‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 77 sur 205 · ÉPOQUR.) ORIGINES DU DROIT DES GENS · texte numérisé non relu

ÉPOQUR.) ORIGINES DU DROIT DES GENS

tt se confondent pour composer de nouveaux corps de nations? (( N'est-ce pas alors qu'on peut analyser tous ces éléments divers (( qui nous échappent dans la première formation des peuples? a A ce point de vue, le moyen âge ne se présente pas seulement a comme une époque de dissolution et de décadence : il fut « aussi une époque créatrice^ et cette civilisation dont il nous « enseigne Torigine, est la nAtre ^. »

Expliquons cependant, en quelques mots, ce que, par rapport au droit des gens, nous pouvons demander au moyen âge.

Ce ne sont pas sans doute des règles nettement posées, encore moins des discussions savamment approfondies, ou des conventions internationales diplomatiquement concertées.

Le droit écrit de la mer, le droit coutumier lui-môme n'apparaitront que plus tard.

Une seule chose peut être étudiée dans ce premier moment qui précède, pour ainsi dire, la naissance des peuples : c'est Tesprit nouveau qui va se faire jour, et dont la civilisation moderne se trouvera empreinte dès son origine.

Placés ici en quelque sorte sur les confins de deux mondes, l'un qui finit, l'autre qui commence, arrêtons-nous un instant à rechercher quels sont, au point de vue qui nous occupe» les traits principaux qui les distinguent.

Nous y trouverons peut-être la raison véritable pour laquelle le droit international, dont nous n'avions aperçu presque aucun vestige dans l'antiquité, occupera tant de place dans l'histoire des temps modernes.

Mais, pour réduire ce parallèle à des termes simples et frappants, nous nous bornerons à l'étude de cette grande civilisation romaine dans laquelle s'étaient absorbées toutes les autres.

ï Histoire du droit romain au moyen âge, par M. de Savigny. V. la pré- Tace, pages G et 7.

I£ CnpIT ROMAIN ET LE DllOlT CHRÉTIEN. 207

^^Le prfAdpe romain. — Le priDcipe chrétien.

. C'était dans ronité de l'empire romain^ sous ud maître, que

l'aocien monde avait trouvé la paix.

C'est dans une équitable pondération des États que devait la chercher le monde moderne.

Âatrefois, le patriotisme d'un seul peuple, après avoir été rioUbroment de ses conquêtes, avait servi de lien mutuel aux peuples conquis : la cité romaine, d'abord si jalouse de ses privilèges, s'était dilatée à mesure qu'elle avait senti le besoin de consolider par la justice Tœuvre de la victoire; et le droit civil de Rome était devenu, de proche en proche^ le droit des gens del'QDivers.

Hais, quelque largeur factice qu'on eût donnée à cette base, elle était étroite de sa nature S Le patriotisme, élevé par les premiers Romains à la majesté d'un culte, n'avait pu s'étendre sans s'affaiblir. Les peuples, dont l'adoption avait été -si longtemps marchandée par le sénat et par les Césars, ne pouvaient éprouver, pour cette patrie tardive et lointaine, les mêmes sentiffloits que les anciens enfants de la famille. El d'ailleurs, par la perte des libertés publiques, les citoyens de Rome n'avaientils pas perdu, suivant l'expression de Bossuet, o ce qui leur faisait aimer la patrie n ?

Les prérogatives mêmes qu'on avait successivement accordées étant de villes, dont l'organisation municipale semblait reproduire celle de Rome, contribuèrent plutôt à les détacher de ce centre commun^ auquel elles ne tenaient plus que par des rapports de sujétion et de dépendance, tandis qu'elles troQfaient en ellesr-mêmes les seuls éléments de franchise et de liberté qui eussent survécu à la chute des institutions républicaines.

Il folUit donc, pour fonder le droit international moderne,

^ Ge lien da manicipe, tiré par le philosophe de l'identité des lois, n'est, dit ^ Troplong, qu'un aperçu timide, en comparaison du lien de fraternité ^ onit tons les hommes dans la cité chréUenne. {De l'influence du chriS" fmitme sur le droit civil des Romains, p. 67.)

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