L'IDÉE DU PRINCIPAT
pas trouver cette expression dans les monuments officiels do langue latine (1). C'est seulement sous Sévère, dont le règne est un chapitre essentiel dans la transformation du principat en monarchie, que dominm pénètre dans les monuments honorifiques des cités et des autres corporations (2). La conclusion est ici aussi fournie par Aurélien : il apparaît le premier sur ses médailles, à la fois comme l'empereur maître (3) et comme l'empereur dieu. Dioclétien prescrivit ensuite formellement l'emploi de cette forme de salutation (4) ; mais les empereurs n'ont commencé à s'appeler ainsi eux-mêmes que dans le cours du iv' siècle (o). L'observation que les copistes récents de l'ancien principat, Alexandre Sévère (6) et Julien encore (7) repoussèrent cette dénomination ne fait que confirmer une chose évidente : c'est qu'il y avait dans ce changement de titre un changement de principe. L'identification de l'empereur et de la divinité perdit du
(1) Antonin le Pieux est déjà appelé viûp'.o; sur des monnaies grecques (Eckhel, 8, 363) et dominus noster dans une lettre du pontife Velius Fidius au promaqister de Tan 153 (C. /. L. VI, 2120); de même Commode dans l'inscription C. I. L. VI, 727. — Les figlines souvent citées de 134. Donius, 2, 141. 142, sont fausses.
(2) Les preuves sont fournies par les index épigraphiques, en particulier par ceux du C. /. L. III.
(3) P. 18, note 2. Remarquez la rédaction de la légende au datif : l'empereur se fait plutôt appeler deus et dominus qu'il ne se donne lui-même ces dénominations.
(4) Victor, des. 39, dit de Dioclétien: Primus omnium Califjulamposl Domitianumque dominum palnm dici passus et adorari se appellarique ut deum.
CJ) Si, sur les monnaies du temps de Constantin, le titre dominus noster se rencontre fréquemment pour les empereurs honoraires (Eckhel, 6, 14) et pour les Césars seulement associés nominalement au pouvoir (Eckhel, 6, 67), et pour les souverains eux-mêmes presqu'exclusivement lorsqu'il est question d'eux, par exemple sur les médailles votives, cela vient évidemment de ce qu'il était plus correctement donné par d'autres à l'empereur que pris par ce dernier lui-même. Cela ne changea qu'après la mort de Constantin I".
(6) Vila, 4 : Dominum se appellari vetuit. Néanmoins cette dénomination lui est assez fréquemment donnée dans les inscriptions.
(7) Misopor/on, éd. Spanh. p. 343 : AcffirôxTi; slvai où 9?,; ojôè àvÉ/Ti xoûto àxojwv, àXXà xal àYavaxxcï;, wttî t,oti ë-nrc'.aaî toùç Tz'kds'zo-Ji è^iôoa; lîâXai vcvoiievou; à'fcXcïv wî è-rt'ieovov rr,; io/rfi toûto tù ôvoixa. Les inscriptions ne confirment pas cette assertion. Ce n'est qu'à titre tout à fait isolé qu'on y rencontre l'ancien titre commençant par imp. Caesar et même alors dominus noster se trouve d'ordinaire à côté (par ex. C. /. L. 111, 3983. VI, 1169).
terrain dans la période byzantine sous rinflucncc des idées chrétiennes; mais le dominicat impérial est resté, dans la forme et au fond, l'idée maîtresse de la nouvelle monarchie (1).
Maintien à Vf- Augustc, voulaut écartcr par ses institutions nouvelles les pouvoirs illimités et supérieurs à la constitution qui appartenaient à la royauté et aux puissances semblables, repoussa le titre rez piiblicœ constituendœ dès avant de revêtir le principat (IV, p. 444, note 4) et il ne se fit pas non plus donner par la suite les anciennes dénominations, telles que rex et dictator, employées pour cette puissance, pas plus qu'il ne laissa introduire pour lui une puissance correspondante sous un nouveau nom, tel que celui de ciirator leqimi et moriim (IV, p. 430). Ses successeurs imitèrent son exemple : en particulier les empereurs romains n'ont jamais pris le titre royal, même en Egypte où ils exerçaient le pouvoir royal (2), d'une part, à cause de la malédiction religieuse attachée à ce titre (3), d'autre part à cause de la contradiction trop criante qu'il y aurait eue entre la royauté en forme et la dyarchie d'Auguste. A cela s'est probablement ajoutée la considération que le prince romain était à la fois plus et moins que les rois d'autres Etats, dont il comptait une bonne part parmi ses vassaux. L'Etat de Dioctétien et de Constantin en particulier a sans aucun doute méprisé la forme royale
(1) Sous Justinien cétait une infraction à Tétiquette de cour si l'on parlait à l'empereur ou à l'impératrice autrement qu'en les appelant 5£j-ôtt,î et Séa-rroLva ou si le sujet se nommait autrement que parle mot Zo'Sko^ (Procope, Hist. arc, 30, éd. Bonn, p. 165).
(2) Les prœfecti JEgypti sont loco 7'egum (Tacite, Hist. 1, li ; Strabon, 17, 1, 12, p. 797 : Tf.v toj ^ajt'XÉw; ïyw Tâç;v). Les magistrats locaux sont sans doute appelés magistrats royaux ; ainsi l'on rencontre dans l'édit de Tan 49 après J.-C. (C. /. Gr. III, 4936) les jiaTi^.ixol YpaiiiiaTctî.
(3) Un motif que donne Appien, Prœf. 6, et avec raison (IV, p. 438, note 1),
parce que le nom d'Auguste éclipsait de bien loin l'éclat de celui de tous les rois de la terre. Le nom de roi n'est attribué aux maîtres de Rome que dans la langue grecque et encore seulement par abus (1) ; il n'a pénétré de là dans la langue latine que tard et dans des sphères inférieures (2).
(1) Les Grecs, en particulier les habitants de TAsie-Mineure et les Égyptiens, s'accommodaient facilement à l'idée rien moins qu'étrange pour eux suivant laquelle l'État romain était une monarchie, — où-/, estiv oitwç où flasriXs-jovxac. (oi 'Poj|j.xiot), selon l'expression de Dion, 53, 17. Josùphe parle déjà quelque fois (Bell. 3, 8, 3. 3, 13, 6) des 'Pwij.a[ojv paaiXîïç, et pareillement sous Trajan Dion Chrysostome (Or. 31, p. 645, R. : Nspwv ô twv [ia!ji>.£OJv o-soSpôtaxoç-, Or. 71, p. 381, R.). Sous Antonin le Pieux, l'Alexandrin Appicn appelle l'empereur sans scrupule jîaaiXs'j!;, et un Asiatique s'adresse également ù Antonin le Pieux, Dig. 14, 2, 9, en l'appelant xûpu poLailsû 'AvtwvTve. Dans la pi'emière épître de Pierre, 2, 17 : Tôv patj-.Xéa T'.]x3Tâ, il s'agit aussi de l'empereur, ainsi qu'on le voit, 2, 14 : EI'ts pxTi'Xît w; ÙTrîpé/ovTi tXzt •fiysji.ôatv wç 5t' aù-zoû Ttsjj.'iro- [xÉvo'.î. Même en langue grecque cette dénomination n'est Jamais devenue un titre.
