II AVANT-PROPOS
francs offerts, seraient ajoutés 2,500 francs provenant d'un concours resté sans résultat, de manière à former un prix de 4,000 francs.
De son côté, M- le ministre de Tinslrnction publique (c'était alors M. Jules Simon) écrivait à M. le secrétaire perpétuel que , désirant associer son administration à une mesure qui intéressait si directement l'instruction publique, il mettait à la disposition de T Académie une somme de 1 ,500 francs, destinée à augmenter la valeur du prix, et qui pourrait être donnée à l'auteur du travail qui viendrait au second rang.
Dans la séance du 25 mai 1872, M. Renouard, au nom des deux sections de Législation et de Morale, proposait la rédaction suivante du sujet de prix à mettre au concours : « Exposer avec la clarté nécessaire pour » être compris par tous, les règles fondamentales du » droit français ; montrer les rapports de ce droit avec » les principes de la morale et avec Futilité générale; » insister sur ce qui intéresse la fanjille , la propriété, » le travail, la foi des contrats, ainsi que sur Tobéis- » sance due aux lois et aux pouvoirs institués pour » garantir à la société et à chacun de ses membres la » sécurité et la liberté. »
Dans la séance du 1 3 juin 1 874, l'Académie a statué sur ce concours. Voici en quels termes M. le conseiller Massé en a apprécié le caractère et les résultats généraux dans le rapport qu'il a présenté au nom des sections de Législature et de morale :
(( L'appel de l'Académie a été entendu, et dix-sept » mémoires vous ont été présentés, parmi lesquels trois » sont, à des titres divers, des œuvres estimables j et si
AYANT'MtOMS. lU
)) les autres soct restés plus ou moins éloignés du but, y> que quelquies-uns. paraissent u' avoir méine pas en- » trevu, vous ne devez pas moins vous féliciter d'avoir » ouvert un coocours qui a donné naissaiice à des tra- » vaux utiles et qui font honneur à ceux qui les ont en- » trepris.
-» 11 ne faut pas d'ailleurs se dissimuler que le sujet » propesé aux coneurreihtSy tout en paraissant à la por- » tée de tous ceux qui ont fait du droit une étude parti- » culière, présentait de sérieuses dâffieultiés;. c'est ce qui » explique à la fois le grand nombre des mémoires que » vous avez reçus et le petit noMbre de cerux dignes de » fixer votre attention.
» Pour se rendre compte de ces difficultés , il suJSit » de reefaercher le but qfoe vous^ vomliezi atteindre et la H nécessité sociale à laquelle vous avez pensé qu'il était » urgemt de pourvoir^
)) Il y a des éeoL^ de droit pour ceuix qui se destir » neBt au barreau^ à lai magistratiure ou à l'adnunistra- )> tion; il y a quelques écdesi spéciales où on enseigne » la législation industrielle ou eomfiiercîale à ceux (|ui y^ se destituent an commeree ou à l'industrije. Mais il n'y yy a pas d'enseignemeat ^néral d» droit à la portée de » tout le mûode» Et il faut bien, reconnaître que, soit par » indifférence,, soit par absence de moyens d'apprendre,. )» le droit n'est guère étudié que par ceux qui y sont » obligés par leurs devoiars professionnels.
>itDe là une ignorance malheureusement trop générale » des principes sur lesquels reposer te droit positil et du y> lien qui existe entre ce droit et les principes supé^ » rieurs de^ la morale et du droit naturel. Cette igno-^