‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 75 sur 205 · DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

DE LA FRANCE

Usûreté de ses relations et les avantages de son port y ra^l«lèrent les vaisseaux marchands d'Alexandrie, dès que l'Egypte fut rouverte aux Européens.

Nice, Arles, Narbonne.

Nicè^ Arles et Narbonne, ces anciennes colonies de Marseille ou de Rome, eurent part à la reprise des affaires commerciales et à ses heureux résultats. Le moment n'est pas encore venu d'envisager ces ports maritimes comme se hittachant k une nationalité plus vaste qui sera celle de la France, et concourant à former un de ces grands royaumes qai, plus tard^ joueront un rôle considérable dans l'histoire des mers, tandis que les premiers États maritimes que nous avons nommés tout à l'heure, si puissants qu'ils fussent, se personnifiaient, après tout, dans un nom de ville.

Avenir maritime de la France.

Saluons à l'avance cette gloire nouvelle qui attendait notre patrie, mais dont les éléments étaient encore épars au sein de ces États multiples qui, sous le régime de la féodalité, se partageaient les plus belles de nos provinces.

Placée, comme l'heureuse Italie, sur deux mers à la fois, mais sur deux mers dont l'une la mettait en communication avec l'ancien monde et l'autre semblait lui ouvrir la route vers le nouveau, la France, dès que la puissance royale y fut régulièrement établie, ne pouvait tarder à comprendre de quelle înaportance étaient pour elle la navigation et le commerce maritime; ou plutôt, avant même que la puissance publique y apportât son concours, l'intérêt privé prenant l'essor avait poussé les Français à devenir commerçants et navigateurs.

Dès le V* siècle, nos ports de la Méditerranée entretinrent des relations actives avec l'Orient ; pendant que, des ports de la Neustrie, de la Bretagne, de l'Aquitaine, sortaient des navires qui portaient dans les Iles Britanniques, et jusque dans les mers du Nord, les vins de France, pour les échanger contre les pelleteries et les métaux des Scandinaves.

204 (il* ÉPOQUE.) LA MARINE SOUS CHARLEMÂGNE.

Le mouvement corpmercial s'était continué, malgré l'affaiblissement de la puissance royale , sous les derniers pfinces de la dynastie mérovingienne. Il prit sous Charlemagne une activité nouvelle.

A mesure que s'étendent les frontières de son vaste empire, qui atteignit de la Baltique jusqu'aux Alpes et du Danube jusqu'à TÈbre, ce grand homme développe la navigation intérieure^ veille à la fois à la défense et à la sécurité des côtes, contient les rivalités naissantes entre les républiques maritimes de l'Italie, et^ se ménageant l'amitié des empereurs de Constantinople, ne néglige pas d'entretenir avec les Musul* mans eux-mêmes des relations qui doivent ouvrir à ses sujets les ports de la Syrie , et leur procurer l'accès sinon la possession des saints lieux.

La qualification de « Francs » , sous laquelle les Européens sont désignés dans les pays soumis à la Porte ottomane, et les « capitulations » qui leur assurent certains droits moyennant des conditions réglées par les souverains, remontent, suivant toute apparence, à celle origine.

Charlemagne eût été digne d'attacher son nom à la création d'une marine nationale; mais, pour songer à former un pareil établissement, il fallait attendre une réunion de circonstances heureuses qui n^étaient pas encore venues pour la France. Et d'ailleurs^ cet esprit de sagesse et de grandeur,dont étaient empreintes toutes les vues du fils de Pépin, disparut avec lui. Les faibles mains de ses successeurs ne furent plus capables, soit de contenir les progrès de la féodalité, soit de dominer tant d'individualités puissantes, et de les entraîner de force à leur suite, comme avait fait le vainqueur des Saxons et des Lombards.

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