(2) Suétone, Tib. 14 : De infante Scribonius mathematicus pneclare spopondit etiain regnatarum quandoque, sed sine ref/io insigni, ignota scilicet tune adhuc Caesarum poleslute. Quand regninn ou rex est appliqué à l'empereur, il est toujours pris en mauvaise part et désigne, comme pour SuUa et d'autres détenteurs d'un pouvoir d'exception du temps de la République, une autocratie usurpée (ainsi, par exemple, dans l'épigramme sur Tibère, de Suétone, Tib. 59; d'autres exemples sont donnés par .Markland, sur Stace, Silv. 4, 1, 46j. Les exceptions de la bonne époque, la mensa regia (Hirschfeld, Verw. Gesch., p. 202, note 3, conjecture recta), dans la lettre d'Auguste à Horace et les mots rex (peut-être du.r) magîie par lesquels Stace interpelle Domitien dans la pièce adressée à cet empereur 4, 1, 46, viennent probablement de fautes de copie. Dans les formes dérivées l'impression du mot s'émoussa peu à peu. L'impératrice est appelée regina non seulement par le biographe d'Alexandre Sévère [Vita, 51), mais déjà par Pline l'Ancien lui-même [H. n. 29, 1, 20). Tacite parle déjà de la domiis regnatrix [Ann. 1, 4) sans note de blâme et les adjectifs regiits et regalis sont couramment employés dans ce sens par les auteurs plébéiens de biographies impériales du temps de Dioclétien et de Constantin; [cf. sur la date réelle de ces biographies, Hermès, 25, 1890, p. 228 et ss.j. Vita Hadriuni, 23 : Servi regii, sedile regium; Vita Marci, 5: Adoptio regia: Vita Maximi et Balb. 14 : Vestibus regnlibus; Vita Tuciti, 2 : Tribimicia potestas maxima pars regalis imperii ; Vita Alex. 41 : Matronœ regiœ; les dames de la famille impériale ; cf. Casaubon, sur Vita H adria7ii, II). Cependant le nom de lex regia donné à l'investiture de l'empereur par le jurisconsulte Ulpien, dont nous nous occuperons au sujet de la puissance tribunicienne impériale, est surprenant ; c'est un provincialisme syrien, si ce n'est une interpolation byzantine. — La façon de parler byzantine qui emploie le mot grec pxff'.Xsy; pour 1 empereur et pf,? pour les rois vassaux a été étudiée par Bernays, Chronik des Sulpicius Severus, p. 25, et récemment par Nœldeke, Die Ghassanischen FUrsten, p. 14.
Nom propre de L'emnercur n'a pas de titre officiel proprement dit : par
l'emperciir. ^ ,
suite de cette lacune, il faut, pour Fétude des titres impériaux, partir du nom propre impérial. La monarchie établie dans les formes républicaines révèle sa nature en ce que le nouveau souverain s'abstient, d'une part, de prendre un titre de souverain et, d'autre part , se distingue de ses sujets par une conformation distincte donnée à son nom personnel,— une coutume introduite par Auguste et qui s'est perpétuée depuis lors jusqu'à nos jours.
Rejet du nom Lcs uiaisons réguantcs de la première période de l'Em-
de famille. . i • i i i e -ii
pire ont constamment laissé de côte leur nom de tamille pour employer à sa place leur cognomen. Il n'y a à faire exception que les empereurs de la dynastie claudienne qui, à côté du cognomen héréditaire Germanicus, ont conservé leur nom de famille, et Yitellius dont la famille n'avait pas de cognomen (1). En dehors de là, les familles régnantes d'Auguste à Hadrien ont bien donné leur nom de famille aux affranchis impériaux et aux fondations impériales ; mais elles ne l'ont employé pour la dénomination ni de l'empereur (2) ni des membres mâles de la maison impériale (3).
(1) C'est par simple ignorance que les monnaies provinciales d'Egypte et de Syrie et quelques inscriptions de Lycie donnent le nom gentilice à Yespasien (Kadyanda : Benndorf, Reisen in siidwestUchen Kleinasien, 1, p. 143 et Bull, de corr. hell. 1886, p. 43; Patara : Lebas-Waddington, n. 1265) et les monnaies provinciales d'Egypte et de Syrie à Titus au commencement de son association au pouvoir [Pick, Num. Zeitschr. 14,327). C'est aussi pour cela que le roi des rois Arsakes écrit à Flavius Vespasianus (Dion, 66, 11).
(2) Les exceptions sont très rares. L'indication du nom gentilice de Tibère dans la loi d'investiture de Vespasien (p. 7, note 2) se justifie par le voisinage de l'autre Ti. Cassar, Claudius. L'inscription espagnole C. I. L. II, 1660, vient d'un rédacteur ignorant. Il n'y a que pour Galba qu'il y a une certaine quantité de monnaies, en particulier de monnaies de cuivre, avec le nom gentilice; mais la preuve qu'il est exclu du titre correct résulte des monnaies d'or et d'argent sur lesquelles le nom gentilice ne se trouve presque jamais (Cohen, 9. 10 = 10. 283 font seules exception) et avant tout de ses diplômes militaires, sur lesquels le nom gentilice ne pourrait jamais l'aire défaut s'il était admis.
(3) Cependant on rencontre là parfois le nom gentilice pour de jeunes princes du degré le plus éloigné de la ligne descendante. Les inscriptions de
En dehors des maisons régnantes, on ne trouve pas d'exemple de cet abandon du nom de famille (1); il est encore étranger au dictateur César (2) et môme, dans ses premiers temps, au fondateur de la monarchie. C'est seulement pendant le triumvirat, en 714, scmblc-t-il (3), qu'Auguste a quitlé le nom des Jules, évidemment pour tracer une ligne de démarcation entre la famille régnante et les autres citoyens. A partir d'Hadrien, depuis lequel le système des noms romains s'écroule et le sentiment de la valeur des divers éléments du nom s'évanouit, cette coutume a été délaissée (4) et, les noms des empereurs ont repris la forme générale.
l'arc de Pavie (C. /. L. V, 6416) sur lesquelles il n'est pas donné à l'empereur et à ses fils et l'est à ses petits-fils et à ses arrière-petits-fils, sont caractéristiques. Cf. C. /. L. 11, 15.j3.— La règle ne s'applique pas aux femmes, au moins lorsque le cof/nomen leur fait défaut ou lorsque, comme pour la seconde Agrippine, il paraît opportun d'indiquer le gentilice afin de faire une distinction; au contraire, la première Agrippine et Octavie, la fille de Claude, mettent également le nom de famille.
