‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 65 sur 309 · LIYRK II. — LKS PERSONNES EN DROIT INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

LIYRK II. — LKS PERSONNES EN DROIT INTERNATIONAL

rétrécit la portée du droit international. Comme elle dit que « les nations chrétiennes n'ont d'antre souverain que Jésus-Christ, » elle entre dans les voies sans issue de la théocratie, qui est étrangère et antipathique à la conscience politique des nations européennes et des nations civilisées en général. En élevant les idées patriarcales au rang de principes du gouvernement des états, elle est incompatible avec les aspirations et les besoins de l'humanité civilisée.

i. On ne peut qu'honorer les intentions pieuses qui animent la Sainte - Alliance, et se réjouir du grand progrès réalisé sur le moyen âge par la proclamation de la confraternité de tous les états chrétiens, à quelque confession qu'ils appartiennent; au moyen âge, on ne reconnaissait de droits qu'aux chrétiens d'une confession déterminée, et on excluait sans rémission tous les infidèles ou dissidents. Mais les défauts et les vices de la Sainte- Alliance qui ont été signalés plus haut sont si graves, que l'œuvre ne pouvait réussir, maigre les bonnes intentions de ses promoteurs.

La science a démontré que les principes de la Sainte- Alliance étaient insuffisants et en partie erronés; l'histoire de l'Europe, depuis 1815, a démontra qu'ils étaient pratiquement inapplicables.

Le développement du droit et de l'état, dans l'antiquité comme dans l'état moderne, est tout entier en contradiction avec la théorie théocratique de l'état, prise comme fondement par la Sainte- Alliance. L'Angleterre et le pape ont, dès l'origine, refusé d'y adhérer, et les autres états européens s'en sont depuis lors détachés expressément ou l'ont laissée tomber dans l'oubli. L'idée que le droit est une création humaine, préside aujourd'hui à toutes les constitutions. — Dans la guerre d'Orient, 1854-1856, la Russie est restée entièrement isolée, non-seulement en face de ses ennemis de l'Occident, la France et l'Angleterre, mais aussi en face des deux autres signataires de la Sainte- Alliance, l'Autriche hostile et la Prusse neutre. Plus de traces de« l'assistance, aide et secours en toute occasion et en tout lieu, » promises par l'art. 1er du traité de la Sainte-Alliance.

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