LES ECOLES DE GLADIATEURS
cependant des écoles impériales de gladiateurs, tant à Rome — principalement le Indus magnus dans la troisième région auprès de l'amphithéâtre (1) et, en outre, dans la seconde, le Indus matutinus (2), — que hors de Rome, dans l'Italie et les provinces, où elles étaient, jusqu'à un certain point, distribuées par circonscriptions (3). Ces écoles n'avaient pas sans doute seulement pour destination de fournir des gladiateurs pour les jeux impériaux ; elles servaient aussi à concentrer, en une certaine mesure, l'institution des gladiateurs dans les mains de l'empereur, de façon que les autres organisateurs de jeux dussent principalement s'adresser aux établissements impériaux pour en avoir. A la vérité, l'éducation des gla-
(1) Ce ludm était le principal, montrent son emplacement attesté par les régionnaires, le nombre de ses inscriptions et l'avancement d'un procuralor ludi matutini au poste de procurator ludi mar/ni (C. /. L. XIV, 2922). On y trouve cités le procurator (C. 1. L. VI, 164,5. 1647. VIII, 8328. XIV, 2922. Henzen, 69^7) et\esubprocurator[C. 1. L. II, 1085), tous deux de rang équestre; le prœpositus armamentario {C. I. L, VI, 10164), un affranchi impérial; le dispensator [C. I. L. VI, 10166), un esclave impérial; le cursor (C. I. L. VI, 10165), également de condition servile, et une série de gladiateurs appartenant à la familia gladiatoria Csesaris (C. /. L. VI, 7639. 10167-10170). Ilirschfeld, Untersucli. p. 179.
(2) Sont cités le procuvulor (C. l. L. VIII, 7039. XIV, 160. 2922), de rang équestre; le commentariensis (C. /. L. VI, 332) et le medieus (C. /. L. VI, 10171. 10172), tous deux affranchis impériaux. Hirschfeld, p. 180. Le ludus maf/niis ne pouvant avoir été fondé qu'avec l'amphithéâtre Flavienct après lui, le ludits matutinus était sans doute, avant Vespasien, l'unique école impériale de gladiateurs à Rome et le procurator ludi de Tacite, Ann. 11, 33, peut s'y rapporter. — Les régionnaires connaissent quatre ludi et contiennent des indications confuses sur un ludus Dacicus et un ludus GalUcus (Jordan, Topogr. 2, 24); on ne peut établir, au moyen d'inscriptions authentiques, leur existence dans la capitale (cf. note 2) et ils ne peuvent pas avoir eu une grande importance. — Pour les decennalia de l'empereur Gallienus, 1,200 gladiateurs' défilent dans la pompa {Vita Gallieni, 8).
(3) Proc(urator) Auff(iisti) ad familiiamj glad(iatoriam) trans Pa(dum) : C. I. L. V, 8639. — [P]roc. famil. [glad. per] Ital. : C. I. L. VI, 1648. — Proc. fam. glad. per Gallias Bret. Hispanias German(ias) et Raetiam : C. I. L. III, 249, au-dessus du procurateur symétrique d'Asie Mineure. Tabularius ludî Gallic(i) et Hispan(ici), affranchi impérial : inscription de Barcelone, C. I. L. II, 4519. — Proc. fam. glad. per Asiam Bithyn. Galat. Cappadoc. Lyciam Pamphyl. Cilic. Cyprum Pontum Paflag. ; C. /. L. III, 249. — Procur. ludi famil. glad. Cœs. Alexandreœ ad JEgyptum : C. I. L. X, 1685. L'inscription de Barcelone montre de la manière la plus claire que ces ludi se trouvaient en réalité dans la province corrélative. Cf. Hirschfeld, p. 181.
diateurs n'a aucunement été monopolisée légalement par le gouvernement sous l'Empire; elle a, au contraire, été fréquemment entreprise par des particuliers (1); mais, dans la capitale, il a probablement été interdit, sous les Flaviens, aux particuliers d'entretenir des bandes de gladiateurs (2) et, même en Italie et en province, les gladiateurs ont aussi été sous le contrôle rigoureux du gouvernement. Le rôle qui avait été joué par les gladiateurs, soit au service de leurs maîtres, soit pour leur propre compte, dans les batailles des rues et les guerres civiles du vn*" siècle, et qui fut continué à Rome par les gladiateurs des écoles impériales (3), suffit à garantir que la politique prévoyante des Césars n'a pas laissé cet instrument dangereux déchaîné et le silence à peu près complet des sources sur des tumultes de gladiateurs (4) montre qu'ils arrivèrent jusqu'à un certain point à s'en rendre maîtres. — L'administration des diverses sections de gladiateurs impériaux appartenait à des procurateurs impériaux, en partie même à des procurateurs impériaux de rang équestre (p, 374, note 1 ; p. 375, notes 2 et 3).