‹ Le droit international: La guerreChapitre 11 sur 32 · DE LA BELLIGÉRANCE MARITIME · texte numérisé non relu

DE LA BELLIGÉRANCE MARITIME

forte assiégée. Le blocus a pour but de peser sur la population d'un port, ou sur la population du pays intérieur, en lui refusant toute communication commerciale ou autre, avec les parties du monde qui ne lui seraient accessibles que par mer. C'est à quoi Ton arrive en s'appuyant sur les règles du Droit international qui permettent aux navires bloquants de capturer les navires du belligérant adverse, pour peu que ces derniers essaient d'entrer dans le port bloqué, ou d'en sortir, ou * même s'ils prêtent raisonnablement au soupçon d'entretenir ce dessein.

Deux grandes conditions s'imposent pour la capture des vaisseaux neutres par une escadre bloquante. La première est que les neutres soient avertis de l'existence du blocus. La manière d'en donner la notification requise par la loi , varie suivant les pays. La France et quelques autres contrées notifient le blocus individuellement, à chaque navire que rencontrent leurs croiseurs, et veillent à l'inscription de cette rencontre sur les papiers du bord. L'Angleterre et les Etats-Unis publient la notification sur leur propre territoire, et communiquent la nouvelle du blocus aux puissances étrangères. Dans les circonstances actuelles , où les informations se

répandent à l'instant par tout le monde civilisé au moyen de la presse et du télégraphe électrique, la pratique des Anglais et des Américains paraît assurément suffisante. Il n^est guère possible que Ton demeure aujourd'hui dans Tignorance d'un blocus solidement établi.

La seconde condition est celle que mentionne la Déclaration de Paris. Le blocus doit être effectif, c'est-à-dire maintenu par une force navale assez nombreuse pour entraver sérieusement l'accès du littoral bloqué. C'est la tentative pour échapper secrètement à des forces en somme adéquates, qui constitue l'infraction dont les suites exposent les navires neutres à la capture, — et que l'on appelle « forcer le blocus. » L'importance que l'on attache à la suffisance du blocus, est un legs du siècle dernier. Il n'est presque aucun pays qui , à un moment ou un autre, n'ait été accusé d'établir ce que l'on appelait un « blocus sur le papier, » c'està-dire, d'annoncer officiellement le blocus d'une portion de côte, sans l'appuyer de forces navales suffisantes. On considérait, ajuste titre, qu'un blocus de ce genre créait le maximum d^ennui pour le^ neutres consciencieux, tout en laissant au maximum des aventuriers neutres sans scrupule, le loisir de pénétrer dans les li-

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gnes bloquées. Rien ne saurait justifier Tinterdiction absolue d^une portion de littoral, au commerce neutre, en dehors des mesures qui doivent vraisemblablement assurer la fin qu'on se propose. Un blocus doit, en thèse générale, se maintenir d'une façon continue , sauf les exceptions légitimes, — telles que le cas où les navires, chassés par Forage, seraient obligés de fuir devant le temps.

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