(i) Caria substitution irrégulière d'un cognomen au nom de famille, dont on trouve des exemples, est quelque chose de différent, parce qu'alors le cognomen passe aux affranchis [Rœm. Forscli. 5, 51). On voit très fréquemment que les familles de distinction attachent plus de prix à leurs surnoms qu'à leur nom gentilice ; mais les fastes enseignent qu'elles ne cessaient aucunement d'user de ces derniers. Ils montrent également qu'Agrippa le fit ; mais c'est une preuve de plus qu'il était associé au pouvoir (cf. la section de la Corégence).
(2) Il s'appelle C. Julius Cœsar dans les fastes et sur les inscriptions [C. I. L. I, n. 620; cf. p. 626 = éd. 2, p. 349 ; C. /. Gr. 221.^j. 2368. 2369. 2957).
(3) Il s'appelle C. Julius (C. /".) Caesar dans les fastes de l'an 711 et sur les inscriptions C. I. L. V, 4035 et IX, 2142 : C. Julio C. f. Caesari imp., Iriumviro r. p. c; au contraire imp. Caesar est constant dans les fastes depuis l'an 714. La détermination exacte du moment résulte du changement du prénom qui eut probablement lieu en même temps (p. 27, note 2).
(4) Le nom gentilice réapparaît pour la première fois chez les fils adoptifs d'Hadrien, L. ^lius et T. /l-:iius Iladrianus Antoninus ; les noms des atlVanchis montrent qu'en dépit des adoptions Hadrien ne s'est pas considéré comme un Ulpius pas plus que Trajan ne s'était considéré comme un Cocceius, mais le premier comme un ^illius et le second comme un Ulpius. Mais cette façon de traiter l'adoption montre précisément sans conteste que l'on ne peut plus juger le système des noms du n« siècle d'après les règles en vigueur sous la République et dans les premiers temps de l'Empire. Il est seulement établi au point de vue négatif que l'incompatibilité du nom gentilice et du principal cesse sous Hadrien.
Rojouioiaiiibu. Par un phénomène du même genre, le signe distinctif de la qualité de citoyen romain, la tribu a été laissée de côté par les empereurs et les membres de la maison impériale (1). pemforir" ''"' ^^ qualificatiou d'i?)îperator, qui, au temps de la République, désigne le détenteur de la magistrature supérieure du jour de la victoire à celui du triomphe, a pour la première fois été portée par le dictateur César, comme titre permanent et comme expression de la puissance proconsulaire permanente qui lui était accordée (IV, p. 428. note 1), en étant mise à la suite immédiate du nom et avant tous les titres, sans chiffre d'itération incompatible avec sa stabilité nouvelle (2). Dans cet emploi et à cette place, l'expression i?)ipe7'ator pouvait également être regardée comme un titre et comme une partie du nom propre, c'est-à-dire comme un second cognomen ; et si le dictateur César l'a sûrement employée dans le premier sens, son filsadoptif, qui aurait pourtant pu prendre également ce titre en vertu de ses pouvoirs officiels (3), s'est,
(1) Je no trouve qu'une seule exception : dans le sénatus-consulte relatif à Cyzique rendu sous Antonin le Pieux [Eph. ep. III, p. lo6 = C. I. L. III, sitppl. 7060), le César Marc-Aurèle est cité par sa tribu dans la liste des sénateurs qui scribendo adfueritnt. Comme on sait, la tribu ne fait jamais défaut dans ces listes à Tépoque récente. Au reste, ce document montre, en même temps, que les règles générales sur l'attribution de la tribu s'appliquent à la famille impériale; Marc-Aurèle appartient à la Papiria comme descendant du Narnien Nerva.
(2) Les titres complets de César sont donnes par les deux lettres conservées chez Josèphe, Ant. Jud.li, 10, 2 : Taioç 'lo-jXio; Kaîïxp a'jToxpdÎTtjp /.xl ipy.cpvJi;, ô'.y.'zi'ztjip TO ôî'jXcpov et 14, 10, 1 : Faio; KaTaap aù-ovtpâTwp, S'.xTaToJp t6 Ti-rapTOv, C-a-rô; ts t6 ttéij.-tov, ÔixTdÎTwp dtTroôsôciYiiÉvoî ôtà piou et par l'inscription C. I. L. IX, n. 2563 : [C. Jul]io Caesari i»z[p.], dictât. iteru[m, po)it]u/îci 7na.r[iimo, aug. ?, c]os. Toutes les inscriptions latines (à l'exception du statut de Genetiva, c. 104 : Jussu C. Csesaris dict. imp.) et toutes les monnaies qui entrent en ligne de compte ont le titre hnperator, quand elles le portent, à la première place et sans chiffre d'itération. Des explications plus détaillées sont données C. /. L. I, p. 452= éd. 2, p. 41. — César n'a jamais porté le titre ÔLimperator avant le nom : l'inscription de Cyzique, C. 1. Gi'. 3668 où sont les mots : Tw oLÙ'zov.aitop: Ttm ['lo-jAiw Faijou dm Kaî^api et le calendrier romain qui appelle le dictateur une fois imp. Csesar sur le 2 août [C. I. L. I, p. 398 =: éd. 2, p. 240) n'ont pas d'importance en face d'un usage constant. Suétone, Jul. 76, se trompe en attribuant au dictateur le prœnomen imperatoris.
