V. page 13 et
Au nom de la très -sainte et indivisible Trinité.
Ui. MM. l'Empereur d'Autriche, le Roi de Prusse et TErapereur de Russie, par suite des grands événements qui ont signalé en Europe le cours des trois dernières années, et principalement des bienfaits (|u'il a plu à la divine Providence do répandre sur les États dont les gouvernements ont placé leur confiance et leur espoir en elle seule, ayant acquis la conviction intime, qu'il est nécessaire d'asseoir la marche à adopter par les puissances dans leurs rapports mutuels sur les vérités sublimes que nous enseigne l'étemelle religion du Dieu sauveur:
Déclarons solennellement que le présent acte n'a pour objet que de manifester à la face de l'Univers leur détermination inébranlable, de ne prendre pour règle de leur conduite, soit dans l'administration de leurs États respectifs, soit dans leurs relations politiques avec tout autre gouvernement, que les préceptes de cette religion sainte, préceptes de justice, de charité et de paix qui, loin d'être uniquement applicables à la vie privée, doivent au contraire influer directement sur les résolutions des princes, et guider toutes leurs démarches, comme étant le seul moyen de consolider des institutions humaines et de remédier à leurs imperfections.
En conséquence, LL. MM. sont convenues des articles suivants:
Abt. I. Conformément aux paroles des saintes Écritures, qui ordonnent à tous les hommes de se regarder comme frères, les trois monarques contractants demeureront unis par les liens d'une fraternité véritable et indissoluble, et se considérant conmie compatriotes, ils
' Nous reproduisons cet acte au(|uel la plupart des souverains chréh^r\> ont a<Tf»d«'. iun<|UPiïit'nt rouimp do»*nm*»nt bistori«|ii»'. o\\ laissant •!•• •'oU* sa vHli'lit*' j»*^riiit*n**îit#» ^n tout «ni »']itn' «j[U'*l«io»*s - un»*.> «N'.r pMis>HU'''.* *^\l\ l'ont HO«ept«'.
se prêteront en toute occasion et en tout lien assistance, aide e: secours; se regardant envers leurs sujets et années comme pères de famille, ils les dirigeront dans le même esprit de fraternité, dont ils sont animés pour protéger la religion, la paix et la justice.
Abt. il En conséquence, le seul principe en vigueur, soit entre lesdits gouvernements, soit entre leurs sigets, sera celui de se rendre réciproquement service, de se témoigner par une bienveillance inaltérable l'affection mutuelle dont ils doivent être animés, de ne se considérer tous que comme membres d'une même nati)n cbrétienne, les trois princes alliés ne s'envisageant eux-mêmes que comme délégués par la Providence pour gouverner trois brandies d'une même famille, savoir: l'Autriche, la Prusse et la Russie, confessant ainsi que la nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie, n'a réellement d'autre souverain que celui à qui seul appartient en propriété la puissance, parce qu'en lui seul se trouvent tous les trésors de l'amour, de la science et de la sagesse infinie, c'est à dire Dieu, notre divin sauveur Jésus -Christ, le verbe du Très -Haut, la parole de vie. Uj. MM. recommandent en conséquence avec la plus tendre sollicitude à leurs peuples, conune unique moyen de jouir de cette paix qui naît de la bonne conscience et qui seule est durable, de se fortifier chaque jour davantage dans les principes et l'exercice des devoirs que le divin Sauveur a enseignés aux hommes.
Abt. UI. Toutes les puissances qui voudront solennellement avouer les principes sacrés qui ont dicté le présent acte, et reconnaîtront combien il est important au bonheur des nations trop longtemps agitées que ces vérités exercent désormais sur les destinées humaines toute l'influence qui leur appartient, seront reçues avec autant d'empressement que d'affection dans cette sainte alliance.
Fait triple et signé à Paris l'an de grâce 1815, le 14/26 Septembre.
François. Frédéric-Guillaume. Alexandre.