XIV PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
qui n'ont commis aucun acte d'hostilité. « Les villes et les communes rurales, dit-il, payaient souvent jadis des contributions en argent pour éviter le pillage. La guerre s'est civilisée aujourd'hui ; on n'a plus le droit de piller, et encore moins le droit de détruire sans nécessité; il ne peut donc plus être question de racheter ce prétendu droit. »Et il ajoute avec une impartialité courageuse : « On n'a pas assez respecté ces principes dans plusieurs guerres récentes, et les Prussiens ont levé sans motifs suffisants des contributions en argent dans quelques-unes des villes qu'ils' ont occupées. L'Europe actuelle n'admet plus cette façon d'agir, reste des temps
barbares. Elle blâme hautement toute violence inutile et
injuste contre les habitants paisibles du territoire ennemi1. » M. Bluntschli blâme encore une application barbare du droit ' de prendre des otages, dont les Allemands ont donné l'exemple dans la dernière guerre. Il s'agit des otages que les troupes allemandes obligeaient à monter dans les trains de chemins de fer pour assurer la sécurité des convois. « Ce mode de procéder, dit-il, est d'autant plus critiquable, quil compromet la vie de citoyens paisibles sans qu'il y ait faute de leur part et, de plus, sans procurer un sérieux accroissement de sûreté. Les fanatiques qui enlevaient les rails ou cherchaient à empêcher la circulation sur les voies ferrées tenaient peu de compte de la vie de notables qui étaient même parfois pour eux un objet de haine. Cette conduite n'est excusable qu'à titre de représailles et en cas de nécessité absolue 2. » Il s'élève aussi contre l'extension excessive qui a été donnée au principe de la responsabilité des communes dans les faits qualifiés de crimes de guerre. « Les premières
< La Guerre, livre VIII, g 654.
* La Guerre, livre VIII, g 000