(3) Car le triumvirat rei pnblicœ constilitendœ entraîne la puissance pmconsulaire (IV, p. 431).
en partant de considérations politiques, arrogé cette dénomination comme une partie du nom propre lui revenant par droit de succession (1). Il ne le fit pas aussitôt après la mort du dictateur, mais seulement en 714 (2), en même
(1) Dion, 43, 44 sur Tan 708 : Tô te to'j aû-roy-oaTopo; ovoaa où -ax-zt. t6 ap/aîov Ixi JJ.ÔVOV, i'y^T.to àA)>oi tz xal Ixsïvo; ôj; -rzoWki'A:^ èv. twv — oaéulwv è-z"/.'Krfir,iX'/, oùù' ô); oï T'.va aÏTOTïXf, fvcaoviav t, -/.al àXVr.v T'.và £;0'j7ixv Aajjôviî; ôjvotiâ- !JovTO, iA)>à -itaOâ-a; toûto S'i', tô vcal vjv toT; tô xpâTo; àîl è'/o'Jïi S'.oôaîvov
ÈVlEivW TÔTS TTpOJTO) T£ Xal TTpôJTOV 0)7~zp T'. X'JpiOV TIpOîÉBîTaV. Kal TOS'a-JTTi Vc
•j— £pPo)>f, xoAay.sîa? è/pT,33(VT0, iostô xal toù; TaToa; to-j; ts ïyY<Î'''0'-'î aÙTOÛ o'Jto) xa)icïj6a'. •^T/fiîasQa'. . . . oBsv TcO xxi s-'. Tâvta; tO'j; ;-i£-i Ta-jTX aOtoy-pâTOpa; f, ÈrixXTjiTtî ajTT> ùJi-sp t:; '.Ôia tt,; àpyf,; a'jTwv ojtx -/.aBâ-sp xal f, toO Kai^apo; i'^ixc-uo. 52, 41 (cf. 40) sur l'an 725 : Kal Tr,v xoO aO-roxpâTopo; £-ix)wT,5iv è-é- 6cT0 • XÉ-j'a) 81 ou TTiV Izl Taîç vixat; xa-rà t6 àpyaTov 0'.ooasvT,v iitIv . . . àT^Xà T'hiV sTÉpav T>,v To xpâio; O'.asTiixatvo'Jsav, wîTîîp tû Tia-rpl aoTOÛ iw Kaî^apt xal ToT; 7Loi'.7\ xal toï; èxvôvo'.; î'if/v'.JTO. L'allégation, d'ailleurs erronée de Suétone (p. 26, note 2), selon laquelle le dictateur a porté la qualification àlmj)erator comme prénom, concorde avec cette conception ; car. pour i^tre héréditaire, il fallait qu'elle fut un nom et non pas un titre. — Tout invraisemblable qu'il soit que César ait porté cette désignation comme un élément de son nom, le poids des témoignages et l'ensemble des circonstances contraignent à voir dans cette assertion autre chose qu'une erreur des chroniqueurs. 11 y a là une fiction officielle comme celle que nous retrouverons pour le grand pontificat héréditaire : le second César soutenait que son père adoptif avait porté le nom et non le titre dlmperator et qu'il y avait par conséquent le même droit qu'au nom de César. La fiction se bornait du reste à supposer que le dictateur César avait porté cette dénomination comme nom et non pas comme titre : si imperator était un cognomen, de même qu'yEmilius Paullus pouvait aussi se nommer Paullus ^Emilius, César pouvait se nommer imperator Csesar à aussi bon droit que Cœsar imperator.
(2) Le prénom Gains apparaît encore sur une monnaie frappée en 713 (avec Q. Salvius im.p. cos. desiq. : Cohen, Salvia, 1, rapproché pour la date de mes explications dans la Num. Zeilschr. de Sallet, 11, 72) et imp. après le nom sur une monnaie de la même année (avec 3/. Barbât, q. p. : Cohen, Barbatia, 1, rapproché de Borghesi, 0pp. 1, 427 j ; mais ce sont, à ma connaissance, les derniers témoignages certains pour l'ancienne forme du nom : car les monnaies des maîtres monétaires L. Livineius Regulus et L. Mussidius Longus. sur lesquelles figure le prénom Gains, ont été, à la vérité, placées, R. M. W.,p.74l = tr. fr. 3, p. 5, en l'an 716; mais les dernières découvnrtes ont montré qu'elles appartiennent au contraire à l'an 711 (voir mes explications dans V. Sallet, Zeitschrift f. Numismatik, 2, 67), et c'est seulement une conjecture incertaine que la table triomphale Barberini ait eu la même forme du nom en 714 (C. /. L. \, p. 478 = éd. 2, p. 76). La forme nouvelle apparaît dans les fastes officiels du Capitole à partir de l'an 714; et la monnaie d' Agrippa avec imp. Cœs. diviJuli f. frappée avant le 1=^ janvier 717 (Cohen, Vipsan. 4) est d'accord avec cela, tandis que la monnaie contemporaine frappée par le même qui porte imp. divi Jiili f. ter(tiiim) 'IV, p. 431, note 5) montre clairement que l'usage ne faisait alors que commencer et qu'i)n faisait
temps semble-t-il, qu'il rejeta le nom gentilice ; et, afin de caractériser nettement cette désignation comme une partie du nom, il Ta portée, en s'attachant à Tusagequi s'introduisait alors de traiter les surnoms de distinction comme des prénoms, non pas, comme le dictateur, au quatrième rang, mais au premier rang, à la place de son prénom Gains, qu'il a rejeté depuis lors. La dénomination (ïi?nperator a été portée par le second César comme faisant partie de son nom : nos autorités le disent expressément (1) et cela ressort plus clairement que des témoignages les plus clairs, de deux faits matériels. D'abord le môme mot se retrouve dans la suite des titres; or, ce n'est compréhensible que si on l'entend à la première place comme une portion du nom propre. Ensuite le prœnomen imjjeratoris n'est, dans la première période de l'Empire, jamais cumulé avec le prénom ordinaire : ou les empereurs portaient le prœ)iome?i imperatoris et ne portaient pas le prénom ordinaire, ou ils portaient le prénom ordinaire et ils ne portaient pas le prsenomen imperatoris. Les trois premiers successeurs d'Auguste, Tibère (2), Gains (3) et
encore des essais. Il est, d'ailleurs, possible que César ait, dès avant 714, revendiqué la dénomination à'imperatov comme nom héréditaire ; tant qu'elle se trouve après le nom, on ne peut discerner si c'est simplement le titre résultant de la victoire tel qu'il se présente aussi pour Antoine ou si César prétendait encore à ce nom à un autre titre. — L'allégation de Dion (p. 27, note d), selon laquelle Auguste aurait pris ce titre en 725, est réfutée parles monuments; la conciliation critique qui met à la place la reconnaissance de ce titre par le sénat en la même année témoigne d'une faible connaissance des relations dans lesquelles le sénat avait été jusqu'alors avec César. On ne peut déterminer le fait auquel se rattache Terreur de Dion.
(1) Suétone [Jul. 76. Tib. 26. Claud. 12) l'appelle prœnomen imperatoris, Dion, 43, 44, ôvoixa xûp'.ov (p. 27, note 1) en ajoutant, sans qu'à la vérité ce soit parfaitement exact, qu'aucun pouvoir n'était acquis avec ce nom.
