MOLDAVIE ET VALACHIE
vénitiennes et de deux vaisseaux construits par des Hollandais, contribua au succès chèrement acheté de cette difficile entreprise : une fois maître de la ville, le czar y creusa un port militaire, et hâta ses armements pour mettre en mer une flotte de cinquante vaisseaux de haut bord, avec laquelle il comptait poursuivre ses entreprises contre les Turcs.
La Crimée.
La Crimée (l'ancienne Chersonèse Taurique), sur laquelle les Grecs et les Génois avaient successivement possédé des colonies, détruites tour à tour par les incursions des barbares, avait surtout fixé l'attention du czar. S'avançant au milieu de la mer Noire, comme l'ancien Péloponèse (la Morée) au milieu de la mer d'Ionie, cette presqu'île semblait promettre aux Russes, s'ils s'en rendaient maîtres, l'ejnpire des rivages voisins qu'elle commandait. Aussi^ dès le temps qu'il partageait avec son frère Yvan le tilce de czar, Pierre P' avait-il déclaré la guerre au khan des Tartares de Crimée et envoyé contre lui le prince Gallitzin à la tête d'une armée; mais l'issue de cette première expédition fut malheureuse. Les Russes ne parvinrent qu'à la Gn du xviii' siècle (1789-1791) à réunir définitivement la Grimée à l'Ukraine, dont le czar Pierre avait achevéla soumission.
Une autre entreprise, dont le czar espérait encore de plus grands avantages, car un succès pouvait le conduire jusqu'aux bouches du Danube, devint, au contraire, du côté de l'Orient, recueil de ses armes et de sa fortune.
La Moldavie et la Valachie.
La Moldavie et la Valachie, après les vicissitudes malheûses qu'ont éprouvées au moyen âge les provinces chrétiennes qui se trouvaient comme pressées entre l'empire grec et les Barbares, avaient conservé en dernier lieu assez de liberté pour avoir des vaïvodes ou hospodars de leur nation, mais pas assez pour les choisir eux-mêmes ou pour s'affranchir de la dépendance onéreuse du Grand-Seigneur^ .
Cette situation précaire d'une tfïlionalité incertaine, neutre