LIVRE VÏII. — LA GUERRE
la rédaction suivante : cLes puissances belligérantes assureront aux personnes neutralisées tombées entre leurs mains la jouissance intégrale de leurs ressources et leur alloueront, au besoin, dans l'intervalle, un salaire correspondant à leur rang et à leur travail. »
Le matériel des hôpitaux militaires demeurant soumis aux lois de la guerre, les personnes attachées à ces hôpitaux ne pourront, en se retirant, emporter que les objets qui sont leur propriété particulière.
Dans les mômes circonstances, au contraire, l'ambulance conservera son matériel.
1. Art. 4 idem. Sont considérés comme ambulances, les hôpitaux de campagne et autres établissements temporaires qui suivent les troupes sur le champ de bataille, pour y recevoir les malades et les blessés. 3® art. additionnel de 1868.
2. Cette disposition a aussi provoqué des difficultés. Pourquoi les objets employés au soin des blessés (charpie, lits, instruments, bandages, etc.) pourraient-ils être enlevés par l'ennemi lorsqu'ils se trouvent dans un hôpital et deviennent-ils insaisissables lorsqu'ils sont conservés dans une voiture d'ambulance? Nous approuverions, en la modifiant légèrement, la rédaction proposée par M. de C. pour remplacer l'art. 4 : € Pour autant que le matériel des établissements sanitaires est indispensable pour le service permanent des combattants blessés et malades, il reste à la disposition de l'armée occupante. Pour autant qu'il ne lui sera pas indispensable, il pourra être emporté par le personnel sanitaire de l'armée ennemie, lorsque celle-ci se retirera. Les voitures du service de santé, les chevaux et les effets privés du personnel neutralisé sont placés, comme lui, sous la protection spéciale du droit international, et pourront être enlevés librement par ce personnel à son départ. »
Les habitants du pays qui porteront secours aux blessés seront respectés et demeureront libres. Les généraux des puissances belligérantes auront pour mission de prévenir les habitants de l'appel fait à leur générosité et de la neutralité qui en sera la conséquence.
Tout blessé recueilli et soigné dans une maison y servira de sauvegarde. L'habitant qui aura recueilli chez lui des blessés sera dispensé du logement des troupes, ainsi que d'une partie des contributions de guerre qui seraient imposées.
Il ne sera cependant ténu compte que dans la mesure de l'équité du zèle charitable déployé par les habitants, lorsqu'il s'agira de la répartition des charges relatives au logement des troupes et des contributions de guerre.
1. Art. 5 de la convention de Genève et art. 4 addit. de 1868. La guerre actuelle se distingue des guerres antérieures essentiellement par les grandes masses de troupes engagées, par la promptitude des mouvements de ces masses à l'aide des chemins de fer, et par la rapidité et la portée plus considérable du tir. Ces différences entraînent à la fois des blessures très-nombreuses et empêchent de secourir à temps les blessés. Les forces des médecine et des infirmiers militaires ne sont pas suffisantes pour venir efflcacemment en aide, après une bataille, au grand nombre de blessés restés sur le terrain, et ces médecins et infirmiers doivent, la lutte terminée, suivre les mouvements de l'armée. Ils ne peuvent rester en arrière, parce que leur intervention est continuellement réclamée sur l'heure à chaque nouvelle rencontre. Il est donc indispensable d'obtenir le concours de volontaires qui, sans être régulièrement au service de l'armée, sont admis à panser les blessés et à veiller à leur transport dans les hôpitaux ou ambulances situés en arrière du théâtre de la lutte. C'est le concours de ces volontaires qui a un caractère essentiellement international. Les médecins militaires des nations neutres sont tout particulièrement aptes à ce service, et des volontaires de diverses nationalités peuvent, sans le moindre doute, être employés à cet effet. Pendant la dernière guerre, des médecins et des volontaires suisses, hollandais, autrichiens, russes, anglais, belges, italiens, sont intervenus et ont rendu de grands services. Mais il s'est produit aussi un grand nombre de vices dans l'organisation des secours volontaires. Il est difficile et cependant indispensable de réunir les divers éléments pour une action commune, et de faire vivre en bonne harmonie les besoins du service de santé d'une part et la sûreté de l'armée et les intérêts militaires de l'autre. Il existe souvent entre les divers groupes de volontaires des frottements et des jalousies. Les médecins militaires et les médecins volontaires ne soutiennent pas toujours entre eux des relations suffisamment courtoises. Il survient des conflits de toutes sortes. Des personnes qui veulent aider à leurs heures seulement et en amateurs viennent créer de nouveaux embarras. Ce qui est encore pire, c'est que de mauvais drôles empruntent le masque de l'humanité pour piller et voler, en profitant du désordre inséparable de la guerre. Des espions aussi se glissent au nombre des volontaires, pour chercher, à l'abri de leur neutralité momentanée, à découvrir et la position des troupes et l'importance des forces engagées. Une organisation régulière et surtout l'établissement d'une hiérarchie parmi les volontaires, fort difficile par elle-même, ne peut, à mon avis, s'obtenir en temps de guerre que par une union plus intime avec l'armée, et spécialement en plaçant les volontaires sous la dépendance des commandants d'étapes. — Ces derniers devraient être assistés, en ce qui concerne le service sanitaire, par des délégués choisis, non pas exclusivement parmi les membres de l'ordre privilégié des chevaliers de St-Jean, comme cela a été le cas de la part des Prussiens pendant la guerre franco-allemande, mais parmi les personnes les mieux qualifiées selon les lieux et les circonstances. L'admission sans contrôle de volon-