(2) Suétone, Tib. 26. Dion, 57, 2. 8, ainsi que toutes les monnaies et la plupart des inscriptions. Des inscriptions provinciales isolées des premiers temps de son règne lui donnent le ■prœnomen imperatoris ou seul (C. /. L. VIII, 10018; Eph. ep. V, 1436; Arch. epigr. Mitlh. aus Œsterreich, 8, 110) ou associé au prénom civil (C. /. L. VIII, 683. 10492).
(3) Gaius n'est jamais appelé imperator sur les monnaies de l'empire ni dans les documents officiels (cf. Dion, 59, 3); le titre n'est pas rare et est naturellement employé abusivement sur les monnajes (Eckhel, 6,220) et sur les inscriptions municipales [C. I. L. II, 172. 4710. ¥1\1}.
Claude (1), ont pris le second parti, et se sont, pur suite^ abstenus de porter \e. prœnome?i imperatoris ; Néron a éU\ le premier à revenir au système d'Auguste et s'est servi, non pas toujours, mais fréquemment, Aw prœnomen impfratons (2j ; à partir de Yespasien, l'emploi en est constant (3). La fixation de la place du mot et le maintien cumulatif du prmnomen imperatoris à côté de la mention de l'acclamation comme imperator sont la reconnaissance la plus claire du caractère de nom propre de la dénomination à' imperator. Mais la fiction politique, qui fit du titre iX imperator un cognomeii héréditaire, n'a naturellement pas supprimé l'idée de compétence qui y était contenue : cela ressort, plus nettement que de toute autre chose, du fait que les Grecs ne conservent pas le mot imperator, mais le traduisent par ajToxpà-rwp. En même temps que les empereurs étaient liés au fondateur idéal de la dynastie et que Ton satisfaisait à la considération, appliquée aussi dans le rejet du nom de famille, selon laquelle le souverain devait, par sa dénomination même, se distinguer des sujets, la puissance militaire la plus élevée se trouvait ainsi identifiée avec la puissance du prince et apparaissait comme incorporée en lui. — Sur la qualification A^imperaior donnée à l'Empereur, on comparera la section consacrée à
(1) Suétone, Claud. 12.
(2, Lnp.Neroet \ero imp. alternent pour Néron, Ser. Galba, imp. et imp.Ser. Galba pour Galba, tandis que, chez Othon, imp. est mis constamment à la tête du nom et le prénom Marcus souvent à côté, et qu'il se trouve aussi constamment après le nom chez Vitellius. L'expression imp. se trouvant chez Galba fréquemment entre les deux moitiés du nom Ser. Galba et Cses. Auf/., imp. mis après pourrait au moins chez lui être aussi considéré comme un nom. Il n'y a non plus, dans le système des noms de la meilleure époque de l'Empire, rien de plus habituel que l'oscillation des noms propres irréguliers de la place avant le nom gentilice à celle après. On ne doit pas apprécier les deux formules Imperator Cluiuiuts .Vero et Sero Claudius Imperator autrement que les formules Africanua Fabius Ma.vimiis et Fabius Ma.timus Africanus ; Néron a probablement toujours employé Imperator comme nom, mais tantôt comme cof/nomen et tantôt comme prœnomen.
(3) Alors le sentiment de son incompatibilité avec le prénom ordinaire s"etrace. Néron se nomme déjà à la fois Nero et imperator, et ensuite Titus s'appelle imp. T. Ciesar Vespasianus Auyuslus. On peut aisément ramener cela à la fréquence des doubles prénoms à cette époque.
-*» DrxOIT PUBLIC ROMAIN.
sa puissance proconsulaire, ^'ous expliquerons aussi dans quelle mesure cette dénomination e'tait donne'e aux personnages associés à lEmpire à titre inférieur, lorsque nous nous occuperons deux.
cssar. Lp cognompn héréditaire du fondateur de la dynastie, le
cognomvn de Cœsar qui se transmettait depuis des siècles dans la très antique famille patricienne des Julii. est resté, tant que cette famille a occupé le trône, la marque distinctive de ses membres patriciens 1^. Il ne fait défaut à aucun des descendants agnats du dictateur 2. Lorsque la gens Julia s'éteignit parla mort de l'empereur Gains (3^ son successeur Claude .prit avec le pouvoir le cognomen de la famille régnante éteinte. Depuis il a passé d'une dynastie à l'autre et il a été. sous les Claudiens (^4 comme sous les Flaviens (a), et. dune manière générale, jusqu'à Hadrien (6). à la fois porté par les fondateurs des dynasties \1) et par leur descendance
il) Diou, o3. iS : H... "oG Kaisa&o;... "oosot.t:; ô-jvau.'.v ;xry oOocJjlîx/ ajToT; O'.xîix^ tjsostJBt.t:, ot,Xo: 5' àtX/iw;... tt,v toû ysvo'jî tçûv 5:aoo/T,v.
(2; Sur l'arc de Pavie p. 25, note 3), tous les fils et petit-fils d'Auguste et l'aine de son arriére-petit-fils sont appelés Caesares : ce même nom n'est pas donné là à son dernier arrière-petit-fils, un enfant qui venait alors de naître; mais il lui a sans doute été donné sur des documents postérieurs.
(3) Le dernier descendant d'Auguste qui monta sur le trune impérial a été Néron Dion. 63. 29 : mais il appartenait à sa descendance cognatique et non à sa maison civile.
'4, Non seulement Néron, mais Britannicus s'appelle Caesar ^monnaies portant T. Claudius Caesar Aug. f. Britannicus, chez Cohen, i, p. 171^269; inscription d'JEzani en Phrygie, C. f. Gr. 3S31 a, 16. vol. II. p. 1062 = Lebas et Waddington. 836 . — Piso dit aussi de lui-même chez Tacite, Hisl. i, 29 fcf. c. 48 : Dion, 64. 5. 6 , relativement à son adoption : Ca?sar adscitiis sum, et il parait figurer dans les actes des Arvales de l'an 69. sous le nom de [Gar\ba C[aesar\.
(3) Tacite, Bist. 3. 86 : Domiliamtm... Cœsarem consalutatum miles... in paternos pénales deduxit. Dion, 66, 1 : Kaiiapî; ci -i TiTo; /.i'. ô Ao;jl:t:x^; iT.%~z-
(6) Pline, Paner). 8, dit encore de Trajan : Simid filius, simul Caesar. et Dion, 68.3. représeute aussi Nerva comme adoptant Trajan au Capitole et le déclarant ensuite 'xzzk toûto'; César à la curie, mais cela n'implique encore aucunement que le nom n'ait pas été la conséquence légale de l'adoption. Le premier descendant agnat d'un prince auquel le nom de César manque est le futur empereur L. Verus, adopté en qualité de petit-fils, par Hadrien en l'an 137.
