PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. XIH
core réalisé qu'à demi. On n a pas cessé de croire h l'efficacité de a la guerre des haies, » et Ton n'a pas renoncé à entourer de remparts les grands foyers de la richesse nationale. Cela étant, il demeure encore impossible d'invoquer en faveur de la population civile le principe que la guerre se fait exclusivement entre les Etats, en réclamant pour les personnes et les propriétés des particuliers les bénéfices de la neutralité. On ne peut interdire aux belligérants de détruire les constructions qui les gêi\ent aux abords d'une place assiégée; on ne peut leur défendre non plus de recourir au bombardement pour hâter la reddition d'une forteresse ; on ne peut enfin les empêcher de mettre en dehors des lois de la guerre les particuliers qui y prennent part sans une commission régulière et un uniforme distinctif. Peut-être même vaut-il mieux que les lois de la guerre soient exécutées dans leur inflexible rigueur à l'égard de la population civile, pour la détourner de prendre part à des luttes où elle s'expose, sans efficacité sérieuse, aux atteintes d'un appareil de destruction devenu de plus en plus formidable. Tout ce qu'on peut faire, c'est de condamner et de dénoncer à l'opinion du monde civilisé les rigueurs, les sévices et les déprédations qui ne trouvent point leur justification dans les nécessités de la guerre. M. Bluntschli, c'est une justice qu'il faut lui rendre, n'a pas manqué a ce devoir. Il examine avec une impartialité entière les faits de ce genre qui se sont produits dans la dernière guerre, et il condamne ceux qu'il considère comme contraires au droit des gens, sans se préoccuper de la nationalité de leurs auteurs. Ainsi, par exemple, s'il admet les réquisitions en nature dans les cas d'urgente nécessité, il condamne d'une manière formelle les réquisitions en argent faites dans des villes ouvertes et