CHAPITRE VII
portance de la soustraction (i). En ce qui concerne les avirons, cette opinion se trouve, au moins indirectement, confirmée par l'auteur du discours sur les réformes publiques, qui s'écrie que le voleur d'avirons doit être condamné au dernier supplice (2). On sait que, surtout depuis les guerres médiques, le peuple athénien voyait le salut et la gloire de la république dans le développement de la marine (3). L'assertion de Marcellinus peut donc être admise ; mais on ne saurait en faire autant des allégations d'une foule de rhéteurs et de commentateurs qui, par suite de l'interprétation erronée d'un passage d'Isocrate, affirment que le vol était réprimé à Athènes par une seule peine, et que cette peine était invariablement la mort. Isocrate ne parlait que du vol qualifié, du vol accompagné de circonstances aggravantes, lorsqu'il disait aux héliastes : « Quand vous « prononcez une condamnation pour vol, vous ne me- " surez pas la peine à la valeur de l'objet dérobé, mais « vous prononcez également la mort contre tous les « coupables, parce que vous considérez comme juste « de frapper du même châtiment ceux qui ont commis « des crimes de même nature (4). » Il n'est pas plus difficile d'expliquer le passage de Y Économie où Xénophon dit qu'on trouve, dans les lois de Dracon et de Selon, la prison pour les voleurs pris sur le fait, la
(1) Meurtius, Themis attica, p. 1986.
(2) § 14. On sait que ce discours est généralement attribué à Démo sthéne.
(3) Démosthène c. Androtion, 12. Comp. Lysias, Discours pour les jeux olympiques, 5.
(4) C. Lochitès, 6. Comp. Démostliéne c. Lacritos, 47.
mort pour les tentatives violentes (i). Comme ces deux peines y figurent en réalité, le langage du général athénien se laisse aisément concilier avec le système que nous avons exposé.
L'excessive sévérité du législateur s'explique, en grande partie, par le nombre considérable de voleurs qui exerçaient leur coupable industrie à Athènes. On y connaissait, en effet, tous les escrocs et tous les bandits qui exploitent aujourd'hui les capitales de l'Europe : les voleurs par escalade et par effraction (rotzwpvj^oi), les voleurs de tombeaux (ru/7.êwp-j;)^ot), les voleurs d'habits (AcoTro^u-at), les coupeurs de bourses ((3a>iay-to-0|y.oi), les voleurs de temples [izpodvloi), les voleurs d'enfants et d'esclaves (àv^pa7ro(JtoTa[),les bandits qui assommaient les passants pour les dépouiller((poverç) (2).
S'il faut en croire l'un des scoliastes d'Aristophane, les soupçons des autorités s'étendaient jusqu'à ceux qu'on chargeait de faire des perquisitions domiciliaires, pour opérer la recherche et la saisie des choses volées. « Ceux, dit-il, qui entraient dans la maison d'autrui « pour rechercher une chose volée devaient se dé- « pouiller de leurs vêtements, afin qu'ils ne pussent « rien cacher sous leurs habits ni, par haine, jeter « quelque part l'objet, cherché, en vue de faire punir « un ennemi (s). »