valent bien d'autres « qualités. »

25o LIBRAIRIE EDOUARD ROUVEYRE

Voici le titre des vingt-cinq chapitres qui formeront les deux volumes :

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