‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 13 sur 309 · XVI PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

d'un ouvrage tel que le Droit international codifié ? Nous ne devons point, hélas f nous faire d'illusion : la civilisation n'a point, autant qu'on le croyait il y a peu d'années encore, diminué les causes de guerre ; elle a plutôt contribué à les augmenter en multipliant, avec les relations de peuple à peuple, les occasions de querelles et de conflits internationaux. Or ces différends qui surgissent à chaque instant entre les Etats, par le fait des gouvernements ou des particuliers, et que la passion ou l'intérêt politique du jour manque rarement d'aggraver et d'envenimer, le meilleur moyen de les prévenir ou d'en faciliter la solution, n'est-ce pas de définir aussi exactement que possible les droits et les devoirs de chacun, soit dans la paix, soit dans la guerre ? En supposant que les Etats entre lesquels un différend s'est élevé consentent à en remettre la solution à des arbitres, au lieu de recourir au jugement primitif et barbare de la force, ces juges de paix internationaux ne doivent-ils point se guider d'après les lois, les coutumes ou les précédents du droit des gens ? Et lorsque la guerre ne peut être évitée, n'est-il pas indispensable de connaître les droits et les devoirs des belligérants et des neutres pour en assurer la stricte observation, et limiter ainsi autant que possible les ravages du plus destructeur des fléaux? En concentrant dans un cadre régulier et dans un ordre logique la substance du droit des gens, M. Bluntschli a répondu à ce double besoin, et, en attendant qu'un code international soit formulé, son livre peut, dans une large mesure, en tenir lieu.

Sans doute le droit des gens tel qu'il est renferme bien des contradictions et des lacunes ; il autorise, par exemple, sur mer le pillage et la destruction de la propriété privée qu'il interdit à terre; il permet aux neutres de se soustraire au

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