(7) Dion, 43, 44 Tp. 27, note 1). — Galba: Suétone. Galb. 11 : l'I occisum
agnatique et employé dans l'abréviation des titres, comme . signe distinctif des fils et des petit-fils des empereurs régnants (1). Nous rev^iendrons, au sujet des personnes associées à l'Empire sur la limitation de cette dénomination aux successeurs désignés. — La dénomination Cœ^ar a conservé, durant le premier siècle, sa place après le prénom et, quand il V en a un. après le nom gentilice. donc en principe, en tète des cognomina, s'il y en a plusieurs. Plus tard, plus précisément depuis que les noms genlilices ont de nouveau paru dans leur forme régulière, elle est d'ordinaire placée entre le nom imperator et le prénom ou le surnom civil (2).
Nous avons déjà dit quand et comment le cognomen .i«j,«*/m. AWugustm a été attribué au fondateur de la monarchie 'p. 3. note 1 i. Cette dénomination, en grec le^aTTo;, qui avait dans les habitudes de langage une couleur religieuse et correspondait un peu aux mots : sacré, adorable (3), appartenait à la
Seronem... cognovit, deposita légat i suscepil Cxsaru appellationern. — Otho : Plutarque, Galh. 28. — Vespasien : Tacite. Hist. 2, 80 : Csesarem et Augustum et ornnia principatus vocabula ooms et non titres' cumulare. — Une exception est Vitellius. qui refusa le titre de Ceesar. Tacite. But. 1, 62. 2. 62 : Prannisit in urbem edictuyn. quo vocabulum Augusti di/ferret, Caesaris non reciperet. cum de potestate nihil detraheret. 3, -58 : Quin et Cssarem se dici voluit. aspematus antea, sed tune superslilione norninis et quia in mefu consilia prudentium et vulgi rumor j'uxta audiuntur. Suétone, Vit. 8. Csesar manc|ne toujours sur les documents venant de lui (en dehors de la pierre indigne de foi C. /. L. X. 8016 .
(1) Le titre le plus élevé étant maintenu dans les titres abrégés, les empereurs ne se servent pas d'ordinaire en pareil cas du nom de César et les corégents qui avaient reçu le titre d'imperator, comme Titus et Commode, se servaient de préférence de ce dernier : c'est ainsi que s'expliquent des inscriptions telles que celle de Germanie. Orelli. 2008 : Imp. Vespasiano Aug. et Tito imp. et Domitiano Caesari.
2) La preuve que telle est la règle résulte, par exemple, des tables du C. I. L. III, où l'on fera particulièrement attention aux diplômes militaires. Des empereurs isolés, tels que Galba. Othon. Nerva. n'ont pas placé le cognomen Caesar en tète de la série de leurs surnoms, et il y a aussi en dehors de là quelques inversions ; mais elles ne nous apprennent rien de plus et ne peuvent être suivies ici.
[3 Le mot ne se rencontre guère à l'époque de la République qu'en matière religieuse : ainsi Ennius parle A'auguglum augurium. P'estus. Ep. p. 1. explique augustus locus par sanctus et c'est une des épithètes les plus couramment données aux dieux. C'est ainsi que le comprennent non seulement Dion, 33, 16 : 'û; xa: -Acîôv t: t. xa-ji t/6o<i>t:ov et Suétone. Aug. 8, mais le contem-
catégorie des surnoms honorifiques, tels que des citoyens de distinction en ont pris plus d'une fois, dès le temps de la République, avec l'autorisation du sénat (VI, 1, 239), et c'était dans notre cas le sénat lui-même qui priait le prince de la prendre (1). Il n'y est pas plus lié d'idée de compétence déterminée qu'aux surnoms d' A fric anus et de Plus (2), et ce nom a de bonne heure été étendu à des femmes. Mais cependant il a eu, dès le début, une particularité spéciale. Le système d'hérédité qui existe à cette époque pour les surnoms familiaux des grandes familles et que nous avons, par exemple, rencontré pour celui de Csesar ne s'applique pas aux surnoms honorifiques (VI, 1, p. 239, note 5) ; pour celui-ci, dans lequel le nouveau souverain voulait résumer sa mission politique, le remaniement de la fondation de Romulus (3) en un seul mot, au moment où il était à l'apogée de sa carrière, comme il l'avait fait au début par le prœnomen imperatoris, l'hérédité fut dès le principe modifiée d'une façon jusqu'alors sans pré-
porain Ovide, Fast. 1, 609 et ss. en l'associant avec augi/riiim et aurjere : Hujus et aurjurium dependet origine verbi et quodcumque sua Juppiter aiif/el ope : aiigeat imperium Jiostri ducis, aiif/eat annos. Lydus, De mens. 4, 72, représente même les pontifes comme participant à l'attribution du nom. — L'étymologie tirée d'aiigere est l'étymologie vraie (Curtius, Griech. Etym., éd. 5, p. 187).
(1) Mon. Ancyr. 6, 16 (complété à l'aide du te.\te grec) : Senat[iis consulta Aiiq(ustus) appe]llatus sum. Censorinus, 21,8: Sententia L. Munati Planci a senatu ceterisque civibus Augiistus appellatus est. Velleius, 2, 91 : Coynomen (Augusti) illi viro Planci sententia consensus iiniversi senatus populique Romani indidit. Dion 53, 16. 11 ne faut pas considérer ce sénatus-consulte comme une concession en forme du titre, mais comme une pétition lui demandant de le prendre. C'est la raison pour laquelle le peuple est nommé à côté du sénat, de même qu'on trouve nommés l'un à côté de l'autre, le sénat, le peuple et l'ordre équestre pour la concession du titre de palei- patrias (p. 40, note 2; Ovide Fast. 2, 127 : Sancte paler patrias, tibi plebs, tibi curia nomen liuc dédit : fioc dedimus nus tibi nomen eques).
(2' Dion 53, 18: 'H toû Aùyo'j jto'j ~pûcrpT,3".; Syva;xiv [j.iv o\jZt\v.xv aCiTOÏ; oîxeiav •rcoffTÎÔTiTi, ôr,'>.or 5' àXAw;... Tr,v toO àçto'jiAaxo; >>aazpÔTT,T3t.
