DES DEUXIÈME, TROISIÈME ET QUATRIÈME ÉDITIONS
Nous avions fait précéder la seconde édition de cet ouvrage,
qui a paru de 1870 à 1872, des lignes suivantes :
« Il n'existe point de code universel applicable aux questions et aux conflits de toute nature qui surgissent entre les Htats. Cette absence de loi suprême, de règle commune, est la source de nombreuses hésitations parmi les publicistes, de contradictions infinies dans la jurisprudence et la pratique des peuples, de désaccords sans cesse renouvelés dans les relations internationales, qui, n'obéissant point à des principes nettement définis et invariables, s’inspirent quelquefois plutôt de l'arbitraire que de la justice, de la force que de l’action du droit.
« De nos jours, au milieu du grand fractionnement des nationalités modernes, il faut bien reconnaître que les conditions générales de la loi extérieure des Etats sont le reflet trop visible du manque d’uniformité, et que c’est là la cause principale qui à empêché une entente commune dans la législation universelle, entente dont la réalisation offre, 1l est vrai, dans la sphère de l’application, des difficultés aussi nombreuses que l'utopie de la paix perpétuelle conçue par l'abbé de Saint- Pierre, Rousseau et Kant.
« Si l’heure d’une pareille entente n’a pas encore sonné, tout au moins le moment est-il venu de tenter de rapprocher les esprits, de dégager du passé les enseignements dont le temps présent peut profiter, de combattre les doctrines que la civilisation du dix-neuvième siècle ne saurait plus accepter, enfin de