PREFACE DE LA TROISIEME EDITION XXVII
laquelle on prétend les entraîner, se détachent de la C. G. T.
Tel est en quelques mots le bilan de la grève générale tentée au mois de mai 1920. Elle a misérablement échoué. Il en sera ainsi de toute tentative nouvelle. Plus hypocrite que la théorie de la violence et de l'action directe, la théorie de la grève générale poursuit le même but ; comme elle, elle est une doctrine de violence et de mort. Elle pourra pendant quelques heures paraître triompher ; mais ce ne sera qu'une illusion ; elle pourra créer une agitation, détruire de la richesse; mais elle ne pourra jamais rien fonder parce que, quoi qu'on en dise, elle est une doctrine de destruction et de haine.
Enfin avec elle apparaît peut-être encore plus évidente l'erreur fondamentale de toutes les doctrines syndicalistes, celle que je me suis attaché à mettre en relief dans ces conférences. Elles prétendent que tous les individus d'une nation se divisent en deux classes opposées et rivales, la classe des capitalistes et la classe des prolétaires. C'est faux. Il n'y a pas seulement deux classes, mais des quantités de classes d'ordre professionnel, quitendent non point à s'entre-détruire, mais au contraire à s'associer et à se coordonner. Une doctrine ne peut être féconde et créatrice que si, bien loin de prêcher la guerre des classes, elle affirme la nécessité de les associer, de les coordonner et tâche d'y travailler.