(3) Le second César aurait désiré, de même qu'il établit sa demeure à l'endroit où le fondateur de Rome passait pour avoir habité, prendre pareillement le nom de Romulus: mais il y renonça pour ne pas avoir l'air d'aspirer à la royauté (Dion, 54, 16; Suétone, Aug. 7; Florus, in fine). Cf. p. 2, note 1; p. 15; p. 40. note 2; en outre, Obseq. 69 : (Caesari) conscendenti rostra crealo consuli (pour la première fois, en l'an 711) sex vultures conspecti veluti Romuli auspiciis novam urbem condituro signum dederunt.
cèdent. Le nouvel iVuguste ne voulut partager de son vivant avec aucun de ses fils ce nom considéré comme l'expression durable du nouveau régime : il le réservait pour ses successeurs (1); mais, quand l'événement se fut produit, Tibère n'accepta pas du sénat cette dénomination peu en harmonie avec son opinion désabusée des hommes et des choses, que d'ailleurs son père adoptif ne lui avait pas conférée dans son testament, tandis qu'il prescrivait de la porter à sa veuve qu'il adoptait testamentairement (2). Néanmoins, elle lui a été en général donnée, même dans les actes officiels, et il l'agréa dans le cours de son règne ; il s'en est même servi lui-même dans sa correspondance avec les princes étrangers pour lesquels le nom vénéré du fondateur de la monarchie s'était identifié avec elle (3). Mais il ne l'a donné à aucun de ses fils ni de ses petits-fils. Ce nom propre s'est ainsi soustrait, conformément aux intentions d'Auguste, à l'hérédité : il n'a pas été compris dans la succession et est pour les hommes lié au principal, en même temps que lequel il est toujours acquis (4),
(1) Suétone, Tib. 17, sur l'an 762 : Censuerunt quidam ut Pannonicus... cognominaretur : sed de cognomine intercessit Augustus, eo contentum repromittens quod se defuncto suscepturus esset.
(2) Tacite, Ann. 1, 8. Dion, 56, 46. Eckhel, 6, 147.
(3) Suétone, Tib. 26 : Ne Augusli quidem nomen quamquam hereditarium (c'est-à-dire héréditaire en fait et non pas transmis héréditairement) ullis nisi ad reges ac dynastas epistulis addidit. Dion, S7, 2. 8 : là (Trpôffp7i[j.x) xoû AôyoûaTOu oùx iizi^zio [j.tv (oùSè yàp (^T|9:î6f,vat iroTs el'aas), Xsyôixsvov 6' dt-icoûtov xal ypa"^6[A£V0v dtvay.yviiffxwv sseps ■ xal ôirax'.; yô paai^isûaî xtuiv ÏTziz'ZzXkz, xai Ixeîvo TrpoasvsypacjE. Cf. 32, 40. Il est toujours appelé Augustus sur les monnaies et les inscriptions. 11 n'y a pas de preuves d'un poids sérieux (des inscriptions telles queC. /. L. III, 2973, ne pouvant rien prouver ici) de l'absence du surnom.
(4) L'attribution expresse du nom à'Augustus au nouvel empereur par le sénat est rapportée pour Othon par Tacite, Hist. 1, 47, pour Alexandre Sévère par son biographe, c. 1, et pareillement pour Probus, c. 12. Vitellius seul repoussa d'abord ce titre (p. 30, note 7; Tacite, Hist. 2, 90; llenzcn, Acta Arv., p. 173). Cf. Philon, Leg. adGaium, 21 : '0... ■irpôitoç ôvojJLauOst; Se^asTÔ;, Où û'.aôo/T, ysvo'j; ôiarEpTi xXr.pou [J.spo; x-ty ÈTrwvuiiiav ^va^wv, àXX' aixô; yevoiisvo; àp/h, Qz^^7.<s\i.où '/cai toTî ï-kz'.-z-x. Vita Alex. 10 : Augustus primus primus est hujus auctor imperii et in ejus [7i07ne?i, ajoute Peter avec raison] omnes velul quadam adoptione aut jure heredilario succedimus . Mais cela signifie seulement que le sénat, s'il concède ou confirme le principat, étend cet acte au surnom d' Augustus. Nous montrerons plus loin que le nom dAuguste peut, comme le principat lui-même, être acquis sans le concours du sénat.
Droit F'uel. Rom., t. V. 3
en sorte qu'il devient au fond un titre officiel du monarque. Le principe selon lequel, alors que les divers pouvoirs de la magistrature suprême susceptibles d'être exprimés par un titre, comportent tous la collégialité, — c'est un point sur lequel nous reviendrons, — cette magistrature elle-même est cependant indivisible, trouve par là son expression dans le système des noms : le caractère à^impevator et la puissance tribunicienne peuvent être conférés à plusieurs personnes sans dommage pour la monarchie; mais il n'y a jamais qu'un Auguste à la fois (1). Dans la suite des surnoms, le nom d'Auguste occupe d'ordinaire la dernière place; mais pourtant il y a une réserve : quand il y a des surnoms tirés de victoires, il est mis avant eux (2).
Autres suinoms Lcs uombrsux autrcs surnoms impériaux, d'abord ceux de
honorifiques. . . ,
familles, parmi lesquels le cognomen Antonmus joue, dans le siècle qui a suivi la mort de son premier porteur, presque le même rôle qui a appartenu dune manièr.e stable à celui de Csesar, puis les surnoms honorifiques, tels que celui de Germanicus donné à Vitellius et beaucoup d'autres noms de victoires analogues, ensuite ceux d'Optùmis; Pins, Félix, etc., sont communément personnels, même lorsqu'ils se perpétuent, et généralement sans importance pour la notion de la puissance impériale (3), en sorte qu'on peut les négliger princeps. Il uous rcstc à uous occupcr du nom de princeps (4), en
(1) On comparera sur le gouvernement en commun, qui commence au milieu du u<= siècle, la section qui lui est relative.
(2) Aussi avant le coqnomen Germanicus, même lorsqu'il vient de succession, comme chez Caligula, Claude, Néron.
(3) Cependant il est dans la nature des choses que le port de tels surnoms fut, sous le Principat, un droit réservé à l'empereur, tandis que sous l'oligarchie il était possible pour tout citoyen considéré.
