PREFACE DE LA TROISIEME EDITION XXV
réseaux du Nord et de l'Est^ la grève n'existe à vrai dire pas. Sur le réseau du P.. L. M. les grévistes sont plus nombreux ; cependant le trafic continue à s'effectuer dans des conditions à peu près normales. Sur les réseaux de l'Etat^ du P. 0. et du Midi, la grève est effective ; mais malgré cela, grâce au concours des volontaires, le ravitaillement des villes desservies par ces réseaux est assuré ; les services postaux sont régulièrement faits et les principaux trains de voyageurs partent et arrivent à l'heure réglementaire. Il faut, coûte que coûte, masquer cet échec. C'est alors que la C. G. T., prisonnière de ses principes et des extrémistes qui en demandent impérieusement l'application, annonce que le moment est certainement arrivé où le capitalisme va être anéanti. Son secrétaire général M. Jouhaux déclare : « Ayant tout pesé, la commission administrative de la C. G. T. accepte de diriger le mouvement quelle n'a pas décidé et dont le plan bien mûri se résume dans cette phrase : nous avons considéré ce pays comme un vase dans lequel il faut faire le vide et qu'il faut empêcher de remplir. » En conséquence elle lance contre le capitalisme des vagues d'assaut successives qui, dit-elle, seront irrésistibles et emporteront la place. Ce sont d'abord les ouvriers de transports en commun auxquels l'ordre de grève est lancé ; puis ensuite et successivement les inscrits maritimes, les mineurs, les métallurgistes.
XXVr PREFACE DE LA TROISIEME EDITION
Rien n'y fait. Le pays a compris qu'une bande de meneurs ambitieux et d'exaltés sans scrupule veulent, comme les Lénine et les Trostki en Russie, établir leur dictature sur la France, à la faveur du désordre, de la misère, de la souffrance, qui vont nécessairement naître de la grève générale. Mais la France n'est pas faite pour la servitude, d'où qu'elle vienne ; elle rejette toutes les dictatures, celle du prolétariat comme celle de la monarchie. Au mois d'août 191^, elle s'est dressée frémissante contre l'ennemi de l'extérieur. Au mois de mai 1920^ on sent passer à nouveau le souffle puissant de 19iU ; et la France se dresse encore, mais contre l'ennemi de l'intérieur. Une toute petite partie du monde ouvrier répond à l'appel de la C. G. T. ; et la grosse masse des classes moyennes s'insurge contre la révolution sociale, contre ceux qui se disent pacifistes, internationalistes et qui veulent déchaîner la guerre civile, affamer les villes, ravager les campagnes, sous prétexte de réaliser une prétendue nationalisation des services publics, en réalité pour établir leur dictature à la faveur de la misère et de la famine. Œuvre criminelle contre laquelle le pays se révolte ; et comme le poilu de 19iU a cloué le Boche aux bords de la Marne, le petit bourgeois de 1920, citadin et rural, en qui vibre, toute chaude, l'âme vivante de la patrie, cloue sur place le bolcheviste syndicaliste. Bientôt plus d'un million de syndiqués, comprenant l'aventure néfaste dans