‹ Le droit payen et le droit chrétien (volume 2)Chapitre 1 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Wéifpomé préllmlnalffe*

Parmi les matières les plus difficiles, les plus compliquées, et, cependant, les plus importantes à connaître, il faut citer, en première ligne, le droit de la légitime défense de soimême et de ses biens.

Cest cette matière qu6 nous nous proposons fPéclaircir.

Nous commencerons, dans cette première section, par exposer, avec toute la précision possible, la différence qui existe entre la défense proprement dite, et la vengeance, et nous

expliquerons pourquoi, — sous l'empire des lois, — le droit de repousser la violence par la violence^ pour la défense de soi-même et de ses biens, avait été laissé au pouvoir des particuliers.

Nous étudierons, ensuite , les principales législations du paganisme, avant Jésus-Christ.

Nous montrerons que, — contrairement à ce qui est admis, aujourd'hui, dans les législations modernes,^e paganisme avait accordé à chacun le droit de repousser la violence par la violence, pour la défense de soi-même, sans aucune restriction et sans aucunes limites, de manière que la personne qui était l'objet d'une violence quelconque pouvait toujours tuer impunément l'injuste agresseur , lors même que sa vie n'était aucunement en danger.

Nous verrons que chacun avait le môme droit, pour la défense de ses biens.

Non seulement il était permis aux propriétaires de tuer les voleurs de jour surpris en flagrant délit de vol avec violences, mais il leur était encore permis de tuer les voleurs de nuit, partout où ils étaient surpris, dans les maisons, ou hors des maisons, dans les rues, dans les places publiques, dans les chemins, dans les champs, et alors même qu'ils ne commeltaient aucunes violences.

Nous expliquerons pourquoi, — chez tous les peuples qui n'ont pas connu le Christianisme, — l'homicide commis, les blessures faites, les coups portés, dans les combats volontaires, n'avaient pas été considérés comme punissables.

Nous arriverons, naturellement, à parler des combats du cirque, des combats du ceste et des combats des gladiateurs, qui étaient offerts . en spectacle au peuple, pour honorer la mémoire des morts, ou pour célébrer des fêtes publiques.

Le chapitre le moins intéressant ne sera pas celui où nous ferons connaître, sur toutes ces questions, les doctrines des philosophes et des moralistes qui ont précédé la prédication do l'Évangile.

A Texception du grand Platon qui a développé quelques idées déjà indiquées dans la loi de Moyse, plus de mille ans avant la publication de ses ouvrages, nous verrons tous les écrivains payens, en parfait accord avec les législateurs de leur temps, soutenir que chacun avait le droit de repousser la violence par la violence, d'une manière illimitée^ et que par suite^ on avait toujours, dans ce cas, le droit de tuer les agresseurs elles voleurs pour la défense de soimême et de ses biens.

Les deux sections suivantes seront consacrées à l'élude du Christianisme.

Nous reprendrons» une à une, les gueslîôns que nous venons d'indiquer, et nous montrerons combien, sur chacune d*elles, l'ancien et le nouveau Testament se sont écartés des solutions fournies par le paganisme : enfin, nous terminerons , en esquissant rapidement le tableau des progrés qui ent été accomplis, dans Jes législations positives, sous Tempire des idées chrétiennes , et en signalant ceux qui restent à accomplir , pour marcher dans la même voie, et slnspirer du même esprit*

Tel est, en abrégé, le programme de cette nouvelle étude.

Nous n'avons pas besoin de dire combien il est nécessaire^ pour la conduite de la vie^ d'avoir des principes arrêtés et des idées nettes sur tous ces points: nous croyons, toutefois, pouvoir donner l'assurance à ceux qui ne craindront pas d'entreprendre cette lecture, que leur curiosité ne sera pas trompée.

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