‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 66 sur 309 · Penfarehie · texte numérisé non relu

Penfarehie

L'espèce d'union consolidée à Aix-la-Chapelle eu 1818 entre les cinq grandes puissances européennes, l'Autriche, la France, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie, n'équivaut pas à la constitution d'un sénat international européen ; on voulait seulement constater par là que ces cinq états possédaient alors la puissance la plus considérable, et envisageaient comme leur

tâche commune de coopérer à la réglementation des affaires européennes.

1. Le congrès de Vienne fut signé, en outre, par l'Espagne, le Portugal et le roi de Suède et de Norwége. Mais on s'accoutuma à considérer les cinq états les plus puissants comme une espèce de pentarchie européenne, surtout depuis le congrès d'Aix-la-Chapelle, où la France lut de nouveau reçue à bras ouverts dans le concert € fraternel » des grandes puissances. Les cinq grandes puissances possédaient plus des deux tiers du sol de l'Europe, et embrassaient presque les trois quarts de la population totale de ce continent; proportionnellement, leurs forces militaires étaient plus considérables encore. Cependant elles offraient une représentation bien imparfaite de l'Europe. Les états de race latine étaient trop peu représentés comparativement aux états germaniques. Lorsqu'on reconnaît à un état le droit d'exister, on ne peut lui contester celui d'avoir aussi une voix dans le concert des états, et d'être représenté directement ou indirectement. Cette pentarchie peut seulement être considérée comme un commencement d'organisation de l'Europe; elle n'en est point l'organisation définitive.

Le nombre des grandes puissances européennes n'est pas limité. Il peut s'en créer de nouvelles, lorsqu'un état devient assez puissant et déploie assez d'activité dans ses relations extérieures, pour qu'on ne puisse, sans danger général, se passer de son. concours dans les affaires européennes. — De même les états qui avaient précédemment la position de grandes puissances, peuvent perdre tellement de leur force, qu'il devient inutile de les consulter encore, lorsque les grandes puissances viennent à s'occuper en commun des affaires européennes.

1. Le royaume d'Italie a évidemment l'espoir d'être reçu dans le cercle des grandes puissances, s'il réussit à consolider son unité et son crédit. L'Espagne, au xvi« siècle la première grande puissance de l'Europe, a été tellement affaiblie par le mauvais gouvernement de ses rois et l'influence de la camarilla cléricale, que dans notre siècle on ne la regarde plus comme une grande naissance. De même la Suède, véritable grande puissance au xvii« siècle, peut le redevenir si elle persévère dans la voie du progrès et entre courageusement ûana le courant des idées modernes. La position de la Prusse comme grande puissance, était assez ébranlée après la guerre de Crimée; mais elle s'est relevée après la guerre de 1866 par la fondation de la Confédération de l'Allemagne du Nord. Le nouvel empire d'Allemagne (1871), au sein duquel la Prusse possède l'influence prépondérante, est pour le moment la puissance européenne la plus considérable. Toutes les modifications survenues dans la situation politique des états, eurent une influence sur la position et l'influence attribuées à ces états dans l'organisation de l'Europe.

2. L'idée de puissance universelle {WeUmaeht) sous-entend une grande puis-

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