‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 12 sur 244 · DES LOIS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES LOIS EN GÉNÉRAL

Le monde est régi par des lois. Le fruit qui se détache de l'arbre tombe en vertu de la loi de la pesanteur. Il se précipite vers la terre avec une vitesse qui va en augmentant suivant une progression qu'on a calculée. Un corps plongé dans un liquide perd de son poids, le poids du volume de ce liquide qu'il déplace, d'où il résulte qu'il surnage, se tient en équilibre ou va au fond, suivant que sa densité est infé« rieure, égale ou supérieure k celle du liquide. C'est encore la pesanteur qui fait glisser les corps sur un plan incliné et, par suite, couler les fleuves vers la mer. C'est en vertu des lois combinées de la chaleur et de la pesanteur que l'eau des fleuves et des mers est soulevée en vapeur dans l'atmo-sphère, condensée en pluie et répandue sur nos campagnes pour les fertiliser. Les corps se combinent entre eux , d'après certaines lois pour former les différentes substances que nous rencontrons dans la nature. Les êtres organisés, les végétaux et les animaux obéissent k des lois, en vertu desquelles ils naissent, se développent, se reproduisent et meurent.

C'est de l'accomplissement de ces lois qne résulte l'ordre que nous admirons dans l'univers. C'est sur la permanence

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de ces lois qu*est fondée Tindustrie humaine qui les met k profit pour ragriculture , la navigation , la construction des machines. On parle quelquefois de perturbations dans les lois de la nature *, mais ces perturbations obéissent ellesmêmes a des lois-, seulement il y a deâ lois que nous ignorons.

Le monde moral a aussi ses lois , mais elles ont un caractère spécial.

L'homme, en tant qu'animal , être organisé , est soumis aux lois physiques et chimiques qui régissent les corps organisés -, mais , unie à ce corps par des liens mystérieux , il a une âme intelligente et libre. A ce point de vue, l'homme a aussi ses lois , c'est-k-dire qu'il est créé pour tendre k une fin, k un résultat déterminé. Quels sont ce but, cette fin? Le bonheur par la connaissance et la pratique du vrai , du bien, du beau. Le vrai consiste dans une notion des choses conforme a la réalité^ le bien, c'est le vrai dans l'ordre moral -, le beau c'est encore le vrai et le bien dans leur expression la plus élevée, dans leur splendeur, comme on Ta dit éloquemment. Tout le monde connaît assez le sens et la portée de ces paroles : Voilk qui est vrai ! Voilk qui est bien! Voilk qui est beau 1

Mais l'homme ne suit pas invariablement les lois de sa nature , comme la pierre qui tombe en vertu des lois de la pesantetir , comme l'animal que l'instinct conduit. L'homme n'est pas seulement doué d'intelligence et de raison , il est libre ^ c'est-k-dire que si moralement il doit rechercher le vrai, vouloir et pratiquer le bien, chercher le beau et s'y complaire, il peut k tout cela préférer le faux, le mal, le laid. C'est k la fois sa grandeur et sa misère qui peuvent l'élever aux plus nobles conceptions , aux plui^ sublimes pensées, ou le faire tomber au dernier degré de l'abjection.

L'ordre moral résulte donc de ce que l'homme se conforme

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