‹ Le droit socialChapitre 1 sur 95 · II PREFACE DE LA TROISIEME EDITION · texte numérisé non relu

II PREFACE DE LA TROISIEME EDITION

est en train de disparaître, que l'Etat cesse de plus en plus d'être une puissance qui commande pour devenir une coopération nationale, qui assure l'accomplissement des services publics et sanctionne les règles de droit. Dans les conférences que j'ai eu l'honneur de faire, pendant l'hiver 1920-i92l, à r Université Columbia, à New- York, j'exprimais la même idée sous une autre forme, en disant que partout l' Etat- nation tend à remplacer V Etat-puissance. La nation ou d'une manière plus générale, ' le groupe des individus vivant et agissant est au premier plan ; les gouvernants ne sont plus les représentants d' une puissance sociale qui commande^ ils sont les gérants des services publics. Sans doute ils détiennent une force ; ils peuvent mettre en mouvement la contraijite matérielle. Mais l'emploi de cette force contraignante ne se légitime pas par une prétendue souveraineté dont ils seraient investis directement où par représentation ; il se légitime seulement par le but poursuivi. Les gouvernants ont des devoirs et point de droits. Les ordres qu'ils donnent, la contrainte qu'ils mettent en jeu ne s'imposent et ne se légitiment que s'ils ont pour but d'assurer V accomplissement de ces devoirs.

La grande guerre de 191^t-i918 s'appellera dans l'histoire la guerre des nations, précisément parce qu'elle a marqué le trioinphe de la conception de V Etat-nation sur celle de l'Etat- puissance, et cela dans les rapports des Etats entre eux, comme dans

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