(4) Dans le sens de princeps omnium ou civium; ne pas le confondre avec l'emploi du mot fait exclusivement par rapport à un cercle déterminé, coumie par exemple dans princeps juventiitis et princeps senatus. Le caractère de princeps senatus, qui appartient en même temps à l'empereur, ne doit pas être confondu avec sa qualité de princeps, quoique Dion fasse déjà la confusion (p. 36, note 2).
grec v;'[^"v(l). Cette tléiiomination, qu'Auguste s'attribue lui-même à plusieurs reprises (2) et que les auteurs les plus anciens et les plus compétents emploient exclusivement (3) pour la puissance impe'riale quand il faut la désigner exactement, exprime assurément la condition de l'empereur d'une façon parfaitement correcte, notamment en ce qu'aucune des parties intégrantes de son pouvoir ne s'y trouve soulignée au détriment d'une autre, mais que sa position s'y exprime dans son intégralité. Cependant cette expression ne signifie qu'une chose : c'est que, comme le dit Auguste lui-même, le priîiceps est le plus important et le plus considéré des citoyens (4); et, d'ailleurs, le mot est déjà employé dans un sens tout à fait semblable sous la République, par exemple pour Pompée (5). La condition du
(1) Cette expression est employée par le traducteur grec du testament politique d'Auguste, par Strabon, 7, 5, 3, p. 314 : Oî vûv fiystiôvs; (cf. C. I. L. V, p. 1). 12, 8, 18, p. 579. 13, 4, 8, p. 627 : 'H toO Ttpepiou -itpôvoia xoO vcaô' -fiiiâç T,y£|i.ôvoî et par Plutarque, Cic. 2 : 'Haspa xpi-u-iri twv véwv xaTiavôwv, èv r^ vûv ol àpyrms; EÛ/ovTX'. vtal ô'joud'.v 0-èp toû t^yejjlôvoç. Le terme abstrait -i] tiysjxovta désigne, au contraire, ainsi que me le fait remarquer Bernays,chez les Grecs, lorsqu'il est employé par rapport à Rome, Vimperium Romanum en général, sans corrélation spéciale avec le principal ; nous le trouvons déjà employé ainsi dans des titres du temps de la République (VI, 2, 362, note 4) et en outre, chez Denys, 3, 67 : 'E'^ wv [xa.Xi'S'zj. x6 tf.c; f.ysixoviaî èitioawsTa: iJ.éyzQoc. 6, 13 : KaXr, xxi à;£a toO lieyiOou; xf,; T,y2;xov£aî ôi{/iî, et il faut comprendre de même Strabon, 17, 3, 23, p. 840 : 'H Traxpt; irJxps'^ivj a-jTw tt;/ xpoaxaatav t-?,; ■îiy£!j.ovia«:, où le principal est plutôt ô itpocTxataia. Cf. Philon, Ler/. ad Gaium. 2. 4. 5 ; Josèphe, yln/. 18, 6, 9. 10.
(2) Dans le monument d'Ancyre, 2, 45. 6, 6 : Me principe; 5, 44 : Ante me principem.
(3) Ovide, Fast. 2, 142 : Tu (Romulus) domini nomen, principis ille tenet. Phèdre, 5, 7, 27 : Lœlare, incolumis Roma salvo principe. Tacite, Ann. 1, 1 : (Aufjustus) cuncta discordiis civilibus fessa nomine principis sub imperium accepit. c. 9 : Non re(jno lamen neque dîctatura, sed principis nomine constitulam rempublicam. 3, 28 : (Augustus) dédit Jura, cjuis pace et principe uleremur. Claude, dans l'édit C. I. L. Y, 5050, 12 : Gai principatu. Il faut ajouter les textes grecs cités, note 1.
(4) Mon. Ancyr. 6, 22 (complété à laide du texte grec) : [Prsestiti omtiibus dignitale (à?io'j[xaxi), potestjatis a\utem n]ilnlo ampliu\s habui quam qui fuerunt m]ihi quoque in ma[f/is]tra[t]u conlegae.
(5) Cicéron, Ad fam. 1, 9, 11 : Cum in re pvblicu Cn. Vompeius princeps esset. Salluste, llist. 3, 62, 63 : Pompeium. . . malle principem volentibus vobis esse quam illis dominationis sorium. Princeps civilalis est encore employé dans ce sens sous l'Empire (Columclle, in princ; Sénèque, De benef. 2, 27),
princeps tient à la considération personnelle dont il jouit ; elle implique si peu une compétence de magistrat quelconque que le princeps peut en soi parfaitement être un particulier. La compatibilité présentée par \e princeps ainsi entendu avec l'ancienne constitution, la reconnaissance de l'égalité des citoyens, que contient même au sens rigoureux celle d'un « premier citoyen », ont recommandé cette expression à Auguste, et, pour la même raison, le détenteur du pouvoir qui, mieux que tout autre, a réuni la pleine conscience de son autorité, d'une part, et des limites de cette autorité, de l'autre, Tibère, a aussi donné ses préférences au nom de princeps {{). Avec la consolidation de la monarchie nouvelle et la disparition des idées républicaines, le sentiment du caractère propre de cette expression a disparu, et tandis que l'expression correspondante est sortie complètement de l'usage chez les Grecs (2), le terme pî'inceps a perdu en latin sa nuance spéciale pour n'être désormais qu'une façon de plus de désigner l'empereur (3) : il n'y a qu'un point de vue auquel l'idée républicaine ne s'est pas laissée monarchiser complètement, c'est à celui de la transformation de la qualification en iïive'.prin-
(1) Il avait l'habitude de dire : Aejzôtt,; |i.èv twv 5o'j)>ti)v, a-j-roxpâ-rwo oi tûv aToaTiwTôJv, Twv 5è Sir, aoitûv Ttpôxp'.TÔ; tlii.: (Dion, o~, 8). Par suite le terme princeps figure avec une fréquence exceptionnelle sur les inscriptions de Tibère : C. I. L. II, 2038. VI, 93. 902. 904, mais toujours avec l'addition d'un qualificatif honorifique, donc sans être un titre officiel.
(2) Les Grecs distinguent, sous la première dynastie, a'JTovooâTwp et tvîjxojv comme les Latins imperator et princeps; les Grecs postérieurs emploient exclusivement fvcawv pour le prseses latin (III, p. 27.3, note 2 , et n'ont plus de terme pour désigner le principal impérial. Quand Dion, note 1. reproduit le mot célèbre de Tibère selon lequel il n'est pas imperator, mais princeps, non seulement il emploie le terme incorrect TipôxpiTo?, mais l'idée du principal lui . est déjà devenue si étrangère qu'il fait de ce Trpôxp'.to;, un rpôxp'.To; T?,; yspojsia;, un princeps senalits.
(3) Sur les monuments honorifiques élevés par le sénat aux empereurs, princeps, accompagné d'un qualificatif honorifique, est presque constant aux lie et iii« siècles (C. /. L. VI, 944 : Principi suo. iOOl. 1033. IX, 1o.j8. 3899; pareillement lorsqu'il est parlé de l'empereur, C. I. L. VI, 967 : Quod primus omnium principum) et même dans la période postérieure à Dioclétien, rien n'est plus habituel que les formules yloriosissimiis princeps, super omnes rétro principes, etc. Imperator est aussi employé dans ce sens (C. /. L. VI, 1014), mais beaucoup plus rarement.