NOUVEAU SYSTÈME DE CONQUÊTE
subit le môme sort, et si la Bourdonnais, subitement arrêté dans sa brillante campagne, a mieux aimé accomplir la promesse faite à un ennemi que de poursuivre le cours de ses succès, son nom n'en sera que plus honoré dans Thistoire.
Vastes desseins conçus par Duplelx pour soumettre l'Inde à la domination
française.
Joseph Dupleix avait aussi commencé par développer en une colonie importante Thumble comptoir de Chandernagor. Devenu bientôt gouverneur de Pondichéry, son premier acte d'éclat fut la défense de cette place contre les troupes anglaises, appuyées de la plus puissante flotte qui eût encore paru dans ces mers ^. En 1747, après trente-un jours de tranchée ouverte, l'amiral Boscawen dut lever le siège et se rembarquer. Au lieu de venger la prise de Madras, les armes anglaises avaient éprouvé dans Tlnde un échec nouveau.
Le second traité d'Aix-la-Chapelle (1748) vint obliger Dupleix à restituer sans rançon la ville que la Bourdonnais avait si heureusement enlevée : mais tournant aussitôt ses vues vers un projet plus vaste encore que ne l'eût été la conquête des établissements britanniques dans les Indes^ le gouverneur de Pondichéry entreprit, sans rompre la paix stipulée en Europe, de faire pénétrer la puissance, les armes et la politique de la France, an cœur môme de cet empire du Grand-Mogol dont jusque-là on avait seulement abordé les côtes ou détaché quelques possessions éloignées. La division des provinces mogoles en une multitude de suzerainetés dépendantes les unes des autres^ comme étaient les fiefs et arrière-fiefs des États européens au moyen âge, faisait naître incessamment des querelles de succession ou de partage : il en résultait que fa guerre civile était Tétat permanent de ces peuples^ et comme l'armée ne recevait en deniers aucune solde, c'était par des concessions de territoire que se payaient les services rendus par ses chefs. On conçoit combien, dans une telle forme dé
^ Elle se composait de 80 vaisseaux dont 13 de haut bord.
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gouvernement^ Tambition de ces chefs était excitée à s'emparer pour eux-mêmes de la suzeraineté qu'ils avaient défendue au nom d'un subahdar, d'un nabob, ou d'un rajah qu'on accusait facilement dlngratitude ou de perfidie après la victoire.
C'est ainsi que des peuplades barbares mais guerrières, refoulées dans leurs montagnes par Tinvasion des Mogols, les Mahrattes, les Sykhs, les Afghans, trouvaient moyen de r-eparailre et de s'agrandir en marchant au secours des princes qui se sentaient faibles vis-à-vis d'un redoutable ennemi.
L'habileté de Dupleix fut de comprendre qu'uù chef de troupes européennes disciplinées et aguerries pourrait obtenir facilement l'avantage sur ces indigènes, se faire désirer comme auxiliaire par l'une ou l'autre des. parties belligérantes, puis, en portant la victoire dans le camp où il entrerait, devenir luimôme l'arbitre de leurs querelles, et le maître réel de la puissance politique dans telle ou telle province de l'Empire.
Guerre du Karaatic — Victoire d'Amboor*
L'occasion s'offrit bientôt aux Français d'intervenir entre deux compétiteurs (Nazir Jung et Murzapha Jung) qui se disputaient la suzeraineté du vaste gouvernement (le Décan) duquel dépendait la province (leKarnatic) où Pondichéry occupait alors un point seulement du littoral. En offrant son appui au plus faible (Murzapha Jung), Dupleix en obtint aisément, pour un rajah qu'il protégeait (Chanda Saheb), l'investiture de la province du Rarnatic, et avant de vider la querelle avec le suzerain plus puissant (le subahdar Nazir Jung), il eut soin de mettre son protégé (le nabob Chanda Saheb) en possession de ses nouveaux domaines. Tel fut le résultat de la victoire d'Amboor (1748). Le nabob dépossédé du Karnatic {Anwar ad Dien) y trouva la mort, à 107 ans, combattant encore sur son éléphant de guerre pour venger son fils qui .^ venait d'être tué sous ses yeux. Bientôt le subahdar Nazir Jung s'avance à la léle de trois cent mille hommes : il traîne h sa suite treize cents éléphants et huit cents canons. Mais